Nouméa libère 39 places

Résumé IA
À Nouméa, la Ville libère dès le 4 septembre 39 places de livraison en centre-ville et au Quartier Latin. Réservées aux livraisons du lundi au vendredi de 5h à 12h, elles s'ouvrent à tous les automobilistes le reste du temps, moyennant paiement du stationnement.
Trente-neuf places de bitume, immobilisées toute la journée pour quelques camions du matin. À Nouméa, cette anomalie vit ses derniers jours.
La Ville tranche : à partir du 4 septembre, l'espace public cesse d'être gaspillé au nom d'un principe que plus personne ne défendait vraiment.
Une mesure simple, applicable dès la semaine prochaine
L'information tient en une date : le 4 septembre. C'est ce jour-là que la Ville de Nouméa modifiera les conditions d'utilisation des 39 places de livraison réparties dans le centre-ville et au Quartier Latin.
Jusqu'ici, le principe était rigide. Ces emplacements étaient réservés en permanence aux livraisons, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept. Un camion s'y arrêtait le matin. Le reste du temps, la place restait vide et interdite.
Le nouveau régime est autrement plus intelligent. Du lundi au vendredi, de 5h à 12h, les places demeurent réservées aux livraisons. Les commerçants gardent donc leur créneau, celui qui compte, celui où les marchandises arrivent effectivement. À partir de 12h en semaine, ainsi que le week-end et les jours fériés, ces mêmes emplacements s'ouvrent à tous les automobilistes, moyennant le paiement du stationnement.
Une nouvelle signalisation au sol accompagnera le dispositif. La mention « Livraison de 5h à 12h » sera peinte sur chacun des emplacements concernés. Pas d'ambiguïté, pas d'interprétation possible.
Le bon sens finit toujours par gagner
Il faut mesurer ce que représentait la situation précédente. Trente-neuf places, en plein cœur d'une ville où chacun sait ce que coûte une demi-heure passée à tourner autour du même pâté de maisons.
Trente-neuf places gelées l'après-midi. Gelées le samedi. Gelées le dimanche. Gelées les jours fériés, quand les commerces qui ouvrent auraient précisément besoin que leurs clients puissent se garer.
On a longtemps administré l'espace public de cette manière : par catégories étanches, par affectations définitives, comme si un mètre carré de voirie ne pouvait servir qu'à une seule chose. La Ville revient sur ce réflexe. C'est à porter à son crédit.
Car la logique retenue n'est pas celle du renoncement. Personne ne sacrifie les livraisons. Le créneau matinal reste sanctuarisé, et il correspond à la réalité du métier : on livre tôt, on livre avant l'affluence, on ne livre pas à 17h dans une rue commerçante. La Ville n'a rien enlevé aux professionnels. Elle a simplement cessé de leur réserver ce dont ils n'avaient pas l'usage.
Voilà ce qu'est une politique publique bien conçue. Elle ne consiste pas à empiler les interdictions pour se donner l'air de gouverner. Elle consiste à regarder comment les choses fonctionnent réellement, puis à ajuster.
Ce que cela dit de la vitalité du centre-ville
Reste l'essentiel, et il dépasse de loin la question des places.
Le centre-ville de Nouméa et le Quartier Latin ont besoin de clients. Pas de discours sur les clients : de clients. De gens qui descendent de voiture, poussent une porte, achètent quelque chose et repartent. Chaque place de stationnement rendue disponible est une chance supplémentaire pour un commerce de rue.
C'est une évidence commerciale que l'on a parfois oublié de nommer. Un automobiliste qui ne trouve pas où se garer ne s'obstine pas : il repart, il va ailleurs, il achète ailleurs. La concurrence des zones périphériques n'a jamais eu besoin d'autre chose que de parkings vastes et gratuits pour capter une clientèle.
Mutualiser l'usage de ces emplacements, selon les termes retenus par la municipalité, revient donc à redonner un peu d'oxygène à des rues qui en manquent. C'est modeste. Ce n'est pas rien.
Et c'est surtout la démonstration qu'une collectivité peut agir sans dépenser. Pas de travaux lourds, pas de programme pluriannuel, pas de commission d'étude. Une décision, un horaire, un marquage au sol. Le tout applicable en quelques jours.
On aimerait que ce genre de pragmatisme fasse école. Les difficultés du commerce nouméen ne se règleront pas par des déclarations d'intention ni par la répétition des mêmes constats désolés. Elles se régleront par des mesures concrètes, additionnées les unes aux autres, dont chacune prise isolément paraît insuffisante mais dont l'ensemble finit par produire un effet.
Trente-neuf places rendues à la circulation générale une bonne partie de la semaine, ce n'est pas une révolution. C'est un signal. Celui d'une administration qui accepte de réviser ses propres règles quand elles ont cessé d'être utiles.
Le 4 septembre, les peintures seront fraîches. Aux Nouméens, ensuite, de s'en servir.

