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Carburant en baisse, électricité au point mort

15 septembre 2026 à 16:00
5 min de lecture
Carburant en baisse, électricité au point mort

Résumé IA

L’Institut de la statistique de Nouvelle-Calédonie publie ce mardi 15 septembre son indice des prix pour août 2026. Les prix baissent de 0,3 % sur un mois, grâce au gazole qui s’effondre de 17,2 % et à l’essence qui perd 5,9 %. L’électricité reste stable, tandis que l’énergie progresse de 8,3 % depuis janvier.

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Le gazole a perdu 17,2 % en un mois. L'essence, 5,9 %. Mais derrière ce répit à la pompe, la facture calédonienne reste lourde.

Les carburants font tout le travail

L'Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie a publié ce mardi 15 septembre son indice des prix à la consommation pour le mois d'août 2026.

Verdict : les prix diminuent de 0,3 % sur un mois, après une stabilité en juillet. Sur les douze derniers mois, ils augmentent encore de 0,5 %. L'indice général s'établit à 108,11 points, base 100 en décembre 2021.

L'essentiel du mouvement tient à un seul poste. L'énergie recule de 4,6 %, après -1,2 % le mois précédent. Le gazole s'effondre de 17,2 %, l'essence de 5,9 %. À la pompe, le litre tombe à 179,8 francs pour l'essence et 170,6 francs pour le gazole. Le charbon suit timidement (-0,9 %).

Le reste du tableau énergétique est moins flatteur.

Le gaz augmente de 5,1 %. L'électricité, elle, ne bouge pas d'un franc. Ce que le consommateur calédonien gagne ce mois-ci, il le doit donc aux cours mondiaux du pétrole et au taux de change pas à une décision prise ici.

Et le répit reste modeste à l'échelle de l'année. Depuis le 1er janvier, les prix de l'énergie ont grimpé de 8,3 %. Sur douze mois, de 12,3 %. Un mois de baisse ne répare pas une année de hausse.

L'alimentation cède du terrain, les services reprennent la main

Deuxième mois consécutif de recul pour l'alimentation : -0,2 %.

Les légumes tirent le mouvement (-1,9 %), grâce à une offre locale plus abondante en tomate et en chou vert. Suivent les produits sucrés (-1,2 %), tirés par le chocolat et les confiseries, les huiles et graisses (-0,9 %), le poisson (-0,5 %), les produits laitiers (-0,3 %) et les pains et céréales (-0,2 %).

Tout ne descend pas pour autant. Les fruits progressent de 1,5 % ananas, banane, pomme, orange, poire. La viande gagne 0,2 %, sous l'effet du porc et du poulet. Les boissons non alcoolisées prennent 0,4 %, essentiellement les gazeuses. Côté alcools, la hausse de l'alcool fort (+1,0 %) et du vin (+0,2 %) est effacée par le repli de la bière (-0,5 %).

Sur un an, l'alimentation recule de 1,4 %. C'est la seule vraie bonne nouvelle de cette publication.

Face à cela, les services accélèrent : +0,8 % après +0,2 % en juillet. Le moteur est identifié : le transport aérien international de voyageurs bondit de 9,4 %, effet mécanique de la haute saison. La restauration suit de loin, avec +0,1 % dans les restaurants et +0,3 % dans les cantines, notamment pour les services de gamelle. Dans l'autre sens, l'hébergement perd 0,2 %, les nuitées d'hôtel et les spectacles 0,1 %, tirés par les places de théâtre.

Les produits manufacturés affichent une stabilité parfaite (0,0 %) qui masque des écarts considérables.

À la hausse : vêtements +1,8 %, gros outillage et matériel électrique +2,3 % tronçonneuses et taille-haies, hygiène corporelle +0,6 %, voitures +0,2 % sous l'influence des véhicules neufs et des pick-up.

À la baisse : appareils audiovisuels -6,0 %, meubles -1,2 %, verrerie et ustensiles de ménage -1,0 %, plantes et fleurs -2,6 %. Sur douze mois, les produits manufacturés reculent de 2,8 %.

Les prix du tabac, eux, n'ont pas varié.

Les ménages modestes, encore les derniers servis

C'est le chiffre que l'on retiendra. Pour les 20 % de ménages les plus modestes, l'indice ne recule que de 0,1 %, contre 0,3 % pour l'ensemble des Calédoniens.

L'explication est arithmétique, pas idéologique. Leur énergie ne baisse que de 2,6 %, contre 4,6 % pour la moyenne, parce que leur budget énergétique pèse d'abord sur le logement, 2 790 points de pondération contre 1 697 pour l'ensemble des ménages. Or c'est précisément là que rien n'a bougé : l'électricité est restée stable, le gaz a augmenté.

Le carburant baisse. Le logement, non.

Le reste du panier modeste se stabilise : alimentation et tabac à 0,0 %, produits manufacturés à +0,1 %, services à +0,6 %. Sur un an, ces ménages voient les prix progresser de 0,5 %, comme tout le monde. Mais leurs postes contraints s'envolent : restaurants et hôtels +3,1 % sur douze mois, contre +1,4 % pour l'ensemble, et transport +8,9 % depuis le début de l'année, contre +6,3 %.

Voilà le vrai enseignement de cette publication, et il ne se règle pas par une motion au Congrès.

La désinflation d'août n'est pas un succès local. Elle est importée, volatile et réversible, suspendue à un baril que personne ici ne pilote. Les postes où la décision publique compte vraiment, électricité, gaz, transport, logement, sont restés stables ou ont progressé. Le pouvoir d'achat calédonien ne se défendra donc pas à coups de communiqués, mais sur le terrain de la concurrence réelle, du coût des intrants et de la fiscalité qui s'empile sur chaque produit débarqué au port.

Le reste relève du commentaire.

(Crédit photo : Aircalin)