Alors que le débat public calédonien se crispe souvent sur des postures idéologiques, certaines politiques avancent loin du bruit médiatique.
Le lancement des travaux sur le statut d’entreprise adaptée s’inscrit dans cette dynamique pragmatique, centrée sur l’emploi et la responsabilité collective.
Une réunion fondatrice pour corriger les limites des dispositifs existants
Le lundi 5 janvier 2026 marque une étape institutionnelle importante avec le lancement officiel des travaux relatifs à la mise en œuvre du statut d’entreprise adaptée en Nouvelle-Calédonie.
Autour de la table, les principales directions administratives concernées par l’emploi, le social et l’économie ont été réunies pour une première séance de travail structurante.
Cette rencontre n’avait rien d’un simple affichage politique. Elle répond à un constat largement partagé sur le terrain : les dispositifs actuels d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap montrent leurs limites, tant en termes d’efficacité économique que de sécurisation des parcours.
L’objectif affiché est clair : sortir d’une logique d’assistanat pour bâtir un modèle plus réaliste, plus exigeant, mais aussi plus durable, capable de concilier activité économique réelle et utilité sociale mesurable.
L’entreprise adaptée, un modèle économique avant d’être social
Contrairement à certaines idées reçues, l’entreprise adaptée ne repose pas sur une logique de subvention permanente.
Elle s’appuie sur un principe simple : produire, vendre, créer de la valeur, tout en adaptant l’organisation du travail aux capacités des salariés concernés.
Ce modèle, déjà éprouvé dans l’Hexagone, permet :
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la création d’emplois durables pour des personnes durablement éloignées du marché du travail ;
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la reconnaissance des compétences professionnelles, et non du statut ;
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un rôle de passerelle vers l’emploi ordinaire, lorsque cela est possible.
Les échanges ont permis d’identifier précisément les enjeux juridiques, économiques et sociaux, notamment en matière de gouvernance, de financement et d’articulation avec le tissu économique local.
L’enjeu est de bâtir un cadre compatible avec les réalités calédoniennes, sans copier mécaniquement des modèles extérieurs inadaptés.
Une politique du handicap centrée sur le travail et la responsabilité
Sans effets d’annonce excessifs, cette démarche s’inscrit dans une vision assumée : l’inclusion passe par le travail, non par la victimisation permanente.
L’accès à l’emploi reste le socle le plus solide de l’autonomie, de la dignité et de l’intégration sociale.
Les travaux engagés doivent désormais aboutir à une phase d’expérimentation, préalable indispensable avant toute généralisation du dispositif. Cette méthode progressive vise à éviter les écueils bien connus des réformes précipitées, coûteuses et inefficaces.
Dans un contexte économique tendu, où chaque francs public doit être justifié, le choix d’un modèle économiquement viable témoigne d’une approche responsable.
Il ne s’agit pas d’opposer solidarité et performance, mais de les articuler intelligemment, au service de l’intérêt général.
Le lancement des travaux sur le statut d’entreprise adaptée constitue un signal discret mais fort : celui d’une politique publique qui privilégie l’action concrète, la responsabilité économique et la valeur travail.
Un chantier à suivre, non pour ce qu’il promet, mais pour ce qu’il produira réellement sur le terrain.

















