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Du bateau à l'étal : ils ont tout appris

26 septembre 2026 à 11:00
4 min de lecture
Du bateau à l'étal : ils ont tout appris

Résumé IA

Dans le Nord calédonien, sept stagiaires suivent une formation de cinq jours sur le traitement et le conditionnement des produits de la mer, organisée par la CAP-NC au CFPPA de Pwëbuu, avec la participation du poissonnier Axel Ben Larbi.

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Ici, pas de grand discours sur l'emploi. Sept stagiaires, un formateur, un poissonnier qui ouvre ses portes, et cinq jours pour apprendre un métier.

Dans le Nord calédonien, la valeur d'un poisson se joue désormais aussi sur l'étal, et plus seulement en mer.

Une filière qui compte, un territoire qui forme

Plus de 200 pêcheurs sont enregistrés en province Nord. Ce n'est pas un détail statistique, c'est une réalité économique.

Derrière ce chiffre, il y a des femmes et des hommes qui vivent de la mer, souvent loin des centres de décision. Les accompagner relève de l'évidence.

Le Pôle Formation de la province Nord s'est donné une mission claire : aider chacun à développer ses compétences pour accéder à l'emploi et répondre aux besoins concrets du territoire. Pas d'incantation, des outils.

C'est dans cette logique qu'une formation consacrée au traitement et au conditionnement des produits de la mer a été organisée pendant cinq jours. Poissons, crustacés, coquillages : tout y est passé.

La session était dispensée par la Chambre de l'Agriculture et de la Pêche de Nouvelle-Calédonie (CAP-NC), au Centre de Formation et de Promotion Agricole de Pwëbuu (CFPPA). Objectif affiché : consolider les connaissances des stagiaires, en théorie comme en pratique.

Du savoir, oui. Mais surtout du geste.

Place à la pratique, dans une vraie poissonnerie

La théorie ne remplit pas un étal. Les sept stagiaires l'ont compris en quittant la salle pour la poissonnerie de Pwëbuu.

Autour d'eux, une équipe au complet. Leur formateur Laurent Bastin. L'équipe de la CAP-NC, avec Valérie Hanne, responsable du service Formation, et Cecilia Ghesquière, animatrice pêche. Emile Nechero, référent formation de la province Nord.

Et surtout un hôte : Axel Ben Larbi, gérant de la poissonnerie, qui a ouvert ses portes et partagé son savoir-faire sans compter.

Sur place, les stagiaires ont travaillé la maîtrise du traitement et du conditionnement des produits. Ils ont appris l'exigence de la chaîne du froid, qui ne tolère aucune approximation. Ils ont intégré le principe de la marche en avant, ce fil sanitaire qui relie la mer à l'assiette sans jamais revenir en arrière.

Rien de spectaculaire. Tout d'essentiel.

Puis le professionnel a livré un conseil que beaucoup de pêcheurs gagneraient à méditer : « Un poisson transformé peut rapporter davantage que lorsqu'il est vendu entier. »

Une phrase simple. Une leçon d'économie réelle. La valeur ajoutée ne tombe pas du ciel : elle se crée, au couteau, avec de la rigueur.

Courage, volonté, ténacité : la leçon d'un entrepreneur

Axel Ben Larbi ne s'est pas contenté de montrer des gestes. Il a raconté son parcours.

Les étapes, les difficultés, la création de son entreprise. Et trois mots, martelés devant les stagiaires : courage, volonté, ténacité.

Voilà un discours qu'on entend trop peu. Pas de plainte, pas d'attente passive. Un homme qui a bâti quelque chose et qui dit à d'autres qu'ils peuvent en faire autant, à condition de s'en donner les moyens.

Il est allé plus loin, en invitant les stagiaires à venir échanger avec lui. Sa formule résume l'état d'esprit :

Je n'ai rien à cacher et tout à donner !

La transmission, la vraie. D'un professionnel à ceux qui veulent le devenir.

La plupart des stagiaires détiennent déjà la carte de pêche. Ils repartent désormais avec des compétences nouvelles, directement mobilisables dans leurs futurs projets professionnels.

Le dernier jour, au CFPPA, a été consacré aux échanges. Permis de navigation, navigation, sécurité en mer. Et une piste qui mérite l'attention : les perspectives offertes par la création d'une coopérative.

S'organiser, mutualiser, produire mieux. Ce n'est pas de l'idéologie, c'est du bon sens.

La mer nourrit le Nord depuis toujours. Former ceux qui en vivent à mieux la valoriser, c'est miser sur le travail, l'initiative et la fierté du métier. Une politique qui a le mérite de parler aux gens qui se lèvent tôt.

(Crédit photo : Province Nord)