68 morts : l’Espagne sous le choc

Résumé IA
Deux trains à grande vitesse entrent en collision près de Madrid, faisant 68 morts et 108 blessés. Le Premier ministre Pedro Sánchez décrète trois jours de deuil national, alors que l'Espagne est sous le choc après ce drame survenu à un mois des élections législatives anticipées.
Deux trains lancés à pleine vitesse, une collision, et un pays qui revit son pire cauchemar.
Moins d’un an après Adamuz, l’Espagne compte de nouveau ses morts sur ses rails.
Un pays endeuillé, un gouvernement sous pression
Mercredi, à environ 150 kilomètres au sud de Madrid, deux trains à grande vitesse sont entrés en collision.
Le bilan s’est alourdi d’heure en heure. Il est désormais de 68 morts, selon Emiliano García-Page, président de la région. Les autorités ont aussi recensé 108 blessés, dont 58 hospitalisés. Dès les premières annonces, les autorités régionales avaient prévenu que le nombre de victimes pourrait encore augmenter.
Un drame national. Une plaie qu’on croyait à peine refermée.
Pedro Sánchez s’est dit « consterné par ce grave accident ». Le Premier ministre socialiste a décrété trois jours de deuil national, de jeudi à samedi.
Le calendrier rend la séquence encore plus lourde pour l’exécutif. L’accident survient en pleine campagne électorale, à un mois des élections législatives anticipées du 29 novembre, un scrutin que Pedro Sánchez a lui-même provoqué.
Les Espagnols vont donc voter avec ces images en tête. Celles de wagons broyés, de familles dans l’attente, de secouristes au travail.
Le chef du gouvernement exprime sa consternation. Mais la consternation ne suffit pas quand le même type de catastrophe frappe deux fois en moins d’un an. Les électeurs attendront des réponses.
Adamuz, le précédent qui hante l’Espagne
Le 18 janvier dernier, à Adamuz, en Andalousie, une collision entre deux trains à grande vitesse avait déjà fait 46 morts. Toute l’Espagne avait été bouleversée.
Ce drame avait relancé un débat que le pouvoir aurait préféré éviter : l’entretien du réseau ferroviaire et la sécurité des passagers. Des questions qui ne sont pas anodines dans le deuxième pays le plus visité au monde chaque année, où des millions de voyageurs, Espagnols comme étrangers, empruntent ces lignes.
Neuf mois plus tard, la question revient avec une violence inouïe. Et le bilan est cette fois plus lourd encore.
Deux collisions de trains à grande vitesse. Plus d’une centaine de morts au total. Le constat se passe de commentaire.
Le joyau ferroviaire espagnol face à ses failles
Le paradoxe est cruel. Avec 4 000 kilomètres de voies, le réseau à grande vitesse espagnol est le deuxième plus important au monde, derrière celui de la Chine.
C’est l’une des grandes fiertés du pays. Une vitrine de modernité, longtemps citée en exemple en Europe, y compris face au modèle français.
Mais une vitrine ne vaut que par la confiance qu’elle inspire. Un réseau aussi vaste exige un entretien à la hauteur, une vigilance de chaque instant, des moyens constants. C’est précisément ce que le débat ouvert après Adamuz mettait en cause.
L’heure est d’abord au recueillement. Aux victimes, à leurs proches, aux blessés qui luttent encore à l’hôpital.
Viendra ensuite le temps des comptes. Les Espagnols, appelés aux urnes le 29 novembre, auront leur mot à dire.
(Crédit photo : BURAK AKBULUT / ANADOLU / Anadolu via AFP)



