Arrêt cardiaque : et si c’était vous ?

Résumé IA
La Nouvelle-Calédonie forme de nouveaux formateurs en secourisme lors de deux sessions organisées du 26 octobre au 10 novembre par la DSCGR avec l'ANIMS. Onze stagiaires participent pour renforcer le réseau local, car le témoin est le premier maillon de la chaîne de survie face à un arrêt cardiaque.
Face à un arrêt cardiaque, chaque minute compte. Et le premier à agir n’est pas toujours le pompier : c’est souvent le témoin.
Deux sessions, une même exigence
Former les formateurs. L’idée paraît simple, presque évidente. Elle est pourtant au cœur d’une démarche que le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie mène en ce moment même, loin des polémiques et des grands discours. Du 26 octobre au 10 novembre, la direction de la Sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR) organise, avec l’Association nationale des instructeurs et moniteurs de secourisme (ANIMS), deux formations consacrées à la pédagogie et à l’encadrement des formations en secourisme.
Pas de slogan. Du concret.
La première session s’est ouverte le 26 octobre et se poursuit jusqu’au 3 novembre. Son objectif : faire émerger une nouvelle promotion de formateurs en secourisme sur le territoire.
La seconde prendra le relais, du 4 au 10 novembre. Elle va plus loin. Les participants y apprendront à concevoir et à encadrer eux-mêmes des formations, qu’il s’agisse des premiers secours citoyens ou des secours opérationnels. Autrement dit, on ne forme pas seulement des gens capables de transmettre un geste : on forme des cadres capables de bâtir des parcours entiers.
Pour encadrer ces sessions, deux formateurs ont fait le déplacement, l’un depuis l’Hexagone, l’autre depuis la Polynésie française. Un détail qui n’en est pas un. Il rappelle que la Nouvelle-Calédonie s’appuie, quand il le faut, sur l’ensemble des compétences disponibles au sein de la France, de Paris à Papeete.
Rien n’est acquis d’avance, d’ailleurs. À l’issue de leur parcours, les stagiaires pourront obtenir les certifications correspondantes, mais seulement si les compétences requises sont validées. Le diplôme se mérite.
Onze stagiaires, un réseau qui se consolide
Ils sont onze. Onze stagiaires venus d’horizons différents, mais réunis autour d’une même mission.
On y trouve des agents de la DSCGR, des représentants du vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie, des membres des associations Croix-Blanche et ASO2, ainsi que des personnels du Service de sauvetage et de lutte contre l’incendie des aéronefs (SSLIA) de l’aéroport de La Tontouta.
Institutions publiques, monde associatif, sécurité aéroportuaire : le panel dit beaucoup de la philosophie du projet. Le secourisme ne relève pas d’un seul acteur. Il repose sur un maillage, sur des femmes et des hommes engagés dans des structures très différentes, qui choisissent de monter en compétence au service de tous.
C’est aussi un enjeu de fidélisation. Valoriser les compétences et l’engagement des formateurs, c’est leur donner une raison de rester. Et des équipes stables, ce sont des équipes solides. Le gouvernement l’assume clairement : il s’agit de pérenniser les équipes et de consolider le réseau de secourisme en Nouvelle-Calédonie.
Dans un territoire où l’on mesure chaque jour le prix de la stabilité, l’objectif a du sens.
Le citoyen, premier maillon de la chaîne de survie
Reste l’essentiel. Pourquoi tout cela compte-t-il ?
Parce que le citoyen est le premier maillon de la chaîne de survie. Le principe est connu des professionnels, il mérite d’être rappelé à tous. Lorsqu’un malaise survient dans la rue, au travail ou à la maison, ce sont les personnes présentes qui peuvent agir les premières, dans l’attente de l’arrivée des secours.
La logique est implacable. Plus le nombre de personnes formées augmente, plus les chances qu’un témoin puisse intervenir rapidement face à un arrêt cardiaque ou à une hémorragie sont importantes. Il ne s’agit pas d’attendre que d’autres fassent à notre place. Il s’agit d’être prêt.
C’est là un véritable enjeu de santé publique. Mais pas seulement. La démarche vise aussi la performance opérationnelle : développer les compétences des acteurs du secours et améliorer la qualité des formations dispensées. Un formateur mieux préparé, c’est un stagiaire mieux formé. Et un stagiaire mieux formé, c’est peut-être une vie sauvée demain.
On parle beaucoup de responsabilité individuelle. Le secourisme en est sans doute l’une des expressions les plus nobles : apprendre à ne pas rester spectateur.
En renforçant son réseau local de formateurs, la Sécurité civile calédonienne fait un choix pragmatique. Celui d’agir concrètement pour la sécurité de tous.
(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)


