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6 000 jeunes Calédoniens face à leur Histoire

29 août 2026 à 16:00
5 min de lecture
6 000 jeunes Calédoniens face à leur Histoire

Résumé IA

Près de 6 000 élèves calédoniens de 41 établissements découvrent la Seconde Guerre mondiale au cinéma, via des projections du film « La Bataille de Gaulle – Partie 1 », du 1er septembre au 26 novembre 2026. Initiée par Sonia Backès, présidente de la province Sud, avec le soutien de l'État, l'opération se déroule dans quatre cinémas partenaires.

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La mémoire ne se décrète pas : elle se transmet. Et cette fois, elle passera par une salle obscure.
Près de 6 000 élèves calédoniens vont découvrir la Seconde Guerre mondiale là où on ne l'attendait plus : au cinéma.

Une salle de cinéma comme salle de classe

Il y a des initiatives qui parlent d'elles-mêmes.

À l'initiative de Sonia Backès, présidente de la province Sud, et avec le soutien de l'État dans le cadre du Dispositif de solidarité républicaine (DSR), des projections du film « La Bataille de Gaulle – Partie 1 » sont organisées pour les élèves de 3ᵉ, de Terminale, de 1ʳᵉ professionnelle et de CAP. Le vice-rectorat est partenaire de l'opération.

Le calendrier est déjà fixé : du 1er septembre au 26 novembre 2026.

La Seconde Guerre mondiale figure au programme d'histoire des classes concernées. L'opération ne s'y substitue pas. Elle complète. Elle prolonge. Elle donne un visage, un son, une durée à ce que les manuels résument parfois en quelques pages.

Le cinéma comme outil pédagogique, donc. Mais aussi comme vecteur de transmission de la mémoire ce que le communiqué de la collectivité nomme sans détour le devoir de mémoire.

L'objectif est clair : donner aux jeunes générations les clés pour comprendre les événements qui ont façonné une histoire commune.

Il faut mesurer ce que cela signifie.

Dans une période où l'on entend beaucoup parler de fractures, de ruptures et de mémoires concurrentes, une collectivité choisit d'investir dans ce qui rassemble. Pas dans ce qui divise.

C'est un choix. C'est même une orientation politique assumée.

Sonia Backès a d'ailleurs présenté elle-même le dispositif en vidéo, ses objectifs et les raisons de cette initiative en faveur de la jeunesse et de la transmission de la mémoire.

6 000 élèves, 41 établissements, quatre cinémas

Les chiffres donnent la mesure de l'ambition.

Près de 6 000 élèves issus de 27 collèges et 14 lycées, publics comme privés, bénéficieront du dispositif. Aucune distinction entre les réseaux : la mémoire nationale n'appartient pas à un statut d'établissement.

Les séances seront spécialement réservées aux scolaires, dans quatre cinémas partenaires répartis sur le territoire provincial : Cinécity à Nouméa, Origin Cinéma à Dumbéa, le cinéma Paul K. Dupré à Bourail et le cinéma Jean-Pierre Jeunet à La Foa.

Nouméa, Dumbéa, Bourail, La Foa.

Le maillage n'est pas anodin. Il dit une volonté : que l'élève de brousse ait accès à la même chose que l'élève du Grand Nouméa. La culture ne s'arrête pas au col de Tonghoué.

Deux temps forts ponctueront l'opération.

Le mardi 1er septembre, à 8 heures, au Cinécity, la toute première séance sera inaugurée par Loïc Basset-Creugnet, 3ᵉ vice-président de la province Sud, aux côtés de Didier Vin-Datiche, vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie. La présence conjointe de la collectivité et de l'institution scolaire n'est pas décorative : elle signe une convergence.

Le mercredi 30 septembre, à 18h10, toujours au Cinécity, Sonia Backès assistera à une séance dédiée aux jeunes engagés.

Volontaires en service civique. Jeunes sapeurs-pompiers volontaires. Volontaires en service civique international.

Une séance précédée d'un temps d'échanges.

Le symbole mérite d'être relevé. Ceux qui donnent aujourd'hui de leur temps à la collectivité regarderont ensemble le récit de ceux qui, hier, ont donné bien davantage. L'engagement d'aujourd'hui face à l'engagement d'hier.

Ce genre de mise en miroir vaut tous les discours.

L'ensemble bénéficie du soutien de l'État dans le cadre du Dispositif de solidarité républicaine, dispositif exceptionnel mis en place en Nouvelle-Calédonie en partenariat avec les collectivités pour répondre notamment aux besoins sociaux et de proximité.

Autrement dit : la République paie, la province organise, la jeunesse en profite.

La Calédonie dans l'Histoire de France

C'est sans doute là que réside l'essentiel.

Car derrière le dispositif pédagogique, il y a un rappel que certains préféreraient sans doute laisser dans l'ombre : la place singulière qu'occupe la Nouvelle-Calédonie dans l'histoire de la France.

Depuis son ralliement à la France Libre jusqu'à l'engagement des volontaires calédoniens au sein du Bataillon du Pacifique.

Ces hommes ne sont pas partis par obligation. Ils sont partis par choix.

Ils ont traversé un océan pour aller se battre à des milliers de kilomètres de leurs familles, pour une Nation qui vivait alors, selon les termes mêmes de la province Sud, l'une des heures les plus sombres de son histoire.

Cette histoire est faite de combats, de sacrifices et d'engagements communs. Elle est aussi celle d'une Calédonie française qui a su répondre présente.

Le mot compte. Répondre présente.

La collectivité y voit le témoignage de la force et de la permanence des liens indéfectibles qui unissent la Nouvelle-Calédonie à la France. Des liens forgés par l'Histoire. Éprouvés dans les épreuves.

Et qu'il nous appartient aujourd'hui de transmettre.

Voilà une phrase qui tranche avec l'air du temps.

À l'heure où le récit territorial est disputé, où certains voudraient réduire l'histoire calédonienne à un catalogue de griefs, la province Sud fait le pari inverse : celui de la fierté partagée. Celui d'un passé commun qui n'a pas à s'excuser d'exister.

En permettant à plusieurs milliers de jeunes Calédoniens de découvrir cette œuvre sur grand écran, la collectivité réaffirme son engagement en faveur de la jeunesse, de l'accès à la culture et de la transmission de l'Histoire.

Trois mots qui, mis bout à bout, dessinent une politique.

Reste maintenant le plus important : ce qui se passera dans la tête des 6 000 élèves quand les lumières se rallumeront.

Ce jour-là, l'Histoire n'aura plus tout à fait le goût d'un chapitre à réviser.

(Crédit photo : SKA)