Wadra Bay : « 6 milliards ? Faux ! »

Résumé IA
La SODIL, gestionnaire de l’hôtel Wadra Bay à Lifou, publie un droit de réponse après un reportage de NC la 1ère. La direction conteste la marque InterContinental, des dates de procédure et surtout le montant de la dette, qu’elle chiffre à 120 millions de francs CFP, contre près de 6 milliards annoncés. Elle se réserve le droit d’engager des actions.
Six milliards annoncés à l’antenne. Cent vingt millions selon la direction.
Mise en cause par un reportage de NC la 1ère, la SODIL publie un droit de réponse et conteste les faits avancés.
InterContinental, c’est fini : la direction veut lever toute ambiguïté
La réplique est sèche, et elle était attendue.
Dans un communiqué publié sous la forme d’un droit de réponse, la direction de la SAEM SODIL et de l’hôtel Wadra Bay dit avoir découvert « avec stupeur » le reportage diffusé par NC la 1ère. Selon elle, il contient des affirmations inexactes, des raccourcis trompeurs et des chiffres sans aucun lien avec la réalité. Elle estime donc devoir rétablir les faits, pour ses clients, ses partenaires, ses salariés et, plus largement, pour l’ensemble des Calédoniens.
Le texte avance point par point. Le ton est ferme.
Premier grief, et non des moindres : la marque. Le contrat qui liait l’établissement à InterContinental a pris fin le 31 décembre à minuit. La direction parle d’une rupture effective et définitive. Depuis cette date, la marque n’a plus aucune place à l’hôtel, que ce soit dans son exploitation, dans son enseigne ou dans ses services.
Pourtant, d’après le communiqué, le reportage continue de présenter l’hôtel sous cette référence, avec des images que la direction juge trompeuses.
Ce n’est pas qu’une affaire d’étiquette. Le communiqué rappelle que l’hôtel n’a plus le droit de communiquer sur une marque qui ne lui est plus rattachée. Il insiste surtout sur le préjudice pour la clientèle : une telle présentation sème la confusion sur la nature de l’établissement, sur la façon dont il est géré et sur les prestations que les clients peuvent attendre. Un client qui réserve en pensant s’adresser à une chaîne internationale a droit, écrit la direction, à une information loyale et exacte.
D’où cette mise au point, adressée aux clients calédoniens comme étrangers : l’hôtel Wadra Bay est entièrement géré par la SAEM SODIL, avec ses partenaires du GDPL, propriétaires fonciers du terrain sur lequel il est construit. La direction résume cet ancrage en trois mots : local, public et coutumier.
Calendrier judiciaire et plan de redressement : le récit contesté
Deuxième front : les dates.
Le communiqué vise directement M. Pantz. Selon la direction, il a laissé entendre que l’affaire avait été plaidée en juin 2026, ce qui donne l’impression que le tribunal de première instance a mis un temps anormalement long à statuer. La direction affirme que c’est faux : l’audience s’est tenue le 28 septembre 2026, et non en juin.
Plusieurs mois d’écart. Pour la SODIL, ce n’est pas un détail, car ce décalage suffit à faire passer un calendrier ordinaire pour une justice qui traîne. La direction soutient que le tribunal de première instance n’a pas fait preuve de la lenteur qu’on lui prête, et que la cour d’appel a rendu son délibéré dans un délai tout à fait raisonnable. Présenter cette procédure comme interminable revient, selon elle, à jeter le doute sur le fonctionnement de la justice. Cela fragilise aussi l’image de l’hôtel, en laissant croire à une situation bloquée qui, assure-t-elle, n’existe pas.
Il y a ensuite ce que le reportage aurait omis. La direction le juge pourtant décisif.
Le 30 juin 2026, le tribunal mixte de commerce de Nouméa et le contrôleur à la procédure se sont prononcés en faveur de la circularisation du plan de redressement, c’est-à-dire de sa transmission aux créanciers. Ils l’ont jugé réaliste et équilibré.
L’avis compte. Il vient des deux acteurs chargés de vérifier la sincérité et la viabilité d’un plan de redressement. Pour la direction, il prouve le sérieux du projet et sa volonté de préserver à la fois l’activité, l’emploi et les droits des créanciers. Passer cette étape sous silence, conclut-elle, donne au public une image incomplète de la situation de l’hôtel, et donc une image faussée.
Six milliards contre 120 millions : la bataille des chiffres
C’est le cœur de l’affaire.
Le reportage évoque une dette de près de 6 milliards de francs CFP. La direction répond que ce chiffre est totalement faux. Elle chiffre la dette réelle de l’établissement à 120 millions de francs CFP, soit un montant plus de quarante fois inférieur à celui annoncé.
Un tel écart ne peut pas, selon elle, passer pour une simple approximation. Il donne l’image d’une entreprise insolvable et sans avenir. Les clients s’inquiètent, les partenaires commerciaux et les fournisseurs prennent peur, la confiance des salariés vacille. La direction demande que ce chiffre soit rectifié et se dit prête à communiquer officiellement dans les prochains jours.
Le communiqué se termine sur un ton plus dur.
La direction relève une accumulation d’erreurs sur quatre points essentiels : la marque, le calendrier judiciaire, l’avis du tribunal et le montant de la dette. Toutes vont, souligne-t-elle, dans le même sens, celui d’une image dégradée de l’établissement. Elle s’interroge ouvertement sur la méthode et sur les intentions des auteurs du reportage, et nomme M. Pantz, L. Seranne et J. Guy Delmas. Ont-ils voulu informer les Calédoniens, demande-t-elle, ou au contraire les désinformer et nuire à l’activité de l’hôtel ?
La formule est rude. Elle s’accompagne d’un rappel : le droit à l’information est fondamental, mais il exige rigueur, vérification et équilibre des points de vue. La direction se réserve le droit d’engager toute action utile pour obtenir la rectification des informations diffusées.
Au-delà du cas de Wadra Bay, la question est simple. Quand un média du service public, financé par l’argent public, met en cause une société d’économie mixte, des emplois et des propriétaires coutumiers, on attend de lui le niveau d’exigence le plus élevé. La SODIL a présenté ses chiffres, ses dates et ses décisions de justice. C’est maintenant à NC la 1ère de répondre sur les faits.


(Crédit photo : Wadra Bay Hôtel, Lifou)


