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L'actualité locale

Ceux qui nous nourrissent réclament la paix

29 août 2026 à 09:00
4 min de lecture
Ceux qui nous nourrissent réclament la paix

Résumé IA

À Bourail, la gendarmerie a organisé une rencontre avec les agriculteurs, éleveurs et pêcheurs locaux pour aborder les problèmes de vols et de braconnage. Cette initiative du major Sébastien Perdrix vise à instaurer un dialogue direct et à encourager le dépôt de plainte afin d'améliorer la sécurité et la confiance dans les zones rurales.

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Ils nourrissent la Nouvelle-Calédonie, remplissent les étals et tiennent le lagon. Et ils en ont assez de travailler la peur au ventre.
À Bourail, la gendarmerie a fait le premier pas : venir écouter, sur place, ceux qui subissent les vols et le braconnage.

Une rencontre voulue par la gendarmerie, pas subie

Jeudi 27 août, le pôle animal de la CAP-NC, à Nessadiou, a accueilli les services de la Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie. L'initiative revient au nouveau commandant de la brigade de Bourail, le major Sébastien Perdrix, accompagné du commandant de compagnie de La Foa, le chef d'escadron Sébastien Rigaill, et du nouveau chef du Centre des opérations et de renseignement, le capitaine Emmanuel Queva.

Autour de la table, il n'y avait ni tribune ni discours convenu. Le président de la CAP-NC, Jean-Christophe Niautou, le maire de Bourail, Patrick Robelin, et une vingtaine d'agriculteurs, d'éleveurs et de pêcheurs de la commune.

La démarche mérite d'être soulignée. Trop souvent, on attend des professionnels qu'ils viennent frapper à la porte de l'administration. Ici, c'est l'inverse qui s'est produit : les forces de l'ordre se sont déplacées vers ceux qui produisent, pour se présenter et écouter. Dans un territoire où la défiance envers les institutions s'est installée, ce geste-là n'a rien d'anodin.

Vols, braconnage, conflits de voisinage : le réel dit sans détour

Les sujets abordés ne relèvent pas du fait divers isolé. Ils forment le quotidien d'une profession.

Vols de carburant, vols de matériel, vols de productions agricoles, vols d'animaux. Braconnage sur les propriétés. Conflits de voisinage qui pourrissent des relations de longue date. Et, pour les pêcheurs professionnels, les difficultés rencontrées sur le lagon, qui appellent elles aussi une attention particulière.

Chacune de ces atteintes a un coût. Un tracteur immobilisé faute de gasoil, c'est une récolte retardée. Un troupeau amputé, c'est plusieurs années de travail effacées. Un matériel dérobé, c'est une exploitation qui s'arrête net.

Ces professionnels ne demandent pas la charité. Ils demandent que le droit de propriété soit respecté et que ceux qui s'en affranchissent en répondent. Cette rencontre a précisément servi à ça : partager les réalités vécues sur le terrain et renforcer le dialogue avec les forces de sécurité, sans filtre.

Porter plainte, s'équiper, se parler : la réponse est concrète

Le message des gendarmes tient en peu de mots, mais il est décisif. Porter plainte en cas de dommage. Signaler les faits. Ne pas hésiter à s'équiper légalement de dispositifs de sécurité, caméras comprises.

Ce rappel n'est pas une formalité administrative. Un vol qui n'est pas déclaré n'existe pas dans les statistiques, n'alimente aucun renseignement, ne déclenche aucune patrouille supplémentaire. Le silence, même compréhensible chez ceux qui ont fini par se résigner, désarme l'action publique. Chaque plainte déposée est une brique de plus dans la réponse collective.

La commune, elle, a pris ses responsabilités. Bourail compte aujourd'hui 17 caméras de vidéoprotection, dont 2 permettant la lecture des plaques d'immatriculation, pour un coût de fonctionnement annuel de 1,4 million de francs. Un investissement assumé, financé par la collectivité, au service de la tranquillité de tous.

Restent les conflits de voisinage, qui n'appellent pas toujours la gendarmerie. La rencontre a rappelé l'importance de la concertation entre exploitants et de la médiation, avec la possibilité de solliciter la mairie et la police municipale. Régler un différend entre voisins avant qu'il ne dégénère, c'est aussi cela, la sécurité.

Dans la continuité des actions déjà engagées, ces échanges consolident le partenariat entre les professionnels des filières agricoles et maritimes, les élus locaux et les forces de l'ordre. L'objectif est partagé : renforcer la prévention et la sécurité en milieu agricole et, plus largement, contribuer à la résilience de l'économie calédonienne dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche.

Le principe qui a guidé cette matinée à Nessadiou est d'une simplicité désarmante : mieux se connaître, mieux échanger et mieux agir ensemble pour protéger ceux qui font vivre notre territoire.

C'est ainsi que l'on reconstruit la confiance. Non pas par des colloques, mais en s'asseyant à la même table, dans une exploitation, un jeudi matin.

(Crédit photo : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)