L’année 2025 s’achève sur un constat contrasté pour la sécurité routière en Nouvelle-Calédonie. Le nombre de décès enregistrés sur les routes s’est stabilisé par rapport à 2024, avec 34 victimes, un chiffre inférieur à celui de 2023. Une évolution qui traduit des vies épargnées, mais qui ne permet pas encore de parler de basculement durable. La mortalité reste élevée, malgré une baisse structurelle du nombre d’accidents observée depuis plusieurs années.
Moins d’accidents, mais des chocs plus graves
Les données de long terme confirment une tendance de fond : les accidents sont aujourd’hui moins nombreux qu’auparavant et les taux d’accidentologie se rapprochent de ceux observés dans l’Hexagone. En revanche, les collisions sont plus violentes et entraînent davantage de décès. Cette gravité accrue s’explique par des facteurs bien identifiés, notamment les comportements à risque persistants. Les accidents mortels ne concernent pas uniquement les jeunes conducteurs : les personnes en âge actif demeurent fortement représentées, en particulier dans les zones rurales et de brousse.
Circulation réduite et présence policière accrue
Le contexte de 2025 diffère sensiblement de celui des années précédentes. La circulation est globalement moins dense, notamment à l’intérieur du territoire, en lien avec la situation économique et les difficultés de déplacement rencontrées par une partie de la population. Parallèlement, la présence renforcée des forces de l’ordre sur les routes a contribué à modifier les comportements. Le contrôle visible et régulier constitue un levier reconnu d’amélioration de la sécurité routière.
Alcool, cannabis et ceinture : les mêmes causes, les mêmes drames
Les causes principales des accidents graves restent inchangées. La consommation d’alcool et de cannabis continue de jouer un rôle central dans de nombreux drames. À cela s’ajoute le non-port de la ceinture de sécurité, encore trop fréquent. Malgré vingt années d’obligation réglementaire à l’avant comme à l’arrière des véhicules, ce geste de protection n’est pas encore un réflexe partagé par tous. Les trajets courts restent particulièrement concernés par ce relâchement, alors même qu’ils concentrent une part significative des accidents mortels.
Sensibiliser autrement pour toucher les jeunes
Face à ces constats, l’Association Prévention routière adapte ses méthodes. Les actions de sensibilisation se poursuivent dans les écoles, avec une approche davantage ludique et pédagogique. L’association développe notamment un jeu de société éducatif, conçu en lien avec le vice-rectorat, afin de compléter les programmes scolaires et favoriser l’appropriation des messages par les plus jeunes. Cette stratégie repose sur l’humour, le jeu et des supports adaptés, plutôt que sur des campagnes choc.
Des moyens matériels renforcés malgré des finances sous tension
Sur le plan opérationnel, l’association poursuit ses investissements, avec l’acquisition d’un nouveau simulateur de choc frontal destiné à renforcer les actions de prévention, y compris en province Nord. Les modalités d’intervention évoluent également, avec davantage de déplacements vers les établissements scolaires, afin de s’adapter aux contraintes de transport actuelles. En parallèle, un projet de reconstruction des locaux a été engagé, avec le soutien de la province Sud dans le cadre du budget participatif.
Une coordination institutionnelle encore insuffisante
Malgré ces initiatives, la prévention routière reste confrontée à des difficultés structurelles. Le manque de soutien financier direct et l’insuffisante coordination des actions au niveau gouvernemental limitent l’impact global des dispositifs existants. Si certaines collectivités et le Haut-Commissariat apportent un appui ponctuel, l’absence d’une stratégie pleinement concertée demeure un frein identifié à l’efficacité des politiques de prévention.
Un enjeu durable de sécurité publique
La stabilisation observée en 2025 constitue un signal encourageant, mais insuffisant. La sécurité routière reste un enjeu majeur de santé et de sécurité publiques en Nouvelle-Calédonie. La poursuite des efforts de prévention, l’adaptation des messages aux nouveaux usages et un engagement renforcé des pouvoirs publics apparaissent indispensables pour transformer cette stabilisation fragile en véritable recul durable de la mortalité sur les routes.


















