Deux semaines avant un rendez-vous décisif à l’Élysée, le dossier calédonien revient au cœur de l’agenda national.
À Paris comme à Nouméa, l’Assemblée nationale entend reprendre la main, loin des postures et des blocages idéologiques.
Une délégation parlementaire au chevet d’un territoire stratégique
Depuis ce lundi 5 janvier 2026, une délégation de députés du groupe Ensemble pour la République a entamé une visite officielle de cinq jours en Nouvelle-Calédonie. Un déplacement à forte portée politique, organisé à moins de deux semaines de la reprise des discussions institutionnelles prévues le 16 janvier à l’Élysée.
Dès leur arrivée, les parlementaires ont souhaité marquer symboliquement leur présence par un dépôt de gerbe à la croix de Lorraine, lieu chargé de mémoire républicaine. La cérémonie s’est déroulée en présence de la maire de Nouméa, Sonia Lagarde, soulignant l’ancrage local de cette séquence.
Pour Jean Terlier, membre de la délégation, l’objectif est clair : mieux connaître le terrain pour mieux défendre, demain, un projet d’accord devant l’Assemblée nationale. Une méthode assumée, à rebours des discours déconnectés et des lectures idéologiques souvent plaquées depuis Paris.
Cette visite intervient dans un contexte où le poids du Parlement est redevenu central. Report des élections, projet de consultation citoyenne, arbitrages institutionnels : les votes des députés ont fait basculer plusieurs décisions clés, alors même que le camp présidentiel peine parfois à dégager des majorités solides.
Une semaine rythmée par l’économie, la sécurité et la reconstruction
À l’initiative du député Nicolas Metzdorf, le programme du déplacement a été construit autour des réalités concrètes du territoire. Après une première séquence au Sénat coutumier, où les députés ont échangé près d’une heure avec le porte-parole Elvys Gourou, la délégation a enchaîné les rencontres institutionnelles.
Un déjeuner de travail avec Sonia Backes a permis d’aborder sans détour les enjeux économiques, sociaux et sécuritaires. Les députés ont également rencontré l’association Un cœur, une voix, avant d’échanger avec les groupes politiques, puis avec le bureau du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, instance clé du jeu institutionnel local.
Ce mardi 6 janvier sera consacré aux acteurs économiques et sanitaires. Rencontre avec les responsables du Médipôle, visite de l’unité médico-judiciaire de proximité, notamment dédiée aux victimes de violences conjugales, puis déplacement à Dumbéa, à Kenu In, pour évoquer la reconstruction post-émeutes. La journée s’achèvera par une rencontre citoyenne au Mont-Dore, assumant un dialogue direct avec la population.
Brousse, industrie et institutions : une immersion sans filtre
Le mercredi 7 janvier, direction la Brousse. À Boulouparis, les députés visiteront une exploitation agricole afin d’aborder l’élevage et la sécheresse, deux sujets structurants pour l’économie réelle. Après un déjeuner broussard, cap sur Païta pour un échange avec le Comité territorial olympique et sportif, à un an des Jeux du Pacifique de Tahiti.
De retour à Nouméa, la délégation s’entretiendra avec le président du gouvernement, Alcide Ponga, puis avec le haut-commissaire Jacques Billant, rappelant le rôle central de l’État dans la stabilité institutionnelle.
Le jeudi 8 janvier, place à l’industrie et à la sécurité. Visite de l’usine SLN de Doniambo, symbole des enjeux miniers et industriels, déjeuner avec Sonia Lagarde, découverte de la nouvelle usine Biscochoc à Nouville, puis passage au Camp-Est, sans détour ni angélisme. La journée se conclura par un dîner avec des entrepreneurs, au cœur des préoccupations de relance économique.
Enfin, le vendredi 9 janvier, la délégation prendra la mer pour une sortie dans le lagon, consacrée à la biodiversité et à l’environnement, avant une conférence de presse finale à Nouméa.
Ce déplacement intervient dix jours avant la reprise des discussions politiques à Paris, prévues à partir du 16 janvier à l’Élysée, sous l’autorité du président Emmanuel Macron. Au cœur des échanges : le devenir de l’accord de Bougival, rejeté par le FLNKS et fragilisé par plusieurs mois de tensions politiques.
L’exécutif entend poursuivre le dialogue et clarifier les termes de l’accord, mais sans renoncer à l’exigence de stabilité, de responsabilité et de respect du cadre républicain. À l’issue de leur visite, les députés ont annoncé la rédaction d’un rapport parlementaire, destiné à éclairer les prochains débats législatifs.
Un signal clair : le temps des postures cède la place au temps du terrain, et la Nouvelle-Calédonie redevient pleinement un sujet de souveraineté nationale assumée.
(Crédit photo : province Sud)


















