135 fois Nouméa-Tahiti… à pied

Résumé IA
Près de 4 445 Calédoniens, répartis en 951 équipes, parcourent 624 784 kilomètres en quinze jours lors du CIPAC Challenge, soit l’équivalent de 135 trajets Nouméa-Tahiti. Sans subvention ni frais d’inscription, l’événement dépasse ses objectifs et soutient la cagnotte des Cagous pour les Jeux du Pacifique 2027.
Pas un franc de subvention, pas un franc d’inscription, et pourtant un record.
En quinze jours, 4 445 Calédoniens ont prouvé que l’effort collectif n’attend pas l’argent public.
Quinze jours pour faire mentir les statistiques
Le 19 octobre au soir, les compteurs se sont arrêtés sur un chiffre que personne n’osait viser : 624 784 kilomètres.
Mis bout à bout, ces kilomètres représentent 135 allers simples entre Nouméa et Tahiti. Les organisateurs en espéraient cent. Ils tablaient sur 460 000 km. Le résultat dépasse l’objectif de plus d’un tiers.
Derrière ce total, il n’y a ni champions ni professionnels. Il y a des comptables, des enseignants, des techniciens, des agents publics. Ils ont lacé leurs baskets avant le bureau, enfourché un vélo le week-end ou rallongé la promenade du soir.
Ils étaient 4 445, regroupés en 951 équipes et issus de 294 organisations du territoire. L’ambition de départ était fixée à 4 000 inscrits et 260 structures. Elle a été largement dépassée.
En 2022, la toute première édition réunissait 1 800 personnes. Quatre ans plus tard, elles sont près de deux fois et demie plus nombreuses. Peu d’initiatives locales peuvent afficher une telle courbe.
Un modèle qui ne coûte rien au contribuable
C’est sans doute l’aspect le plus remarquable de l’opération, et le moins commenté.
Le CIPAC Challenge ne reçoit aucune subvention. Les participants ne paient rien non plus. L’ensemble tient grâce à des partenaires privés, autour du Groupe CIPAC et des Cagous, avec l’appui du CTOS.
Au moment où les finances publiques calédoniennes traversent une passe difficile, le contraste est frappant. Pas de nouvelle ligne budgétaire, pas d’appel à la collectivité. Une idée, des entreprises qui s’engagent, et des milliers de volontaires.
Le fonctionnement est d’une simplicité désarmante. Des collègues forment une équipe de deux à cinq. Pendant deux semaines, ils marchent, courent ou pédalent, et une application mobile comptabilise leurs efforts.
Le règlement contient une subtilité qui change tout. Le classement ne mesure pas la taille des équipes, mais l’engagement moyen de chaque participant. Une PME motivée peut ainsi devancer un grand groupe. Le mérite compte, pas les effectifs.
Cette année, l’application a fait peau neuve. On y trouve des quiz, des défis photo, des missions quotidiennes et un fil d’échanges entre participants. Les récompenses se sont aussi étoffées, avec des objets collector.
La reconnaissance nationale était déjà venue en 2023. Le CNOSF avait alors décerné au dispositif le coup de cœur de ses Trophées Sentez-Vous Sport.
Des kilomètres pour nos athlètes, et des agents du Congrès sur le parcours
L’édition 2026 avait une ambition supplémentaire : chaque kilomètre servait une cause.
Les Cagous préparent les Jeux du Pacifique 2027, où ils défendront les couleurs de la Calédonie face aux nations de la région. Pour les soutenir, le Groupe CIPAC a abondé leur cagnotte à hauteur de 750 000 F. Une contribution directe, adossée à la sueur de milliers de participants.
Les plus performants méritent d’être salués.
Avec 41 153 points, l’équipe Suzannes Bolt, de la CSSR, s’impose. Naut’île, pour la Calédonienne des Eaux, échoue à quelques centaines de points avec 40 421 points. KMA, représentant le Fonds Social de l’Habitat, prend la troisième marche avec 38 854 points.
Quatre structures ont aussi été distinguées dans leur catégorie. Goasia l’emporte chez les entreprises. Le lycée Lapérouse est sacré chez les administrations, et l’UT CFE-CGC chez les associations. Le jury a réservé son coup de cœur à ALÉAtoutalure, l’équipe d’ALEA et confort du logis.
L’enjeu va bien au-delà du sport. Sédentarité, surpoids, diabète : le territoire paie lourdement le prix de l’inactivité.
Face à ce constat, le CIPAC Challenge ne promet pas de miracle. Il offre quelque chose de plus rare : une réponse concrète, gratuite pour ceux qui s’y engagent, et portée par ceux qui la vivent.
(Crédit photo : page Facebook "Virginie Ruffenach")


