Fonction publique : qui va payer ?

Résumé IA
Des agents publics calédoniens, à l'appel de La Fédé, se rassemblent mardi 29 septembre de 11h45 à 12h45 devant le Haut-commissariat à Nouméa pour réclamer une revalorisation du point d'indice, le rétablissement de la GIPA et la suppression du jour de carence. Le syndicat relaie une mobilisation nationale de l'UNSA et demande des mesures pour le pouvoir d'achat, les carrières et l'égalité salariale.
Ce mardi, une partie de la fonction publique calédonienne se rassemble devant le Haut-commissariat.
Pouvoir d'achat, point d'indice, jour de carence : les revendications sont connues, et la question de leur coût aussi.
Un rendez-vous fixé en pleine pause déjeuner
La date est arrêtée. Mardi 29 septembre 2026, de 11h45 à 12h45, des agents publics sont appelés à se réunir devant le Haut-commissariat de la République à Nouméa.
L'initiative vient de La Fédé, qui relaie localement la mobilisation nationale de l'UNSA Fonction publique. Le syndicat présente ce rassemblement comme un geste de solidarité avec les collègues de l'État. Le mot d'ordre est donc d'abord hexagonal, et c'est en métropole que se décidera l'essentiel.
Le lieu n'a pas été choisi au hasard. Le Haut-commissariat représente l'État sur le territoire, et c'est à l'État que s'adressent les revendications. Le format reste modeste : une heure, calée sur la pause méridienne. Les agents ne sont pas appelés à paralyser les services. Ils sont appelés à se montrer.
Cette sobriété mérite d'être relevée. En Nouvelle-Calédonie, la population a encore en mémoire les semaines de blocages de 2024 et leurs conséquences sur l'économie, sur l'emploi et sur l'accès aux services. Un rassemblement bref et encadré devant une institution de la République n'a rien de comparable.
Cinq revendications, une même facture
Sur le fond, les demandes relayées par La Fédé sont précises.
La première porte sur une revalorisation significative du point d'indice, base de calcul du traitement des fonctionnaires. Le syndicat demande aussi des mesures pour améliorer le pouvoir d'achat et le déroulement des carrières.
Vient ensuite le rétablissement de la GIPA, la Garantie individuelle du pouvoir d'achat, un dispositif destiné à compenser la perte de pouvoir d'achat des agents dont le traitement a progressé moins vite que l'inflation.
Le dossier le plus sensible est sans doute celui des arrêts maladie. La Fédé réclame le maintien à 100 % de la rémunération pendant les congés maladie ordinaires et la suppression du jour de carence. Ce jour non indemnisé avait été introduit pour limiter les absences de courte durée. Sa suppression reviendrait à revenir sur un outil de maîtrise de l'absentéisme, au moment où chaque euro public est compté.
Enfin, le syndicat demande une véritable égalité salariale et professionnelle entre les femmes et les hommes. Sur ce point, peu de voix contesteront le principe.
Pris un par un, ces sujets se défendent. Mis bout à bout, ils dessinent une facture que quelqu'un devra régler. L'État traverse une période de tension budgétaire que personne ne nie. Chaque hausse du point d'indice pèse sur l'ensemble de la masse salariale publique, et c'est le contribuable qui finance.
Reconnaissance légitime, mais pas de victimisation
Le texte d'appel insiste sur un mot : la reconnaissance. Selon La Fédé, ces revendications touchent directement à la reconnaissance des métiers et à l'engagement des agents au service de la population.
L'argument est audible. Enseignants, soignants, agents de sécurité, personnels administratifs : sans eux, rien ne tient. Le territoire l'a constaté lors des crises récentes, quand les services publics ont dû fonctionner dans des conditions dégradées.
Mais la reconnaissance ne se mesure pas seulement à la fiche de paie. Elle passe aussi par la stabilité de l'emploi public, la sécurité statutaire et la protection sociale, des avantages dont une large partie des salariés du privé ne bénéficie pas au même niveau. Le débat gagnerait à être posé dans ces termes, sans opposer les uns aux autres ni présenter les agents publics comme les seuls perdants de l'inflation.
Les commerçants, les artisans et les salariés calédoniens qui ont vu leur outil de travail partir en fumée en 2024 connaissent eux aussi la perte de pouvoir d'achat. Ils n'ont ni point d'indice ni GIPA.
Ce mardi, le rassemblement de Nouméa restera un signal : celui d'agents qui demandent à être entendus, dans le calme et sous les fenêtres de l'État. La réponse, elle, se jouera à Paris, dans les arbitrages budgétaires à venir. Et elle devra concilier deux exigences : respecter ceux qui servent le pays et respecter ceux qui le financent.
(Crédit photo : Olivier Le Moal - AdobeStock)


