«Nous croyons en la France» : Marine Le Pen lance sa campagne sur un ton résolument optimiste

Résumé IA
Marine Le Pen lance sa campagne présidentielle à Orléans devant plus de 8 500 militants, plaçant son discours sous le signe de la « renaissance » française. La candidate du RN promet d’inscrire le pays dans une « période de mutation historique » et de restaurer l’ordre et la protection des Français.
ORLÉANS. Devant plus de 8 500 militants, la candidate du RN a lancé sa campagne présidentielle sous le signe de la « renaissance » française. Elle a promis, si elle est élue, d'inscrire le pays dans la « période de mutation historique », technologique et économique, que traverse le monde.
Quentin Gérard 25/10/2026

Marine Le Pen. AFP / © Romain Perrocheau
Marine Le Pen était attendue au tournant. Elle a répondu présente ce dimanche lors de son premier grand meeting de campagne à Orléans, en clôture du congrès du Rassemblement national. Après la prise de parole d’Éric Ciotti, qui a vanté son alliance avec le parti lepéniste depuis 2024 et appelé les Républicains à les rejoindre. Puis de Jordan Bardella, qui s’est penché sur l’actualité politique. Marine Le Pen a pris de la hauteur et prononcé un discours résolument optimiste, tourné vers le futur, devant plus de 8 500 militants.
Après avoir glorifié Jeanne d’Arc, la candidate du RN – donnée gagnante dans tous les sondages récents – a souligné que son parti avait « gagné la bataille du diagnostic » sur l’état de la France. « Tout le monde est maintenant d’accord avec nous », a-t-elle poursuivi. « Même si aujourd’hui, les mots qui viennent à l’esprit sont "ruine", "déclin", "effacement", "émeutes" et même "chaos", "déchéance", "disparition", nous croyons en l’Homme, nous croyons en la France et donc nous croyons en l’avenir », a lancé Marine Le Pen derrière son pupitre.
La quadruple candidate à la présidentielle a assuré que la France ne « vivait pas la fin d’une histoire et encore moins la fin de l’Histoire », mais « une fois encore, comme tant de fois au cours des siècles, une période de transition, une période de mutation historique et technologique ». Elle a ensuite confié avoir « l’intime conviction que nous vivons une période comparable à la période qui précéda la Renaissance », elle qui a justement fait du terme « renaissance » son slogan de campagne.
Marine Le Pen a ensuite détaillé ce qu’elle entend par ce mot. Il s'agit de « la volonté de puiser dans notre histoire les matériaux, les valeurs, les principes qui permettront d'inventer le futur ; c’est l’ambition de faire des temps qui viennent une nouvelle période de création politique, artistique, économique, architecturale et littéraire ». Et de préciser que « ce n’est pas un retour vers le passé, mais l’avènement d’une ère nouvelle, une ère de liberté, de vitalité, de création, pour inscrire pleinement la France dans le troisième millénaire ».
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La « renaissance » que propose Marine Le Pen implique « de tourner le dos aux nouveaux obscurantistes ». À savoir « l’obscurantisme sectaire de l’idéologie islamiste, l’obscurantisme autoritaire avec des mouvements qui prônent la bordélisation, l’intolérance et la violence comme LFI et sa branche armée, les casseurs antifas ». Ou encore « les obscurantistes technophobes », représentés par ceux qui défendent « l’écologie punitive, ce nihilisme politique, avec sa vision apocalyptique qui annonce chaque semaine la fin du monde, allant même jusqu’à suggérer de renoncer à faire des enfants ». Et d’ajouter : « Comme à la Renaissance, nous appelons à un basculement intellectuel. »
« Renouons avec le savoir-vivre à la française, qui faisait de notre pays la douce France »
Après avoir développé sa conception du « beau », Marine Le Pen a évoqué la violence qui traverse la société française, alors qu’un attentat a encore fait un mort et cinq blessés à Trappes, dans les Yvelines, en fin de semaine. Pour la cheffe de file du RN, la « violence est la fille de l’incivilité ». Avant de poursuivre : « La civilité, c’est dans la vie de tous les jours l’apprentissage de la limite, du respect. La civilité, c’est le chemin le plus sûr pour faire reculer la violence dans notre société. Alors renouons avec le savoir-vivre à la française, qui faisait de notre pays la douce France. »
Ensuite, l'ancienne cheffe des députés du RN – qui vient de laisser ce rôle à Sébastien Chenu – a déclaré vouloir « que la France retrouve sa puissance, parce que la puissance, c’est le contraire de l’impuissance, ce mal endémique dont la France souffre depuis tant d’années ». Elle a précisé ne pas souhaiter « une puissance de domination, mais de protection », car la « puissance n’est pas la force pour la force » mais « la capacité d’exploiter nos potentiels humains, énergétiques, industriels, agricoles pour que ces atouts dont la nature nous a gratifiés profitent à tous ».
Ainsi, Marine Le Pen a promis de « mettre la puissance » de la France au service de « la protection des Français ». Selon elle, « la première des protections est le droit à la sécurité, à commencer par la sécurité du quotidien ». Et d’assurer que si elle arrive au pouvoir dans six mois, l'État de droit « sera rétabli ». « Qui peut dire qu’il y a un État de droit quand les délinquants ne sont pas punis ? Quand les mafias imposent leurs lois dans les quartiers ? Qui peut dire qu’il y a un État de droit, quand des hordes viennent saccager et brûler nos bâtiments ou organiser de véritables razzias ? »
Enfin, Marine Le Pen a affirmé que « la nation sera là quand vous en aurez besoin, comme vous devez être là quand elle en aura besoin ». Puis d’assurer que si elle gagne la présidentielle, la France « retrouvera de l’ordre et de la clarté dans les affaires publiques, une présidence qui préside, un gouvernement qui gouverne, un parlement qui légifère, une justice qui applique en toute impartialité les lois votées, des cours qui contrôlent ». Mais surtout, a-t-elle ajouté, « le peuple retrouvera sa place ». Et de conclure son discours : « N’ayez pas peur de ceux qui enseignent le déclin, le futur n’est pas une menace, le futur est une promesse. L’avenir nous appartient. »



