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L'actualité locale

Un océan disparu sous nos pieds

12 septembre 2026 à 16:00
4 min de lecture
Un océan disparu sous nos pieds

Résumé IA

Onze étudiants en géosciences de l'UNC parcourent la Nouvelle-Calédonie pendant six jours pour le Tour NC 2026, étudiant fossiles, littoral et roches. À Dumbéa, des étudiants en histoire-géographie analysent les paysages, la périurbanisation et les risques d'inondation.

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Pas d'amphithéâtre, pas de diaporama : cette semaine, la Nouvelle-Calédonie sert elle-même de manuel.
Des fossiles aux sentiers karstiques de Koumac jusqu'à la mangrove de Dumbéa, l'UNC mise sur ce qui ne ment pas : le terrain.

Tour NC 2026 : onze étudiants sur la piste des roches

Ils sont onze. Onze étudiants de deuxième année du DEUST Géosciences Appliquées, Mine, Eau et Environnement, lancés pendant six jours à travers la Nouvelle-Calédonie pour le Tour NC 2026.

Leur feuille de route tient en une phrase : mettre en pratique les connaissances et les compétences acquises au cours de leur formation. Géologie, eau, ressources, environnement, rien n'est laissé de côté.

Le premier jour ressemble à un voyage dans le temps. Roches sédimentaires, fossiles, charbon, traces de volcanisme. Les étudiants sont remontés aux premiers chapitres de l'histoire géologique de la Nouvelle-Calédonie.

Puis cap sur la côte.

Plages, falaises, zones humides, embouchures : le littoral est passé au crible. Il s'agissait de comprendre comment l'eau et les sédiments façonnent les rivages, et d'identifier les risques qui les menacent. Pour un archipel, le sujet n'a rien de théorique.

Le troisième jour, l'exercice change d'échelle. Sous les pieds de la promotion, les traces d'un ancien océan. En observant roches et paysages, les étudiants les ont recherchées pour mieux saisir les grands bouleversements qui ont façonné l'archipel.

Du Nord à Koumac : lire le sous-sol, un savoir stratégique

Quatrième étape, direction le Nord.

Là-bas, les roches portent la mémoire de ce qu'elles ont subi : la pression, la température, les déformations. Encore faut-il savoir les lire. C'est précisément l'exercice auquel les étudiants se sont livrés, tout en découvrant les richesses minérales du territoire.

Le détail n'est pas anodin. Sur une terre de nickel, former au sein d'un diplôme national des étudiants capables de comprendre le sous-sol relève du bon sens. Loin des grands discours, c'est de la compétence. Du concret.

Le cinquième jour, à Koumac, la leçon s'est poursuivie dans la roche elle-même.

Paysages karstiques, chemins empruntés par l'eau à travers le sous-sol : les étudiants sont allés voir de près une ressource que l'on ne voit pas, mais dont chacun dépend. La journée a mêlé géologie, exploration et même spéléologie. Une façon d'apprendre qui ne s'oublie pas.

Reste une ultime étape. Le Sud.

Au programme de cette sixième journée, qui doit clôturer le Tour NC 2026 : dépôts fluvio-lacustres, pseudo-karst, karst et géodynamique. De quoi boucler un parcours exigeant.

À Dumbéa, l'histoire-géo apprend à décrypter le paysage

L'histoire et la géographie n'ont pas été en reste.

Samedi 5 septembre, une quinzaine d'étudiants en troisième année de licence d'histoire et de géographie à l'UNC ont troqué leurs cahiers contre les sentiers. Objectif : s'initier à l'analyse des paysages sur le terrain.

Le point d'observation ne manque pas d'allure. Depuis le sommet septentrional du Pic aux Chèvres, la basse vallée de la Dumbéa s'offre au regard. Aux étudiants de la cartographier et d'en interpréter les différentes unités.

Ce qu'ils y lisent n'a rien d'abstrait.

La périurbanisation. Les risques d'inondation dans le lit majeur. Les impacts des incendies de forêt, notamment celui d'octobre 2024. Autant d'enjeux géographiques majeurs pour le territoire, observés sur place plutôt que dans un manuel.

L'après-midi s'est prolongé à proximité de la chapelle de Dumbéa-sur-Mer, avec la découverte et l'étude de la mangrove. Un autre visage du paysage calédonien, abordé lui aussi les pieds sur le terrain.

Pour ces étudiants, une immersion concrète et l'occasion de confronter enfin leurs connaissances à la réalité des paysages.

Géosciences d'un côté, histoire-géographie de l'autre. Le constat est identique.

Ce territoire se comprend en le parcourant, pas en le commentant. Et c'est l'université de la République, à près de 17 000 kilomètres de Paris, qui en fait la démonstration. Sans slogan. Avec du travail et de l'exigence.

(Crédit photo : UNC)