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L'actualité locale

Pindaï sous surveillance

31 août 2026 à 11:00
4 min de lecture
Pindaï sous surveillance

Résumé IA

Samedi 22 août, à Pouembout, gendarmes et gardes nature de la Province Nord mènent une opération conjointe de prévention et de contrôle sur la presqu'île de Pindaï. Plus de 40 personnes sont sensibilisées aux risques d'incendies, à la protection des espèces et à la réglementation de la chasse et de la pêche.

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Il y a des opérations qui ne font pas la une et qui disent pourtant l'essentiel. Samedi 22 août, à Pouembout, l'ordre et la nature ont marché du même pas.

Une presqu'île passée au peigne fin

La presqu'île de Pindaï n'est pas un décor de carte postale que l'on peut abîmer sans conséquence.

C'est un espace naturel exposé, fragile, convoité.

Samedi 22 août, gendarmes et gardes nature de la Province Nord y étaient déployés ensemble. Objectif affiché : répondre aux risques d'incendies et aux incivilités susceptibles de porter atteinte à l'environnement.

Rien d'improvisé.

Plus d'une trentaine de militaires et de gardes nature ont participé à cette opération de prévention et de contrôle. Plusieurs moyens ont été engagés afin de couvrir l'ensemble de la presqu'île, du littoral aux zones les plus difficiles d'accès.

Une présence visible. Assumée. Dissuasive.

Car c'est bien là que réside l'efficacité : sur le terrain, pas dans les colloques.

Depuis des années, on nous explique que la protection de l'environnement passerait d'abord par des chartes, des plans, des déclarations d'intention. La réalité de Pindaï raconte autre chose. Elle raconte des hommes en uniforme, des agents de terrain, des kilomètres parcourus, des contrôles effectués.

Et un message simple : ici, on ne fait pas n'importe quoi.

Prévenir d'abord, sanctionner ensuite

L'opération était avant tout préventive et pédagogique.

Le mot mérite d'être souligné, à l'heure où l'on caricature volontiers toute présence de la gendarmerie en agression.

Plus de 40 personnes ont été sensibilisées au cours de la journée. Aux risques liés aux incendies, d'abord, dans un territoire où le feu peut ravager en quelques heures ce que la nature a mis des décennies à construire. À la protection des espèces animales et végétales, ensuite, patrimoine vivant que la Nouvelle-Calédonie a le devoir de transmettre intact. Au respect de la réglementation en matière de chasse et de pêche, enfin, parce qu'un droit sans règle n'est plus un droit mais un pillage.

Personne n'a été traité en suspect.

Chacun a été traité en citoyen responsable.

C'est toute la différence entre une politique publique qui infantilise et une politique publique qui responsabilise. Expliquer plutôt que menacer. Informer plutôt que verbaliser d'emblée. Mais rappeler aussi, très clairement, que la loi existe et qu'elle s'applique.

Prévenir, informer, sensibiliser et, lorsque cela est nécessaire, constater les atteintes à l'environnement.

La formule est de la gendarmerie. Elle vaut méthode.

On aimerait qu'elle inspire davantage de politiques publiques en Nouvelle-Calédonie.

Car il faut nommer les choses. Les départs de feu ne tombent pas du ciel. Les dégradations d'espaces naturels ne sont pas des fatalités climatiques. Derrière chaque atteinte, il y a des comportements, des négligences, parfois des choix délibérés. Le rappeler n'est pas stigmatiser. C'est refuser la démission collective.

Le partenariat, une force calédonienne

Cette action illustre une nouvelle fois l'importance du travail partenarial pour protéger les espaces naturels calédoniens.

Gendarmerie nationale d'un côté. Services de la Province Nord de l'autre.

Deux institutions, une même mission.

On a tellement pris l'habitude d'opposer l'État et les collectivités du territoire que l'on finit par oublier ce qu'elles savent faire ensemble. Pindaï en apporte la démonstration concrète : quand les compétences s'additionnent au lieu de se disputer, le résultat est immédiat et mesurable.

Quarante personnes sensibilisées en une journée. Une presqu'île entière couverte. Aucune polémique.

Simplement du travail bien fait.

La gendarmerie, faut-il le rappeler, reste pleinement engagée aux côtés des gardes nature du territoire. Elle n'est pas une force extérieure parachutée sur un territoire qui lui serait étranger. Elle en fait partie. Elle y vit, y patrouille, y protège.

Ceux qui prétendent le contraire se trompent, ou trompent. Ce que Pindaï nous dit de nous-mêmes

La Nouvelle-Calédonie possède un patrimoine naturel dont l'exceptionnalité n'est plus à démontrer.

Ce patrimoine ne se défend pas avec des slogans.

Il se défend avec des moyens humains, des contrôles réguliers, une chaîne de responsabilité claire, et une culture partagée du respect. C'est exigeant. C'est parfois ingrat. C'est indispensable.

Préserver notre environnement, c'est préserver une richesse essentielle de la Nouvelle-Calédonie.

Cette phrase pourrait sembler convenue. Elle ne l'est pas.

Elle engage. Elle engage les pouvoirs publics, qui doivent maintenir ces opérations dans la durée plutôt que de céder aux effets d'annonce. Elle engage les usagers de la nature, chasseurs, pêcheurs, promeneurs, riverains dont l'immense majorité respecte les règles et n'a rien à se reprocher. Elle engage, enfin, ceux qui persistent à considérer les espaces naturels comme des terrains sans loi.

À ceux-là, la réponse est venue samedi.

Elle était calme, méthodique, sans esbroufe. Elle portait un uniforme et un badge de garde nature.

Elle reviendra. Et c'est une bonne nouvelle pour la Nouvelle-Calédonie.

(Crédit photo : Gendarmerie de Nouvelle-Calédonie)