Aller au contenu
0%
Au delà du récif

SONDAGE – Présidentielle : Le Pen loin devant, Mélenchon en dynamique

6 septembre 2026 à 13:00
5 min de lecture
SONDAGE – Présidentielle : Le Pen loin devant, Mélenchon en dynamique

Résumé IA

Marine Le Pen domine les intentions de vote pour la présidentielle avec 33 à 35 % des voix au premier tour, selon un sondage OpinionWay pour Le JDD. Jean-Luc Mélenchon, crédité de 17 à 20 %, se qualifierait pour le second tour dans deux cas sur trois, devançant Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Édouard Philippe reste le mieux placé du bloc central, tandis que Raphaël Glucksmann frémit à 11-13 %.

Aa

COURSE. Qui est le mieux placé pour se qualifier au second tour ? En attendant un éventuel départage, le trio Philippe-Attal-Retailleau est sous la menace d’un Mélenchon déjà en campagne.

Antonin André 05/09/2026

1. Jean-Luc Mélenchon. 2. Édouard Philippe. 3. Gabriel Attal. 4. Bruno Retailleau.

1. Jean-Luc Mélenchon. 2. Édouard Philippe. 3. Gabriel Attal. 4. Bruno Retailleau. © PHOTOPQR/LE PARISIEN/ARNAUD DUMONTIER ; JEANNE ACCORSIN/SIPA

Neuf mois de la présidentielle, il ne reste qu’un accessit pour le second tour. « Il est déjà arrivé que Marine Le Pen fasse un score moins élevé au premier tour que ce que mesuraient les sondages neuf mois avant, analyse Bruno Jeanbart, d’OpinionWay. Mais elle est à un tel niveau aujourd’hui qu’il y a peu de doute sur le fait que la seule incertitude est de savoir face à qui elle se retrouvera en duel. » La puissance de la candidate RN, créditée selon les hypothèses de 33 % à 35 % des voix au premier tour, se mesure à sa domination chez toutes les tranches d’âge de l’électorat, excepté les 18-24 ans, où Jean-Luc Mélenchon la devance.

Le retournement est spectaculaire chez les retraités. En 2017, les 65 ans et plus avaient voté à 80 % pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle ; en 2022, son score tombait à 65 % dans cette catégorie d’âge, le plaçant aisément en tête. Dans notre sondage, Marine Le Pen est en tête au premier tour chez les seniors et majoritaire, largement, au second tour, auprès de cet électorat, avec 78 % face à Jean-Luc Mélenchon, 60 % face à Gabriel Attal, et 55 % face à Édouard Philippe. Ajoutons que non seulement Le Pen est ultradominante auprès des classes populaires, mais elle parvient aussi à agréger entre 35 et 34 % des CSP+ selon les configurations de premier tour.

À lire aussiPrésidentielle 2017 : François Fillon «n’appellerait certainement pas» aujourd'hui à voter Macron contre Le Pen

Pour autant, si loin de l’échéance, il convient de rappeler que les sondages n’ont pas de valeur prédictive, et que les experts insistent sur le fait qu’il faut prendre avec beaucoup de prudence les projections sur le second tour, alors même que l’offre de premier tour à ce stade n’est pas du tout stabilisée, à l’exception de celles de LFI et du RN. Ce qui explique notamment, d’après Bruno Jeanbart, que Jean-Luc Mélenchon progresse significativement à gauche par rapport à ses scores du printemps. Son électorat est massivement et solidement soudé derrière sa candidature, et lui se révèle être, comme à chaque fois, une bête de campagne, alternant outrances et propositions choc – « brûlons la dette ! »

Résultat, le leader Insoumis atteint entre 17 % et 20 % selon les hypothèses, et se retrouve qualifié dans deux cas sur trois pour le second tour. Il n’est devancé que dans un cas : face à Édouard Philippe – délesté de la candidature Gabriel Attal –, Jean-Luc Mélenchon est trois points derrière le maire du Havre. Reste que le potentiel électoral du candidat de La France insoumise n’est certainement pas à son maximum. Les précédents scrutins ont montré que Mélenchon – soit qu’il ait été sous-pondéré, soit qu’il finisse fort la campagne –, engrange trois à cinq points dans la dernière ligne droite avant le premier tour. Conclusion : les candidats du bloc central au sens large ont intérêt à s’entendre sans trop tarder s’ils veulent enclencher une dynamique suffisante pour ne pas laisser Jean-Luc Mélenchon les distancer.

capture-decran-2026-09-05-a-20.01.49

La puissance de la candidate RN, créditée selon les hypothèses de 33 % à 35 % des voix au premier tour. © Sondage OpinionWays pour Le JDD.

En l’état, Édouard Philippe demeure le mieux placé. L’été passé sur les routes n’a sans doute pas fait autant décoller Gabriel Attal qu’il l’aurait souhaité. À la différence d’Édouard Philippe, il se classe derrière Mélenchon lorsqu’il porte les couleurs macronistes – Bruno Retailleau étant mesuré à 11 % –, mais, plus préoccupant pour lui, il fait jeu égal avec Raphaël Glucksmann quand Édouard Philippe devance le philosophe de huit points et fait tomber Retailleau à 8 %. L’écart se mesure dans les reports de voix obtenues par Emmanuel Macron au premier tour en 2022 : Gabriel Attal n’en récolte que 35 %, quand Philippe en agrège 52 %. Et lorsqu’on les confronte sur un premier tour, les électeurs macronistes votent Philippe à 39 %, contre 18 % pour Attal. Pour autant, ce dernier maintient qu’il mènera campagne jusqu’en janvier, voire en février. « Trop tardif ! peste un conseiller de l’ombre qui parle aux deux hommes. Si, avec Bruno Retailleau, ils continuent leur campagne jusqu’en février, ils s’annihileront les uns, les autres, sans aucune chance pour le survivant de devancer Mélenchon ou Glucksmann. »

Les candidats du bloc central ont intérêt à s’entendre sans trop attendre

À cette dispersion s’ajoute David Lisnard. Absent de notre enquête, le maire de Cannes est également dans la course et recueille entre 3 % et 3,5 % des intentions de vote dans les derniers sondages. Les présidents des deux assemblées, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, s’en inquiètent et se parlent régulièrement au cas où il faudrait coordonner leurs efforts pour contraindre le trio Philippe-Attal-Retailleau à s’entendre. Y compris au sein de Renaissance, certains députés et ministres loyaux à Attal jugent qu’il faudra « l’aider » à lâcher l’affaire, en usant de la pression des sondages et de leur électorat, si le rapport de force reste en l’état. Le plus simple étant que Retailleau se rallie au maire du Havre pour plier l’affaire en faveur du candidat « le plus rassembleur ».

Pour la gauche non mélenchoniste, en attendant la décantation de la primaire PS/Place publique, difficile de tirer des enseignements clairs. Raphaël Glucksmann bénéficie d’un léger frémissement entre 11 % et 13 %, mais sa désignation comme candidat de rassemblement – ou son échec – aura des conséquences non quantifiables à ce stade sur le maintien ou non d’une candidature écologiste et sur la façon dont les électeurs verts, voire communistes, se répartissent une fois le casting final connu