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Jeunes de Maré : fini l’excuse

29 octobre 2026 à 11:00
4 min de lecture
Jeunes de Maré : fini l’excuse

Résumé IA

À Maré, l’État, la coutume et la gendarmerie organisent, du 20 au 22 octobre à Tadine, une opération inédite de prévention des addictions et de lutte contre la délinquance auprès des jeunes, financée par le FIPD. L’objectif est de responsabiliser la jeunesse en associant institutions, province et autorités coutumières pour inscrire cette action dans la durée.

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Trois jours, une île, et une même ligne de conduite : l’autorité et la prévention vont ensemble.
À Maré, l’État, la coutume et la gendarmerie ont choisi de parler aux jeunes plutôt que de parler à leur place.

Une première aux Loyauté, et ce n’est pas un détail

Tadine, du 20 au 22 octobre. Pendant trois jours, la jeunesse de Maré a été au centre d’une opération de prévention des addictions et de lutte contre la délinquance comme les îles Loyauté n’en avaient encore jamais connu.

Jamais. C’est bien la première initiative de cette nature dans l’archipel.

Autour de la table, il y avait du monde. Le gouvernement, d’abord, à travers la direction de la Protection judiciaire enfance et jeunesse (DPJEJ) et le cabinet de Nina Julié, membre chargée de la jeunesse. La province des Îles ensuite, mobilisée via sa direction de l’Action communautaire et de l’action sanitaire (DACAS) et l’établissement provincial pour l’insertion, la formation et l’emploi (EPIFE). La commune de Maré était présente. Le conseil coutumier de l’aire Nengone aussi. Et la gendarmerie nationale, évidemment.

Cette liste peut paraître administrative. Elle dit pourtant quelque chose d’essentiel. Quand il s’agit de remettre des repères à une jeunesse exposée, chacun doit tenir sa place : l’institution qui encadre, l’autorité coutumière qui transmet, la force publique qui rappelle la règle.

Personne n’a été de trop.

Responsabiliser plutôt qu’excuser

L’objectif affiché ne laisse aucune ambiguïté : responsabiliser la jeunesse. Le mot compte. Il tranche avec un discours trop souvent entendu, celui qui transforme chaque dérive en fatalité sociale et chaque jeune en victime de son environnement.

À Maré, la logique est inverse. On agit au plus près des réalités locales, oui. Mais on agit pour que les jeunes prennent en main leurs choix, face à l’alcool, face aux produits, face à la tentation de franchir la ligne.

La présence de la gendarmerie aux côtés des autorités coutumières n’a rien d’anodin. Elle rappelle que la loi de la République s’applique partout, y compris dans les tribus et les villages les plus éloignés de Nouméa. Elle rappelle aussi que la coutume, avec ses aînés et ses chefferies, reste une autorité respectée, capable de parler aux jeunes avec un poids que nul fonctionnaire ne possède.

Les deux légitimités ne se concurrencent pas. Elles se renforcent.

C’est précisément ce que cette opération a voulu démontrer : une réponse coordonnée, associant institutions, acteurs de proximité et autorités coutumières, porte plus loin qu’une addition de dispositifs isolés.

L’État paie, l’État agit

Il faut aussi regarder qui finance. L’opération a été soutenue par le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD), porté par le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.

Autrement dit, c’est l’État qui met les moyens sur la table pour que des actions concrètes voient le jour dans les territoires. Pas des colloques. Pas des rapports. Des journées sur le terrain, à Tadine, avec des jeunes en face.

Voilà un rappel utile, à l’heure où certains aiment présenter la France comme lointaine ou indifférente au sort des îles. Le partenariat institutionnel démontre ici son rôle essentiel : sans lui, ces trois journées n’auraient tout simplement pas existé.

Reste maintenant le plus difficile. Trois jours ne suffisent jamais.

Les partenaires l’ont bien compris et affichent une ambition commune : inscrire la prévention dans la durée, sur la base de la coopération territoriale et d’un engagement collectif en faveur de la jeunesse. L’intention est la bonne. Elle devra désormais se mesurer dans la constance.

Car la délinquance ne recule pas sous l’effet d’une opération ponctuelle. Elle recule quand les repères sont tenus, semaine après semaine, par ceux qui ont l’autorité de les fixer.

À Maré, ces trois journées ont posé une première pierre. La suite dira si l’archipel en fait une habitude.

(Crédit photo : Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie)