Blois : empoisonnée chez son père

Résumé IA
À Blois, une fillette de cinq ans est morte après une intoxication médicamenteuse, selon l’autopsie. Le parquet privilégie l’hypothèse d’un infanticide suivi d’une tentative de suicide du père, qui a survécu et reste présumé innocent. L’homme, déjà condamné en 2025, devait être placé en garde à vue.
Dans un appartement de Blois, une enfant de cinq ans ne s'est jamais réveillée.
Le parquet parle désormais d'une intoxication médicamenteuse, et l'enquête pointe vers le père.
Une autopsie qui confirme l'empoisonnement
L'affaire qui bouleverse le Loir-et-Cher prend un tour encore plus sombre. La fillette de 5 ans retrouvée sans vie le lundi 21 septembre dans l'appartement de son père, à Blois, aurait succombé à une intoxication médicamenteuse. C'est ce qu'indique le parquet dans un communiqué publié après l'autopsie, réalisée mardi.
Le procureur de la République de Blois, Stéphane Javet, ne tourne pas autour du pot. Selon lui, «l'hypothèse la plus vraisemblable demeure celle d'un infanticide suivi d'une tentative de suicide» du père.
L'homme, lui, a survécu. Retrouvé dans un état critique, il sera placé en garde à vue «dès que cela (sera) envisageable», précise le magistrat. Pour l'heure, il reste présumé innocent.
Les faits se sont noués en quelques heures. Les parents étaient séparés, la situation était tendue, et le père avait la garde de l'enfant ce week-end-là. Lundi matin, la petite n'est pas à l'école. Le père, lui, ne répond plus.
Un appartement couvert de sang, des boîtes de médicaments partout
Les policiers se rendent au domicile. Porte close. Ils doivent la forcer.
À l'intérieur, la scène est glaçante. La fillette est allongée sur le lit, dans un logement jonché de sang. Pourtant, aucune plaie n'est relevée sur son corps. Le sang n'est pas le sien.
Ce que les enquêteurs remarquent en revanche, ce sont les nombreuses boîtes de médicaments éparpillées dans l'appartement. De quoi orienter immédiatement les soupçons vers un empoisonnement, piste que l'autopsie est depuis venue appuyer.
Le sang, lui, pourrait appartenir au père. Il gisait à côté de sa fille, blessé à l'arme blanche mais vivant. Opéré d'un pneumothorax, il se trouve désormais à l'hôpital, sous la surveillance des policiers.
Un suivi judiciaire en place, un père déjà condamné
C'est là que l'affaire interroge. Car cette famille n'était pas inconnue de la justice.
Les parents étaient séparés depuis 2024 et leurs rapports étaient notoirement difficiles. Un juge des enfants avait ordonné une mesure d'assistance éducative en milieu ouvert (AEMO). Ce dispositif est décidé lorsque la santé, la sécurité ou l'éducation d'un mineur sont en danger. Il permet d'accompagner la famille sans retirer l'enfant de son foyer.
Selon le procureur, ce suivi «n'a donné lieu à aucun incident particulier ou signalement inquiétant au juge des enfants, notamment sur des suspicions de violences à l'égard de la jeune fille». Aucune plainte n'avait par ailleurs été déposée par l'un des parents contre l'autre.
Un détail, pourtant, pèse lourd. Le père avait été condamné en 2025 à six mois d'emprisonnement avec sursis pour des appels téléphoniques malveillants visant son ex-compagne.
Une condamnation pénale. Une mesure éducative ordonnée par un juge. Et malgré tout, une garde de week-end maintenue. Les faits sont là, posés côte à côte. Il reviendra à l'enquête de dire si des signaux ont été manqués, mais les Français sont en droit de demander des comptes lorsque l'institution chargée de protéger un enfant savait que le climat familial était dégradé.
Une petite fille de cinq ans est morte. L'enquête, désormais, doit aller jusqu'au bout.
(Crédit photo : AFP)



