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Compte à rebours à Paris

31 août 2026 à 16:00
5 min de lecture
Compte à rebours à Paris

Résumé IA

Une délégation transpartisane calédonienne menée par Virginie Ruffenach, présidente du Congrès, est à Paris pour obtenir des aides financières de l’État afin de boucler 2026 et préparer 2027. Au programme : rencontres avec des ministres, le président du Sénat et Matignon, autour de la quatrième tranche du PGE, des retraites et de la reprise du nickel.

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Paris, fin août. Un agenda serré, une délégation calédonienne au complet, et une seule question qui traverse chaque rendez-vous : l'État tiendra-t-il son rang ?
La Nouvelle-Calédonie ne vient pas quémander. Elle vient chercher les moyens de se relever, et le calendrier ne laisse plus place aux atermoiements.

Une présidente du Congrès qui ouvre les portes avant l'heure

Elle n'a pas attendu le coup d'envoi officiel. Sur sa page Facebook, Virginie Ruffenach, présidente du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, a livré un point d'étape de son déplacement parisien. Le mot qu'elle emploie dit tout du travail entrepris : sensibiliser, encore et toujours, à la situation du territoire.

Première étape, l'Assemblée nationale. Face à Yaël Braun-Pivet, la présidente du Congrès a posé la question qui commande toutes les autres : la situation financière de la Nouvelle-Calédonie. Mais elle y a ajouté un point moins spectaculaire et pourtant décisif, l'extension possible de certaines dispositions nationales au territoire, afin de doter enfin la Calédonie d'une véritable évaluation de ses politiques publiques. Autrement dit : savoir ce que produit l'argent public avant d'en réclamer davantage. C'est une exigence de sérieux, et elle vient des élus calédoniens eux-mêmes.

Deuxième rendez-vous, deuxième registre. Avec le député européen François-Xavier Bellamy, qui suit le dossier de près, la conversation a porté sur le nickel. Ruffenach le formule sans détour : la reprise de ce seul secteur permettrait un véritable redressement de la Calédonie. Voilà qui remet les choses à l'endroit. Le territoire n'a pas d'abord un problème de subventions, il a un problème de production. L'usine qui tourne vaut mieux que le virement qui compense.

Reste que la trésorerie, elle, n'attend pas. Avec Arthur Delaporte, député et porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, la présidente du Congrès a plaidé la nécessité d'un budget pour la France et pour la Nouvelle-Calédonie, dans une séquence où les fonds de l'État sont indispensables pour sortir du marasme. Trois interlocuteurs, trois sensibilités politiques éloignées, un même message. C'est précisément ce que doit être une diplomatie institutionnelle qui fonctionne.

Vingt milliards, cinquante milliards : les chiffres d'une urgence

Dès ce lundi, l'élue à la tête de l'institution du boulevard Vauban entre dans le vif du sujet, entourée des huit autres personnalités politiques qui composent la mission transpartisane. L'objectif du déplacement tient en une phrase : obtenir l'aide financière de l'État pour terminer l'année 2026 et préparer le budget 2027.

Trois dossiers, trois murs à franchir.

Le premier porte sur la quatrième tranche du PGE, le prêt garanti par l'État, et surtout sur les conditions attachées au versement de cette nouvelle somme, quelque 20 milliards. Car un prêt garanti n'est pas un chèque : il s'accompagne d'exigences, et la délégation devra en discuter le contenu comme le calendrier.

Le deuxième relève de la survie budgétaire immédiate. La Nouvelle-Calédonie a besoin d'un apport supplémentaire pour boucler 2026 et engager 2027, notamment pour financer les retraites. Derrière ce mot technique, il y a des pensions versées à des Calédoniens qui ont travaillé toute leur vie. On mesure ce que représenterait un défaut.

Le troisième dossier engage l'avenir. Il s'agit de discuter de l'aide de l'État dans la loi de finances 2027, avec un besoin estimé entre 50 et 60 milliards pour équilibrer le budget calédonien de l'année prochaine. Le chiffre est vertigineux. Il dit l'ampleur de la casse, et il dit aussi pourquoi la reprise du nickel évoquée avec Bellamy n'est pas un sujet parmi d'autres, mais la seule porte de sortie durable.

Un agenda parisien qui ne laisse aucune place à l'esquive

La composition de la délégation mérite qu'on s'y arrête, parce qu'elle est en soi un message. Pour le gouvernement, on retrouve le président Milakulo Tukumuli, Christopher Gygès, en charge de l'économie, et Billy Forest, en charge du secteur coutumier. Le Congrès est représenté par sa présidente Virginie Ruffenach, par la présidente de la province Sud Sonia Backès et par Xavier Rossard, élu du Rassemblement. Trois parlementaires complètent l'équipe : les députés Nicolas Metzdorf et Emmanuel Tjibaou, ainsi que le sénateur Georges Naturel.

Des sensibilités qui, sur le terrain calédonien, s'affrontent régulièrement. À Paris, elles parlent d'une même voix. C'est rare. C'est aussi la condition pour être entendu.

Le programme, lui, monte en puissance heure après heure. Rendez-vous demain à 12 heures avec le président du Sénat Gérard Larcher et les présidents de groupes. Les élus calédoniens enchaîneront en fin d'après-midi avec David Amiel, ministre de l'Action et des comptes publics. Mercredi matin, cap sur Matignon, pour un entretien avec le Premier ministre Sébastien Lecornu, avant de rejoindre l'Assemblée nationale pour un échange avec la présidente Yaël Braun-Pivet et les présidents de groupe, jeudi. Enfin, un déjeuner avec la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.

En marge de ces rendez-vous, d'autres entretiens sont prévus, plus techniques pour certains, franchement politiques pour d'autres. C'est souvent là, hors des ors républicains, que se débloquent les dossiers.

Une chose est sûre : la Nouvelle-Calédonie n'ira pas à Paris en position de plaignante. Elle y va avec des comptes, des besoins chiffrés et une exigence de responsabilité partagée. Faire entendre la voix de la Nouvelle-Calédonie et rappeler l'urgence de la situation : la présidente du Congrès a fixé le cap. Il reste à l'État à répondre.

(Crédit photo : page Facebook officielle "Virginie Ruffenach")