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Au delà du récif

Confiance : pire niveau depuis 2013

29 octobre 2026 à 10:00
4 min de lecture
Confiance : pire niveau depuis 2013

Résumé IA

Selon l’enquête mensuelle de l’Insee publiée le 27 octobre, la confiance des ménages français chute à 80 points, un niveau plus vu depuis juin 2013. Les inquiétudes portent sur les prix, le chômage et le niveau de vie, avec un solde sur l’évolution passée du niveau de vie en France atteignant son plus bas historique depuis 1972.

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Les chiffres de l’Insee tombent, et ils sont sans appel.
Jamais depuis 2013 les Français n’avaient autant douté de leur avenir économique.

Un indicateur qui décroche

Le verdict est tombé ce 27 octobre.

Selon la dernière enquête mensuelle de l’Insee, la confiance des ménages se dégrade fortement en octobre 2026. L’indicateur synthétique perd cinq points d’un coup. Il s’établit désormais à 80.

Pour mesurer la gravité du chiffre, il faut le replacer dans la durée. La moyenne de longue période, calculée entre janvier 1987 et décembre 2025, est fixée à 100. Les Français se situent donc aujourd’hui vingt points en dessous. Un tel niveau n’avait plus été observé depuis juin 2013.

Le mouvement ne date pas d’hier. En juillet, l’indicateur affichait 86. En août et en septembre, 85. Puis cette chute brutale.

Le pessimisme gagne d’abord la sphère personnelle. Interrogés sur leur situation financière future, les ménages se montrent nettement plus sombres : le solde d’opinion correspondant perd neuf points, passant de -15 à -24. Sur leur situation passée, le recul atteint six points.

Autrement dit, les Français estiment que leur portefeuille s’est déjà abîmé. Et ils pensent que le pire reste à venir.

Conséquence logique : les achats importants sont reportés. La part des ménages jugeant opportun de faire de grosses dépenses recule encore, avec un solde qui perd quatre points pour tomber à -41. La moyenne historique se situe à -16.

Quand le consommateur français referme son porte-monnaie, c’est toute l’économie qui le ressent.

Prix et chômage, la double inquiétude

Il y a d’abord les prix.

Sur ce terrain, le ressenti des Français ne laisse aucune place au doute. La part des ménages considérant que les prix ont fortement augmenté au cours des douze derniers mois progresse de nouveau nettement. Le solde gagne huit points en octobre, après six points en septembre. Il atteint 42, quand sa moyenne de long terme s’établit à -12.

L’écart est vertigineux.

Les anticipations suivent la même pente. Les ménages qui s’attendent à une accélération des prix dans les douze prochains mois sont plus nombreux, le solde gagnant deux points. Il se situe largement au-dessus de sa moyenne de longue période.

Puis il y a l’emploi. Les craintes concernant le chômage repartent à la hausse : le solde correspondant gagne cinq points pour atteindre 61, contre une moyenne historique de 33.

Inquiets pour leurs factures, inquiets pour leur emploi : les Français qui travaillent et font tourner le pays voient l’horizon s’assombrir sur les deux fronts à la fois. C’est précisément cette combinaison qui pèse sur le moral.

Le chiffre le plus frappant concerne pourtant le pays tout entier.

Interrogés sur l’évolution passée du niveau de vie en France, les ménages livrent une réponse historique. Le solde perd trois points et s’établit à -85. C’est son plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête, en octobre 1972.

Plus d’un demi-siècle de mesures, et jamais les Français n’avaient porté un regard aussi négatif sur l’évolution de leur niveau de vie collectif.

Pour l’avenir, le constat n’est guère meilleur. Le solde relatif au niveau de vie futur en France recule de six points, à -67. La moyenne de long terme se situe à -29.

L’épargne, dernier rempart qui s’effrite

Face à l’incertitude, les Français ont longtemps adopté un réflexe prudent : mettre de côté.

Ce réflexe tient toujours, mais il faiblit. L’indicateur du climat de l’épargne recule de deux points et s’établit à 118. Il reste néanmoins nettement au-dessus de sa moyenne de longue période, fixée à 100.

Le détail est éclairant. La part des ménages jugeant opportun d’épargner baisse de six points, à 37. Leur opinion sur leur capacité d’épargne future recule de trois points, à 12. Seule la capacité d’épargne actuelle reste stable, à 17.

Ces niveaux demeurent élevés au regard de l’histoire. Mais la tendance est là : mois après mois, la marge de manœuvre des ménages se resserre.

Cette enquête repose sur environ 2 000 ménages interrogés par téléphone. Les réponses ont été collectées entre le 25 septembre et le 19 octobre 2026. L’Insee précise par ailleurs que les indices de septembre ont été révisés à la baisse d’un point, ce qui ne fait que confirmer la tendance.

Le message envoyé par les Français est limpide. Ils constatent la hausse des prix, redoutent pour leur emploi et jugent que le niveau de vie du pays a reculé comme jamais depuis cinquante ans.

Le pouvoir d’achat redevient la première préoccupation des Français. Ceux qui décident n’ont plus d’excuse pour l’ignorer.

Prochain rendez-vous : le 25 novembre 2026, date de la prochaine publication de l’Insee.

(Crédit photo : akub Żerdzicki / Unsplash)