La scène a choqué bien au-delà de la commune de Poya.
Une vidéo d’accident, relayée massivement sur les réseaux sociaux au tout début de l’année 2026, a mis en lumière une réalité trop souvent minimisée : les rodéos sauvages constituent une menace directe pour la sécurité publique.
Un accident à Poya qui révèle une dérive bien connue
Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, des dérapages incontrôlés se transforment en un accident grave sur une route ouverte à la circulation, à Poya. Une jeune femme de 19 ans, blessée à la tête, est prise en charge par les secours et transportée à l’hôpital.
Les images, largement partagées, ne laissent aucune place au doute : perte de contrôle, vitesse excessive, mépris total des règles élémentaires de prudence.
Ce jeudi 8 janvier, la procureure adjointe Hélène Gaudet a confirmé, dans un communiqué officiel, le déferrement du conducteur devant le parquet. Âgé de 28 ans, l’individu n’était pas un inconnu pour la justice : il avait déjà été mis en cause pour des délits routiers commis entre 2018 et 2019.
Il comparaîtra le 6 mai 2026 devant le tribunal correctionnel, notamment pour blessures involontaires aggravées par une violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité, ainsi que pour la violation d’un arrêté provincial.
Ce dossier rappelle une évidence trop souvent oubliée : la récidive routière n’est jamais le fruit du hasard, mais celui d’un laxisme individuel et d’un refus persistant des règles communes.
Des rodéos qui se multiplient, des victimes toujours plus jeunes
L’accident de Poya n’est malheureusement pas un cas isolé.
Le mercredi 7 janvier 2026, à Païta, un autre rodéo sauvage tourne mal. Un conducteur de 17 ans, sans permis, est grièvement blessé après une sortie de route. Selon les pompiers intervenus sur place, l’accident est directement lié à une course sauvage organisée sur une voie ouverte à la circulation.
Ces faits illustrent une dérive préoccupante : des mineurs exposés à des pratiques illégales, encouragés par une culture de l’impunité et de la mise en scène sur les réseaux sociaux.
Derrière le spectaculaire, il y a une réalité brutale : chaque rodéo est une prise de risque mortelle, pour le conducteur comme pour les autres usagers.
Refuser de nommer cette réalité, c’est accepter que la route devienne un espace anarchique où la loi recule. La Nouvelle-Calédonie n’a pas vocation à tolérer ce basculement.
L’État rappelle la loi et assume une fermeté nécessaire
Face à la recrudescence des signalements, le Haut-commissariat de la République a tenu à rappeler un principe clair : les rodéos routiers sont strictement interdits et relèvent de la délinquance pénale.
Ces comportements constituent des délits caractérisés, fondés sur la violation volontaire des obligations de sécurité et de prudence prévues par la loi.
Les sanctions encourues sont lourdes et assumées : jusqu’à un an d’emprisonnement, la confiscation du véhicule, sa saisie et sa mise en fourrière aux frais du contrevenant.
Lorsque le rodéo est commis en réunion, la loi prévoit une aggravation des peines. Pire encore pour les organisateurs et les instigateurs : deux ans de prison pour ceux qui organisent, encouragent ou font la promotion de ces pratiques.
Ce rappel n’a rien de symbolique. Il s’inscrit dans une ligne claire : protéger les vies plutôt que justifier l’irresponsabilité, défendre l’ordre républicain plutôt que céder à la victimisation systématique des délinquants.
Les rodéos mettent en danger la vie de leurs auteurs et celle des autres usagers de la route.
La sécurité routière n’est pas un slogan, c’est une responsabilité collective. Respecter le code de la route, c’est respecter la vie humaine et l’autorité de la loi.


















