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Au delà du récif

Macron lâche Parcoursup

28 octobre 2026 à 04:54
4 min de lecture
Macron lâche Parcoursup

Résumé IA

Après un mois de mobilisation lycéenne et étudiante, le gouvernement annonce le remplacement de Parcoursup sur deux ans, accompagné de prêts pour les bâtiments scolaires, de recrutements d'enseignants et de places supplémentaires à l'université. Emmanuel Macron promet une refonte en profondeur, qui exigera un texte de loi.

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Un mois de blocages, des débordements, et l’exécutif sort le carnet de chèques.
Parcoursup, lui, est prié de faire ses valises.

La plateforme passe à la trappe

Il aura donc suffi d’un mois.

Un mois de mobilisation des lycéens et des étudiants pour que le gouvernement commence, lundi, à laisser filtrer ses réponses. Et la principale tient en un mot : remplacement. Parcoursup, la plateforme d’orientation vers l’enseignement supérieur, serait remplacée sur deux ans.

Le reste du paquet suit la même logique. Des prêts pour remettre en état des bâtiments scolaires. Des recrutements d’enseignants. Une augmentation du nombre de places à l’université. Tout ce qui pouvait apaiser a été mis sur la table, ou presque.

Le calendrier se dessine en deux temps. Dès cette année scolaire, l’exécutif promet davantage de clarté sur les algorithmes locaux, ces critères de tri propres à chaque formation qui alimentent depuis le début la suspicion des familles. Puis, pour l’année suivante, l’annonce d’un grand chantier. Celui-là ne se fera pas par simple circulaire : il exigera un texte de loi.

Autrement dit, la promesse est lancée maintenant, mais sa traduction concrète passera par le Parlement. Et prendra du temps.

Éteindre l’incendie avant le 5 novembre

Le moment choisi ne doit rien au hasard.

Samedi 31 octobre, les gilets jaunes appellent à une nouvelle journée d’action. Emmanuel Macron lui-même redoute un nouveau samedi à risque. Surtout, le 5 novembre, les syndicats de salariés organisent une journée nationale de grèves et de manifestations, qui doit toucher les transports, l’éducation et la santé.

Dans ce contexte, l’exécutif espérait une chose : endiguer le front de la jeunesse avant que les colères ne s’additionnent. Fermer un foyer pour ne pas avoir à en gérer trois.

C’est une stratégie. C’est aussi un aveu.

Car sur le fond, la question posée par Parcoursup n’a pas disparu. Comment orienter des centaines de milliers de bacheliers vers des filières aux capacités limitées sans assumer une forme de choix ? Dans les colonnes du Figaro, l’éditorialiste Yves Thréard résume l’enjeu sans détour : pour lui, il n’y a pas d’avenir pour Parcoursup sans sélection. Un rappel de bon sens que le gouvernement, pressé d’apaiser, semble avoir rangé au second plan.

Ajouter des places à l’université peut soulager la tension. Cela ne dit rien de la valeur des diplômes délivrés, ni de la réussite réelle des étudiants qui les occuperont.

Un président qui reprend la main, tardivement

Il y a aussi une dimension politique, et elle porte un nom.

Après les débordements du 17 octobre, Emmanuel Macron a été critiqué de toutes parts. Trop silencieux pour les uns, trop lointain pour les autres. En fin de semaine dernière, le chef de l’État a voulu changer d’image et s’est affiché à la manœuvre.

Il avait déjà reçu les organisations lycéennes. Il a cette fois ouvert la porte à une « refonte en profondeur » de Parcoursup, devenu l’un des principaux objets de litige. Sur les violences, il a posé une limite claire, affirmant qu’il ne saurait approuver ni justifier quelque violence que ce soit.

Une phrase nécessaire. Qui arrive, elle aussi, après coup.

Le président s’est également rendu en visite surprise à Marseille, une semaine après les émeutes. Présence, dialogue, annonces : la séquence est rodée.

Reste une impression tenace. Celle d’un pouvoir qui réagit quand la rue monte en pression, et qui répond par la concession plutôt que par la fermeté. Les lycéens ont obtenu en un mois ce que des années de débats sur l’orientation n’avaient pas produit.

La suite se jouera dans la rue samedi, puis le 5 novembre. Et au Parlement, quand viendra l’heure du texte de loi promis. C’est là que l’on saura si la réforme de Parcoursup relève d’une vraie vision pour l’université française, ou d’une simple opération de déminage.

(Crédit photo : Sarah Meyssonnier / REUTERS)