L'argent n'a plus de secret pour eux

Résumé IA
Le passeport EDUCFI, dispositif national lancé en 2019 par la Banque de France, est adopté en Nouvelle-Calédonie depuis la rentrée 2026. Décliné localement par l’IEOM, le gouvernement et le vice-rectorat, il s’adresse aux élèves de 5e jusqu’au CAP.
Savoir compter avant de dépenser : une évidence que l'école calédonienne remet enfin au programme.
À Auteuil, des collégiens ont démontré qu'on apprend l'autonomie et non l'assistanat.
Apprendre la valeur de l'argent dès le collège
Il y a des leçons que l'on ne trouve dans aucun manuel de grammaire.
Savoir tenir un budget. Épargner. Refuser un crédit qu'on ne pourra pas rembourser. Repérer l'arnaque avant qu'elle ne frappe.
C'est précisément l'ambition du passeport EDUCFI, un dispositif national destiné à développer chez les jeunes des compétences économiques, budgétaires et financières. Lancé en 2019 par la Banque de France dans les collèges, il s'inscrit dans une stratégie nationale claire : permettre aux adolescents de comprendre la vie économique et de faire des choix éclairés.
Pas de grands discours. Des connaissances et des réflexes utiles au quotidien, pour accompagner progressivement les jeunes vers davantage d'autonomie dans la gestion de leur argent.
Autrement dit, former des citoyens responsables plutôt que des consommateurs démunis.
À la rentrée 2026, la Nouvelle-Calédonie a adopté ce dispositif en l'adaptant à ses propres réalités. Trois acteurs ont uni leurs forces : l'Institut d'émission d'Outre-mer (IEOM), le gouvernement, par l'intermédiaire de sa direction des Entreprises, de la consommation, de l'attractivité et des télécommunications (DECAT), et le vice-rectorat.
Un outil pensé à l'échelle nationale, décliné localement. La France qui fonctionne, en somme.
Un dispositif ancré dans les réalités calédoniennes
Le passeport EDUCFI calédonien ne se contente pas de reproduire un modèle venu de métropole. Il adopte une approche adaptée aux réalités économiques du territoire.
Il concerne les élèves de la 5e jusqu'au certificat d'aptitude professionnelle (CAP). Un large public, qui englobe aussi bien les parcours généraux que les filières professionnelles, trop souvent négligées lorsqu'il s'agit de transmettre les savoirs utiles.
La méthode repose sur le concret. Parmi les supports utilisés figure l'application mobile Prix NC, développée par le gouvernement. Elle a été conçue pour aider le consommateur à économiser lors de ses courses.
En classe, elle devient un outil pédagogique. Les élèves comparent des prix réels, relevés dans des magasins réels. Dans un territoire où la question du coût de la vie occupe une place centrale, l'exercice n'a rien d'anecdotique.
Comparer, arbitrer, choisir : c'est ce qui permet de ne plus subir.
Christopher Gygès en classe à Auteuil
Pour valoriser la mise en œuvre de ce dispositif, Christopher Gygès, vice-président du gouvernement, chargé de l'économie, s'est rendu mercredi 23 septembre au collège Edmée-Varin, à Auteuil.
Il a assisté à une séance pédagogique dispensée dans une classe de 3e Prépa-métiers, aux côtés du vice-recteur Didier Vin-Datiche et des équipes de la DECAT.
L'ambiance n'était pas celle d'une visite protocolaire figée. Élus, responsables et élèves se sont prêtés au jeu d'un quiz destiné à tester, de manière ludique, les connaissances acquises au fil des séances.
Les objectifs sont clairs. Mieux gérer son argent et son épargne. Maîtriser son endettement. Prévenir les arnaques financières. Savoir à qui s'adresser en cas de difficulté.
Des fondamentaux. Ceux qu'une génération entière aurait gagné à apprendre plus tôt.
L'engagement du gouvernement, aux côtés de l'IEOM et du vice-rectorat, témoigne d'une priorité : préparer la jeunesse calédonienne à devenir des consommateurs avertis, responsables et armés face aux défis économiques du territoire.
Ni excuse, ni fatalité. Des outils, de la méthode, et la conviction que la responsabilité individuelle s'apprend.
Elle commence en salle de classe.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)


