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L'actualité locale

« Attachez vos chiens ! »

27 octobre 2026 à 11:40
4 min de lecture
« Attachez vos chiens ! »

Résumé IA

Un père de famille raconte sur Facebook l'attaque de sa fille par un chien errant, provoquant des plaies au visage. Il dénonce la négligence des propriétaires et interroge l'efficacité de la fourrière, alors que des chiens divaguent dans son quartier.

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Elle rentrait simplement chez elle. Un chien sans maître a décidé autrement.
Son père ne demande plus la pitié, il exige que chacun assume ses responsabilités.

Une photo qui dit tout

Le message a été publié sur Facebook, sans filtre. Un père de famille y raconte que sa fille a été attaquée la veille par un chien qui errait sur la route.

La photo jointe se passe de commentaire. Le visage de l’enfant porte des plaies ouvertes au niveau du sourcil et de la tempe. L’œil est gonflé, presque fermé. Une autre entaille descend sur la joue.

Le père se dit très en colère. On le comprendrait à moins.

Ce qui frappe dans son témoignage, c’est l’absence de haine envers l’animal. Il l’écrit lui-même : il aime les animaux et n’en veut pas au chien. Sa colère vise ailleurs. Elle vise le propriétaire, celui qui a laissé la bête divaguer sans surveillance.

Sa comparaison est directe, presque brutale : un chien, c’est comme un enfant, si l’on ne s’en occupe pas, il finit par faire des bêtises. Une phrase simple. Une vérité que beaucoup refusent d’entendre.

Plainte ou pas plainte, la confiance est rompue

On lui a conseillé de porter plainte. Il hésite. Pire, il avoue ne plus croire en la justice des hommes.

C’est peut-être le passage le plus inquiétant du message. Quand un parent dont l’enfant vient d’être blessé ne voit plus l’intérêt de saisir la justice, c’est le signe d’un divorce profond entre les citoyens et les institutions censées les protéger.

Car ce n’est pas un incident isolé à ses yeux. Dans son quartier, écrit-il, des dizaines de chiens traînent sur les routes jour et nuit. Personne ne les ramasse. Personne ne semble s’en soucier.

Il interpelle donc directement la fourrière, avec une question que beaucoup se posent tout bas : à quoi sert-elle, si les animaux restent dans la rue ?

La question mérite d’être posée. Dans l’agglomération, la structure existe bel et bien. Selon le Syndicat intercommunal du Grand Nouméa, qui gère la fourrière intercommunale de Ducos, le nombre d’animaux placés en fourrière est passé de 1 571 à 390 entre 2020 et 2025. Sur la même période, les euthanasies sont tombées de 644 à 82. L’équipement reste modeste : 48 box, pouvant chacun accueillir au maximum trois chiens.

Moins d’euthanasies, c’est une bonne nouvelle pour les défenseurs des animaux. Mais quatre fois moins d’animaux placés en fourrière, alors que des habitants décrivent des rues envahies, cela interroge. Les chiens ont-ils disparu des trottoirs ? Le témoignage de ce père laisse penser le contraire.

Responsabilité : le mot qu’on n’ose plus prononcer

Le message ne s’arrête pas aux chiens. Le père élargit son propos, et c’est là qu’il touche juste.

Il demande aux propriétaires d’attacher leurs chiens. Puis il s’adresse aux parents dont les enfants, selon lui, traînent dans le quartier et volent. Même logique, même exigence : chacun doit répondre de ce dont il a la charge.

Ce discours dérange. Il ne cherche pas d’excuse sociale, ne réclame pas de dispositif supplémentaire, ne s’abrite derrière aucune explication sociologique. Il pose une règle de base, celle qui fondait autrefois la vie en communauté : ce qui t’appartient, tu en réponds.

Un chien qui mord n’est pas coupable. Son maître l’est.

Un enfant livré à la rue n’a pas choisi son sort. Ses parents, si.

Pendant des années, on a préféré diluer les responsabilités. La faute à la société, au manque de moyens, au contexte. Résultat : plus personne n’est responsable de rien, et ce sont les plus vulnérables qui paient. Ici, une petite fille, le visage tailladé un jour ordinaire, sur une route ordinaire.

Le père conclut sans détour. Il annonce qu’il n’aura plus de pitié pour ceux qui traînent dans sa rue. À bon entendeur.

On peut juger le ton excessif. On peut aussi y entendre le cri d’un homme qui a fait ce qu’on attend d’un citoyen : élever sa fille, la protéger, signaler le problème. Et qui constate que cela n’a pas suffi.

La divagation canine n’est pas une fatalité. C’est une question d’ordre public, de sécurité des enfants et de respect élémentaire du voisinage. Tant que les propriétaires négligents ne seront pas tenus pour responsables, d’autres parents publieront d’autres photos.

Et la colère, elle, continuera de monter.

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