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Prison : la douche froide syndicale

27 octobre 2026 à 16:00
3 min de lecture
Prison : la douche froide syndicale

Résumé IA

L’UFAP UNSA Justice Nouvelle-Calédonie salue l’amendement Metzdorf pour le futur établissement pénitentiaire, mais refuse tout triomphalisme. Le syndicat exige un minimum de 400 places modulaires ou béton, le maintien des sites existants et le retour des agents calédoniens bloqués dans l’Hexagone, tout en dénonçant des conditions de travail indignes.

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Pas de triomphalisme à l’UFAP UNSA Justice : le syndicat pénitentiaire salue l’amendement Metzdorf, mais refuse de vendre du rêve.

Une avancée saluée, mais sous conditions

Le ton est donné dès la première ligne. Ce lundi 26 octobre, l’UFAP UNSA Justice Nouvelle-Calédonie a pris la parole sur sa page Facebook avec un message sans détour : pas question de vendre du rêve.

L’objet de cette mise au point ? L’adoption de l’amendement porté par le député Nicolas Metzdorf en faveur du projet de nouvel établissement pénitentiaire sur le Caillou.

Pour le syndicat, c’est une avancée majeure. Il le reconnaît volontiers. Ce projet, il le défend depuis le premier jour.

Mais la satisfaction s’arrête là.

Car l’organisation tient à parler vrai à ses collègues. Le vote d’un amendement ne coule pas une seule dalle de béton. Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que la future prison ne sorte réellement de terre, et le syndicat le rappelle sans fard : il ne faut pas crier victoire trop tôt.

Une lucidité rare. Et bienvenue, dans un dossier où les annonces se sont souvent succédé sans que rien ne bouge sur le terrain.

Des agents en première ligne, des familles séparées

Ce dossier n’a rien d’une querelle de bureaux. Il touche des femmes et des hommes qui tiennent, chaque jour, une mission régalienne essentielle.

L’UFAP UNSA Justice le dit sans détour : en Calédonie, des agents exercent dans des conditions de travail et de sécurité indignes. Des surveillants qui assurent l’autorité de l’État derrière les murs, souvent au prix de leur propre sécurité.

Il y a aussi ceux qu’on oublie trop vite.

Des collègues originaires de Nouvelle-Calédonie restent bloqués dans l’Hexagone. Ils servent la France loin de chez eux et n’attendent qu’une chose : pouvoir rentrer et retrouver leurs familles.

À tous ces agents, le syndicat estime devoir trois choses. La transparence. L’honnêteté. Et des engagements concrets.

Pas des slogans.

C’est d’ailleurs là que le communiqué se fait plus mordant. L’organisation met en garde contre toute tentative de transformer ce dossier en outil de récupération syndicale, alors que les élections professionnelles approchent. Un avertissement qui sonne comme un rappel à l’ordre : quand il s’agit de la sécurité des personnels et du bon fonctionnement de la justice, la surenchère n’a pas sa place.

Responsabilité plutôt que démagogie. Le principe mériterait d’être partagé bien au-delà des rangs syndicaux.

Des exigences claires pour la suite

Le syndicat ne se contente pas de tempérer l’enthousiasme. Il fixe un cap.

Première exigence, et non des moindres : un minimum de 400 places en structures modulaires béton. Un chiffre précis, qui tranche avec les promesses vagues.

Deuxième point, le maintien des installations existantes pour accueillir des quartiers spécifiques.

Troisième revendication, enfin, une véritable priorité au retour des personnels originaires de Nouvelle-Calédonie. Un enjeu humain autant que professionnel, qui concerne directement l’attractivité et la stabilité des effectifs sur le territoire.

Pour y parvenir, l’UFAP UNSA Justice entend continuer à mobiliser les responsables politiques, à Nouméa comme à Paris. Locaux comme nationaux, tous sont attendus au tournant.

Le message final tient en peu de mots. L’avancée est encourageante, le syndicat la salue, mais elle ne doit pas faire baisser la garde. Le travail collectif doit se poursuivre, et pour l’organisation, le combat ne fait que commencer.

Désormais, les paroles doivent se traduire en actes.

Pas de promesses en l’air. Des objectifs clairs. Et, selon les mots du syndicat, un combat jusqu’au bout.

Dans un territoire qui a besoin d’ordre, de sécurité et d’un État présent, la construction d’un établissement pénitentiaire digne de ce nom n’est pas un luxe. C’est une nécessité. Reste à savoir si l’élan donné par l’amendement Metzdorf tiendra jusqu’au premier coup de pelle.

(Crédit photo : Ufap Unsa Justice Nouvelle-Calédonie)