Forum des îles du Pacifique : les dirigeants réclament plus de transparence à la Chine après un tir de missile

Résumé IA
Réunis à Palau pour le 55e Forum des îles du Pacifique, les dirigeants réclament un préavis d’au moins 24 heures avant tout tir de missile balistique intercontinental, après l’essai chinois de juillet. Nauru refuse de s’associer à cette position commune, soutenue par la majorité des membres. La Chine rejette les critiques, tandis que Taïwan dénonce sa diplomatie.
Les dirigeants du Pacifique ont exprimé leur inquiétude après le tir d’un missile balistique intercontinental chinois au-dessus de la région, réclamant désormais un préavis d’au moins 24 heures avant ce type d’essai. Une position soutenue par la majorité des membres du Forum des îles du Pacifique, malgré l’opposition officielle de Nauru.
Un missile chinois au-dessus du Pacifique
Réunis à Palau pour le 55e Forum des îles du Pacifique, les dirigeants océaniens ont abordé la question sensible des essais de missiles menés par la Chine dans la région.
En juillet, Pékin avait procédé au lancement d’un missile balistique intercontinental (ICBM) capable d’emporter une charge nucléaire au-dessus du Pacifique. Selon le président de Palau, Surangel Whipps Jr., la trajectoire du missile est passée au-dessus de plusieurs États insulaires sans que ceux-ci aient bénéficié d’un avertissement suffisant.
Il s’agissait du premier tir chinois connu de ce type dans le Pacifique depuis septembre 2024.
Un préavis de 24 heures réclamé
À l’issue du sommet, les dirigeants ont demandé à tous les États procédant à des essais de missiles balistiques intercontinentaux de faire preuve de davantage de transparence.
Le Forum souhaite notamment que les pays concernés fournissent un préavis d’au moins 24 heures avant chaque tir, conformément à ce que ses dirigeants présentent comme une pratique internationale destinée à rassurer les États susceptibles d’être concernés par les trajectoires.
Palau avait initialement souhaité obtenir une condamnation formelle de l’essai chinois.
Nauru refuse de s’associer à la position commune
La déclaration n’a toutefois pas obtenu l’unanimité.
Le président de Palau a indiqué que Nauru avait officiellement exprimé son désaccord avec cette position.
Le petit État insulaire avait rétabli ses relations diplomatiques avec Pékin en 2024 après avoir longtemps entretenu des relations avec Taïwan.
Le ministre australien de l’Énergie, Chris Bowen, également présent au sommet aux côtés du Premier ministre Anthony Albanese, a relativisé cette divergence. Selon lui, l’absence d’unanimité n’empêche pas la très grande majorité des États insulaires du Pacifique d’exprimer une position forte.
Pékin rejette les critiques
La Chine a répondu en affirmant poursuivre une politique de défense exclusivement défensive et ne chercher aucune expansion militaire.
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a assuré que Pékin souhaitait continuer à travailler avec les pays du Pacifique Sud pour préserver la paix, la stabilité et le développement de la région.
La veille, la Chine avait toutefois vivement critiqué Palau, accusant le pays d'entretenir une forme de surenchère autour du tir de missile et qualifiant de « malveillantes » ses tentatives visant à convaincre les autres États océaniens de prendre position.
Taïwan au cœur d’une autre confrontation avec Pékin
Le sommet a également été marqué par les tensions entourant la participation de Taïwan.
Palau fait partie des trois États insulaires du Pacifique maintenant des relations diplomatiques officielles avec Taipei.
La Chine, qui considère Taïwan comme faisant partie de son territoire, avait contesté sa présence au Forum et estimé que l’île n’était pas qualifiée pour participer à la rencontre.
Le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Lin Chia-lung, a pour sa part dénoncé la diplomatie chinoise dite du « loup guerrier », estimant qu’elle risquait de fragiliser l’unité du Pacifique.
Il a également accusé des responsables chinois d’avoir mené des activités d’espionnage pendant le sommet, une accusation rapportée par Reuters.
Le Pacifique pris dans la rivalité stratégique
Le débat autour du missile chinois illustre une nouvelle fois la place grandissante des questions de sécurité et de rivalités géopolitiques dans le Pacifique.
Entre la montée en puissance de la Chine, le soutien de plusieurs pays à Taïwan et l’implication croissante de l’Australie, des États-Unis et de leurs partenaires, les dirigeants océaniens cherchent à faire entendre leurs propres préoccupations dans une région devenue hautement stratégique.
Le prochain Forum des îles du Pacifique doit être organisé en Nouvelle-Zélande en 2027.

