L'économie calédonienne se joue à 8h du matin

Résumé IA
La FEINC organise la 13e édition de la Semaine de l'Industrie du 7 au 19 septembre 2026, avec trois Café Éco gratuits à Ducos. Les élus de Nouméa, Dumbéa, Mont-Dore et Païta débattent de la relance économique, suivis de sujets sur la formation et le financement des entreprises.
Un café, une heure et demie, et l'économie calédonienne posée franchement sur la table.
Pendant deux semaines, la FEINC préfère les faits aux incantations et les chefs d'entreprise aux commentateurs.
Les communes, premières briques de la relance
Il y a ceux qui attendent que la situation s'améliore. Et il y a ceux qui s'assoient autour d'une table pour comprendre comment elle pourrait s'améliorer.
Du 7 au 19 septembre 2026, la Fédération des Entreprises et des Industries de Nouvelle-Calédonie organise la 13e édition de la Semaine de l'Industrie. Au programme, trois Café Éco gratuits et ouverts à tous, de 8h à 9h30, dans ses locaux du 3 rue Henri Simonin, à Ducos. Pas de colloque interminable, pas de tribune militante : une heure trente le matin, avant d'aller travailler.
L'opération bénéficie d'une aide de l'État gérée par l'Agence Nationale de la Recherche au titre de France 2030, sous la référence de Contrat Attributif d'Aide ANR – 25 CMAS 0017. Une précision qui a son poids. Pendant que certains passent leur temps à expliquer que rien ne vient, l'argent public national continue, lui, de financer des dispositifs concrets sur le Caillou.
Le premier rendez-vous, mercredi 9 septembre, s'attaque à un sujet que l'on évoque rarement de front : le poids des communes dans la relance économique.
On l'oublie trop souvent. Une commune qui lance un chantier, c'est de la commande publique, des entreprises locales qui tournent, des salaires versés, des familles qui tiennent. La relance ne descend pas du ciel institutionnel : elle se joue dans les carnets de commandes.
Autour de la table, Sonia Lagarde, maire de Nouméa, Cynthia Jan, maire de Dumbéa, Nina Julie, maire du Mont-Dore, et Amandine Bui Duyet, 5e adjointe au maire de Païta. Quatre communes qui, ensemble, forment le cœur battant de l'agglomération. Isabelle Wernert, de la Mission interministérielle pour la Nouvelle-Calédonie, complète le plateau, signe que l'État reste dans la boucle, quoi qu'en disent les procès d'intention.
La question posée est simple et parfaitement légitime : quels grands projets et quels travaux vont réellement transformer le Grand Nouméa dans les prochaines années ?
Les élus présenteront leurs projets. Puis viendra un temps d'échange avec le public. C'est-à-dire avec ceux qui financent, embauchent et construisent. On appelle cela rendre des comptes, et c'est une bonne habitude à prendre.
Former, avant même de reconstruire
Vendredi 11 septembre, cap sur le Consortium Avenir NC et les opportunités dans le domaine de la formation initiale et continue.
Le mot d'ordre est technique, l'enjeu ne l'est pas. La décarbonation, concrètement, ça veut dire quoi pour une entreprise calédonienne ? Quelles compétences vont manquer demain ? Quels métiers vont apparaître, et lesquels vont se transformer ?
Thierry Taliercio, responsable construction de la formation à l'UNC, viendra apporter des réponses.
Sujet ingrat, il faut le dire. Moins spectaculaire qu'un débat institutionnel, moins émouvant qu'une déclaration de principe. Et pourtant décisif.
Car la véritable fracture, dans les années qui viennent, ne passera pas seulement par les statuts ou les textes. Elle passera par la qualification. Un territoire qui forme ses jeunes garde ses talents, attire les investisseurs et négocie en position de force. Un territoire qui ne les forme pas exporte sa jeunesse et importe sa main-d'œuvre. Le choix se fait maintenant, dans les salles de cours et les centres d'apprentissage pas dans les tribunes.
L'argent, ce sujet dont on ose enfin parler
Le troisième rendez-vous, jeudi 17 septembre, aborde ce qui bloque réellement la plupart des projets : la trésorerie et les outils de financement des entreprises.
Un patron de TPE le dira mieux que n'importe quel rapport : une entreprise ne meurt pas d'un manque d'idées, elle meurt d'un manque de trésorerie.
Trois intervenants viendront ouvrir le capot. Arnaud Buffin, directeur général Défiscalisation Locale chez i2f. Frédéric Barrois, directeur des marchés Corporate à la Banque de Nouvelle-Calédonie. Et Frédéric Langlade, délégué territorial Pacifique à BPIFrance.
Défiscalisation locale, financement bancaire, dispositifs nationaux : les trois grands leviers réunis dans la même pièce, un matin de septembre, à disposition de quiconque pousse la porte.
Vous avez un projet ? Une envie de créer, de reprendre, de développer ? Les pistes existent. Encore faut-il accepter d'aller les chercher.
Un état d'esprit plus qu'un programme
Ce qui frappe, dans ce triptyque, c'est sa cohérence. Commande publique, compétences, financement. Les trois piliers sans lesquels aucune économie ne redémarre, où que ce soit dans le monde.
Rien de spectaculaire, donc. Aucune promesse tonitruante, aucun horizon radieux vendu à crédit. Simplement des acteurs qui viennent expliquer ce qu'ils font, avec qui, et avec quels moyens.
La FEINC le rappelle : ces rendez-vous s'adressent à tous. Entrepreneurs, salariés, étudiants, ou simples curieux désireux de comprendre les enjeux économiques du moment. Aucun ticket d'entrée, aucun prérequis, aucune carte à présenter.
C'est peut-être là l'essentiel. Dans un territoire où le découragement s'installe facilement et où la plainte tient parfois lieu de programme, il reste des gens qui préfèrent comprendre plutôt que se lamenter. Qui se lèvent à 7h pour parler chantiers, apprentissage et lignes de crédit.
L'avenir économique de la Nouvelle-Calédonie ne se décrétera pas. Il se construira, entreprise par entreprise, chantier par chantier, embauche par embauche.
Et parfois, cela commence autour d'un café.
Programme complet et inscriptions : feinc.nc/semaineindustrie
(Crédit photo : FEINC)

