La Nouvelle-Calédonie ne peut plus attendre. Invitée de la matinale de franceinfo le 7 janvier 2026, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a rappelé avec fermeté que l’absence de budget national pénalise directement les territoires ultramarins, et en particulier le Caillou. À quelques jours d’une nouvelle réunion politique à Paris, le message est clair : sans budget, aucune refondation durable n’est possible.
Un budget indispensable pour sortir la Nouvelle-Calédonie de l’attentisme
Pour la ministre, la situation budgétaire actuelle n’est pas tenable. L’échec de l’adoption du projet de loi de finances 2026 avant la fin de l’année 2025, remplacé par une loi spéciale minimaliste, a plongé les territoires d’Outre-mer dans une forme d’incertitude prolongée. La Nouvelle-Calédonie est directement concernée.
Naïma Moutchou l’a rappelé sans détour : les Outre-mer ont besoin urgemment d’un budget pour pouvoir déployer les projets et avancer. Derrière cette déclaration, un constat partagé par de nombreux acteurs locaux : sans visibilité financière, l’action publique reste figée, les investissements sont retardés et la reconstruction post-crise s’enlise.
Alors que l’Assemblée nationale doit reprendre les discussions budgétaires, la ministre n’exclut aucun levier institutionnel, y compris le recours au 49.3 ou à des ordonnances, si le dialogue parlementaire n’aboutit pas. Une position assumée, au nom de l’urgence et de la responsabilité.
Bougival présenté comme un point d’appui, pas comme un aboutissement
Au-delà de la question budgétaire, la ministre des Outre-mer a longuement évoqué l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, à l’approche de la réunion prévue le 16 janvier à Paris. Dans un contexte politique toujours fragile, elle a insisté sur la nécessité de maintenir le dialogue entre les forces politiques, même lorsque les désaccords sont profonds.
L’accord de Bougival a ainsi été qualifié d’« accord important » et de « socle de travail ». Un choix de mots qui tranche avec les tentatives de disqualification totale portées par certains responsables indépendantistes. Pour la ministre, ce texte ouvre des perspectives qui ne peuvent pas être balayées d’un revers de main, même s’il ne règle pas tout.
Cette approche pragmatique vise à remettre Bougival au centre du jeu politique, non comme un texte figé, mais comme une base de discussion permettant d’éviter l’impasse institutionnelle.
Dialogue ouvert, mais ligne de responsabilité clairement tracée
Face aux critiques dénonçant une consultation jugée « improvisée », Naïma Moutchou a tenu à envoyer un signal politique clair : la porte du dialogue reste ouverte, y compris aux indépendantistes. Ces derniers seront reçus par le président de la République le 16 janvier et pourront exposer, sans tabou, les points qu’ils jugent insuffisamment solides dans le cadre de Bougival.
Mais derrière cette ouverture affichée, la ligne gouvernementale reste constante : le débat doit se tenir dans un cadre structuré, responsable et orienté vers la stabilité. Pas question de remettre en cause le principe même d’un socle de discussion, ni de replonger la Nouvelle-Calédonie dans une période d’incertitude prolongée.
À travers cette prise de parole, la ministre des Outre-mer fixe donc un cap : un budget voté rapidement, un dialogue politique maintenu, et Bougival comme point d’ancrage pour construire la suite. Un message qui s’adresse autant aux responsables politiques qu’aux Calédoniens, lassés de l’attente et des blocages à répétition.

















