Le Froid revient de loin. Après l’incendie criminel de 2024 et dix-huit mois d’accusations, de doutes et de critiques politiciennes, beaucoup pensaient que l’entreprise ne se relèverait jamais. Pourtant, elle fait aujourd’hui exactement l’inverse : elle reconstruit, elle investit, elle relance une industrie indispensable au territoire. Dans une Nouvelle-Calédonie fragilisée, cette décision n’est pas seulement économique : c’est un acte de résistance.
Le choix de Païta : une stratégie cohérente et tournée vers l’avenir
La direction a choisi, le 18 novembre 2025, de reconstruire l’usine à Païta, sur la zone ZIPAD où Le Froid dispose déjà de foncier. Ce déplacement n’est pas un renoncement à Montravel mais une décision pragmatique. Le PUD de Nouméa n’autorise plus une installation de cette ampleur dans ce quartier, et les exigences de sécurité industrielle imposent un site plus adapté. Païta offre cet espace, avec la possibilité de bâtir une usine plus moderne, plus sûre et mieux dimensionnée pour le marché actuel.
Le chantier, estimé à 9 milliards CFP, créera 130 emplois directs pendant la construction. Une fois l’usine opérationnelle, ce sont entre 200 et 250 emplois directs et indirects qui devraient être pérennisés. Dans un territoire où les emplois industriels se comptent comme de l’or, cette décision est une bouffée d’oxygène.
Le Froid après 2024 : tenir pour éviter la rupture du territoire
L’incendie du 13 mai 2024 a été un choc majeur pour l’entreprise et pour la Nouvelle-Calédonie. L’outil industriel a été détruit à 80 %, les emplois se sont effondrés dans les mêmes proportions, et une chaîne de distribution entière a failli basculer. Face à cette catastrophe, Le Froid a choisi de ne pas laisser le territoire sans produits : importations accélérées, réorganisation logistique massive, maintien des marques sous licence comme Coca-Cola.
Les aides fiscales accordées étaient temporaires et visaient une seule chose : empêcher une pénurie dans un moment où l’économie calédonienne vivait un chaos sans précédent. L’assurance n’ayant couvert que 15 % des pertes, soit un déficit réel de 2,3 milliards CFP, l’entreprise a dû absorber seule une crise que peu auraient survécu. Cette résilience mérite d’être soulignée.
Une entreprise qui assume, qui explique et qui reconstruit
L’audition prévue au Congrès n’est pas un obstacle pour Le Froid. C’est l’opportunité d’exposer en détail ce qui a été fait, pourquoi cela l’a été et comment l’entreprise compte avancer. Les questions sur la fiscalité et les marges font partie du jeu démocratique, mais la reconstruction montre surtout que Le Froid veut s’inscrire durablement dans le territoire, et non profiter d’une situation temporaire.
Le projet de Païta traduit une volonté claire : repartir sur une base saine, adaptée, solide. Une usine plus raisonnée, mais pleinement alignée avec les besoins du marché calédonien. C’est une stratégie de long terme, pas un coup de communication.
En décidant de reconstruire, Le Froid envoie un message fort : malgré les émeutes, malgré la destruction, malgré les polémiques, une entreprise calédonienne peut faire face, se relever et réinvestir dans l’économie du pays. La renaissance de Païta n’est pas seulement le retour d’une usine : c’est la reconstruction d’un symbole industriel, d’emplois, de savoir-faire et de confiance.
La vraie bataille commence maintenant, mais une chose est sûre : Le Froid a choisi d’avancer. Et dans la situation actuelle, c’est exactement ce dont la Nouvelle-Calédonie a besoin.


















