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Au delà du récif

Metz : un élu socialiste attaque le pape en pleine visite historique en France

26 septembre 2026 à 13:00
3 min de lecture
Metz : un élu socialiste attaque le pape en pleine visite historique en France

Résumé IA

Lors du conseil municipal de Metz jeudi 24 septembre, l’élu socialiste Bertrand Merz dénonce un « énorme déploiement de moyens » pour l’accueil du pape Léon XIV, dont la venue lundi 28 septembre est budgétée à 500 000 euros.

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Lors du conseil municipal de Metz ce jeudi 24 septembre, un conseiller municipal socialiste a dénoncé les dépenses engagées pour l'accueil de Léon XIV, qui se rendra à Metz ce lundi.

Gautier Cruchaudet 25/09/2026

Metz se prépare à accueillir le pape, ce lundi 28 septembre.

Metz se prépare à accueillir le pape, ce lundi 28 septembre. AFP / © Jean-Christophe VERHAEGEN /

Arrivé ce vendredi 25 septembre à Paris pour une visite de quatre jours en France, le pape Léon XIV suscite une grande vague d’enthousiasme, comme en témoignent les 600 000 fidèles attendus à la messe place de la Concorde ce samedi. Mais d’autres, associations ou personnalités politiques, s’insurgent contre le décorum déployé autour du souverain pontife. Ce jeudi 24 septembre, un élu de gauche du conseil municipal de Metz a dénoncé un « énorme déploiement de moyens » qui « tranche avec le message » du Christ.

« On accueille le successeur de saint Pierre comme on accueillerait une rock star. Je pense que l’Église devrait s’interroger sur ça. Le successeur de saint Pierre est celui qui porte une religion qui a été fondée par quelqu’un qui a prôné la simplicité, qui lavait les pieds des pauvres et qui est entré dans Jérusalem à dos d’âne », a développé Bertrand Merz, conseiller du Groupe Rassemblement de la Gauche sociale, écologiste et républicaine.

500 000 euros de budget le pape

Une attaque en règle envers la municipalité, alors que Metz se prépare à recevoir le pape le 28 septembre prochain. Afin d’accueillir comme il se doit le successeur de Pierre, la Ville a fait voter une enveloppe de 500 000 euros, la moitié en dépenses, notamment la location d’écrans, l’autre moitié en provision. Du reste, la préfecture mosellane demeure sous le sceau du Concordat. En Moselle comme en Alsace, nulle trace de la loi sur la laïcité de 1905, et son article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte »

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Pas de quoi décourager Bertrand Merz, qui a enfoncé le clou : « Aujourd’hui, le pape est devenu un phénomène spectaculaire, je pense que l’Église aurait intérêt à réfléchir à ça et à revenir au message originel du Christ ». En creux, il déplore « un énorme déploiement de moyens ». « ça coûte beaucoup d’argent, et je trouve que ça tranche avec le message du fondateur de la religion chrétienne », a-t-il asséné. Il a toutefois tempéré son propos, affirmant qu’il « faut ce qu’il faut » s’agissant de la sécurité du Saint-Père et assurant avoir « tout à fait du respect » pour les catholiques.

Ce discours a fait bondir l’opposition. « Mais qui êtes-vous pour porter un jugement sur la religion catholique ou l’Église ? Qui êtes-vous pour vous exprimer au non des croyants ? », a tempêté Tom Colinet, du groupe d’opposition « Un avenir à Metz » (UDR-RN), qui fustige des « propos scandaleux ». Dans un communiqué consulté par Le JDD, Étienne Anstett, chef du groupe de droite, qualifie cette saillie d’« intolérable ». « En franchissant cette ligne, l’intéressé n’a pas seulement offensé des croyants : il a rabaissé l’assemblée qu’il prétend honorer », peut-on lire.

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Le choix de Metz par Léon XIV n’a, bien sûr, rien d’anodin. Partisan d’une « paix désarmée et désarmante » qu’il appelle de ses vœux depuis son élection, le 8 mai 2025, il se rend dans la ville d’origine de Robert Schuman, catholique fervent et l’un des pères fondateurs de l’unité européenne de l’après-guerre. La région de Moselle fut au cœur des affrontements qui déchirèrent l’Europe aux XIXe et XXe siècle, mais d’où émergea le projet d’une Europe de la paix et de la coopération.