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Maths : l'alerte rouge à l'école

26 septembre 2026 à 08:05
5 min de lecture
Maths : l'alerte rouge à l'école

Résumé IA

La Semaine des maths 2026 s'ouvre lundi en Nouvelle-Calédonie, alors que 63,4 % des élèves du primaire arrivent au collège avec un faible niveau. La DENC organise l'événement, dont le thème est « égalités », et propose des projets comme « Vis Tes Maths ».

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Deux tiers des élèves calédoniens arrivent au collège avec un niveau faible en mathématiques.
La Semaine des maths 2026 s'ouvre lundi dans un contexte où l'exigence doit redevenir la règle.

Une semaine pour redonner le goût des chiffres

Du 28 septembre au 2 octobre, les écoles de Nouvelle-Calédonie vivront au rythme de la Semaine des mathématiques 2026.

Comme chaque année, la Direction de l'Enseignement de la Nouvelle-Calédonie (DENC) orchestre l'événement. Trois rendez-vous sont proposés aux classes, qui peuvent s'y préparer dès maintenant : le projet fédérateur « Concours Vis Tes Maths », le projet fédérateur Jeux de Maths et les défis mathématiques de la DENC.

L'ambition affichée pour le premier degré est large. Il s'agit de donner des mathématiques une image vivante et attractive, de rappeler leur place dans la formation du citoyen et dans la vie de tous les jours, qu'il s'agisse de nombres, de formes, de mesures ou de sciences du numérique.

Mais un objectif mérite d'être souligné plus que les autres. La DENC veut développer chez les élèves le goût de l'effort, la persévérance et la volonté de progresser, ainsi que le respect de soi, des autres et des règles.

Voilà des valeurs qui ne se discutent pas.

L'institution entend aussi montrer que les maths peuvent émouvoir. L'élégance d'une formule, la beauté d'un raisonnement bien construit : autant de sources de plaisir et de créativité. Elle insiste enfin sur leur dimension culturelle, sur le rôle qu'elles ont joué dans l'histoire de l'humanité, dans la compréhension scientifique du monde et dans l'éveil de l'esprit critique.

Cette semaine se veut avant tout une vitrine. Les actions mises en avant sont le fruit d'un travail mené en classe toute l'année, avant comme après l'événement. S'y ajoutent les initiatives des équipes pédagogiques, trop nombreuses pour être toutes recensées.

« Égalités » : un thème qui en dit long

La devise retenue pour ce millésime tient en un mot : « égalités ».

Selon la présentation officielle, le thème doit permettre d'aborder les mathématiques comme une discipline qui structure la pensée rationnelle, développe le sens de la justice et de l'équité, et apprend à repérer ou corriger les biais.

Il doit aussi mettre en lumière l'égalité des chances dans l'accès aux savoirs scientifiques, avec la mixité sociale et la parité filles-garçons dans les filières scientifiques. Et reprendre des valeurs fondatrices de la société : égalité devant la loi, égalité sociale, égalité face aux défis environnementaux et numériques.

Le choix est dans l'air du temps. On aurait pu rêver plus simple.

Car en mathématiques, l'égalité a d'abord un sens précis : celui du signe « = », de l'équation qu'on résout, du calcul qui tombe juste. Avant de philosopher sur l'équité, encore faut-il que les enfants sachent poser une opération. Et c'est bien là que le bât blesse.

Sur le terrain, en revanche, les élèves prouvent qu'ils ne manquent ni d'imagination ni de talent.

Le Concours Vis Tes Maths en est la meilleure illustration. Le principe : rédiger des énoncés de problèmes originaux inspirés du réel, de la vie de la classe notamment, puis les soumettre aux camarades. En 2026, 72 classes et 1 476 élèves sont inscrits.

Le palmarès 2025 a d'ailleurs couronné deux médailles d'or ex æquo. D'un côté, la section des Moyens de la maternelle Bouadouvalan, à Koumac, pour « Les Cerceaux » (classe de Mme Bouyer). De l'autre, les CM1 de l'école Yvonne Dupont, à Nouméa, pour « Le trésor perdu » (classe de M. Delorme).

L'argent est revenu aux CM1 de l'école de Dueulu, à Lifou, avec « Itra / le bougna » (classe de M. Mole). Le bronze, aux CM1 de l'école Gustave Clain, à Dumbéa, pour « La natation » (classe de Mme Daniel).

Le jury a aussi distingué la démarche de la CLIS du groupe scolaire Koch Capucine, à Nouméa, pour « Rencontre gourmande à la maison Gabriel Poedi » (classe de Mme Juglair).

De la Grande Terre aux îles, de la maternelle au CM1 : la preuve que l'envie existe.

Des résultats qui ne pardonnent pas

Reste la réalité des chiffres. Elle est brutale.

63,4 % des enfants arrivant du primaire affichent un niveau bas en mathématiques. Ils étaient 58,9 % début 2024. La tendance n'est pas à l'amélioration, elle est à la dégradation.

La comparaison avec le reste du pays achève de noircir le tableau. Dans l'Hexagone et les départements d'Outre-mer, la proportion tombe à 32,5 %. Soit deux fois moins. Seule la Polynésie, à 61 %, affiche un niveau comparable.

Et le problème ne s'arrête pas aux portes du collège.

À l'entrée en seconde, les évaluations se sont elles aussi dégradées. Dans la voie professionnelle, neuf lycéens sur dix présentent un bas niveau en maths : 89,7 %, contre 87,1 % début 2024.

Face à ce constat, la réponse passe par ceux qui enseignent. Plusieurs mesures visent à consolider le bagage des professeurs. Des modules de renforcement doivent être proposés dès la formation initiale. La formation continue doit intégrer un diplôme universitaire d'expert en mathématiques. Les volontaires seront encouragés à se spécialiser dans une discipline fondamentale afin de l'enseigner dans plusieurs classes.

C'est du concret. C'est surtout la bonne direction : remettre la maîtrise des savoirs fondamentaux au cœur de l'école, par la compétence des maîtres et l'exigence envers les élèves.

La Semaine des mathématiques ne réglera pas à elle seule un décrochage de cette ampleur. Mais si elle peut rappeler que le calcul s'apprend par l'effort, la rigueur et la répétition, alors elle aura rempli sa mission.

Les petits lauréats de Koumac, Nouméa, Lifou et Dumbéa l'ont montré. Le niveau n'est pas une fatalité.

(Crédit photo : DENC)