Doliprane rappelé : la Calédonie échappe au pire

Le 23 février 2026, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a décidé le retrait de 27 lots de Doliprane 2,4 % suspension buvable.
Une décision de précaution, encadrée, ciblée.
En Nouvelle-Calédonie, le gouvernement, par l’intermédiaire de la Direction des Affaires sanitaires et sociales (DASS), l’assure : le territoire n’est pas concerné à ce stade.
Une clarification importante, à l’heure où l’émotion prend parfois le pas sur les faits.
Un défaut de pipette, pas du médicament
Le rappel concerne précisément 27 lots de Doliprane 2,4 % (paracétamol) en suspension buvable.
Le problème identifié ne touche pas la substance active, ni la qualité du médicament.
Il porte exclusivement sur la pipette doseuse fournie dans certaines boîtes.
Les graduations imprimées sur ces pipettes peuvent s’effacer progressivement après un rinçage à l’eau tiède ou chaude.
Un défaut de lisibilité susceptible d’entraîner une erreur de dosage.
Le risque potentiel ? Un surdosage en paracétamol chez les nourrissons et les jeunes enfants, pesant entre 3 et 26 kg.
Dans des cas répétés et à doses excessives, un surdosage peut provoquer des atteintes hépatiques.
Un risque faible, mais réel, qui justifie une action immédiate.
Le laboratoire Opella Healthcare France, en accord avec l’ANSM, a donc procédé au rappel des 27 lots concernés.
À ce jour, aucun effet indésirable n’a été signalé en lien avec ce défaut de pipette.
L’origine du problème a été identifiée sur un site de production spécifique et corrigée.
Aucun défaut n’a été constaté sur les pipettes issues des autres sites.
Les lots concernés ont été distribués en métropole entre le 12 novembre 2025 et le 3 février 2026. Le laboratoire assure par ailleurs qu’il n’existe aucun risque de rupture d’approvisionnement.
La Nouvelle-Calédonie hors du périmètre
Face à l’annonce nationale, les autorités calédoniennes ont immédiatement enclenché des vérifications.
Résultat à ce stade : aucun des 27 lots concernés n’a été importé en Nouvelle-Calédonie.
Pour la filière ambulatoire grossistes-répartiteurs et officines les contrôles sont formels.
Du côté des établissements de santé, y compris les pharmacies à usage intérieur (PUI) des provinces, les retours sont identiques. Tous les établissements ayant répondu se déclarent non concernés.
Autrement dit : Les stocks actuellement disponibles dans les pharmacies calédoniennes ne font pas partie des lots rappelés.
Une information essentielle pour éviter toute panique injustifiée. Le gouvernement calédonien précise rester pleinement mobilisé. Toute évolution ferait l’objet d’une communication spécifique.
Mais à ce stade, les faits sont clairs. La Nouvelle-Calédonie n’est pas impactée par la mesure décidée par l’ANSM.
Une chaîne d’approvisionnement sécurisée
Ce dossier rappelle une réalité souvent méconnue : la robustesse de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique locale.
En Nouvelle-Calédonie, les médicaments destinés à la ville transitent par des grossistes-répartiteurs.
Ce maillon stratégique permet :
– la traçabilité complète des produits ;
– la vérification rapide des numéros de lots ;
– la diffusion immédiate des alertes sanitaires aux officines.
En cas de signalement, l’information circule vite. Les contrôles sont rapides. Les décisions sont appliquées sans délai.
C’est précisément ce qui s’est produit dans ce dossier. Dès l’annonce du rappel en métropole, les vérifications ont été engagées. Le territoire a pu confirmer en quelques heures qu’il n’était pas concerné.
Un fonctionnement rigoureux, loin des caricatures administratives. Pour les patients métropolitains disposant d’un lot concerné, la procédure est claire : ne plus utiliser la pipette défectueuse. Ne pas jeter le flacon. Ne pas utiliser la pipette d’un autre médicament. Rapporter la boîte en pharmacie pour un échange gratuit.
Le numéro de lot est indiqué sur l’emballage extérieur, généralement au dos, dans un encadré blanc accompagné de la date d’expiration. Il figure également sur l’étiquette du flacon.
Si le numéro ne correspond pas à la liste des 27 lots rappelés, le médicament n’est pas concerné.
En cas de doute sur une dose administrée ou en présence de symptômes évocateurs (nausées, vomissements, pâleur, douleurs abdominales), il convient de consulter rapidement un médecin.
Mais en Nouvelle-Calédonie, aucune alerte locale n’est actuellement justifiée.
Le rappel décidé par l’ANSM illustre un principe simple : la sécurité sanitaire repose sur la transparence et la réactivité.
Plutôt que de céder à la dramatisation permanente, les autorités ont fait le choix de l’information factuelle.
Un défaut matériel identifié. Un rappel encadré. Des contrôles rapides. Une situation maîtrisée.
Dans un contexte où la défiance envers les institutions sanitaires prospère trop facilement, il est utile de rappeler une évidence : Lorsque le système fonctionne, il faut aussi savoir le dire.
Et en l’espèce, la Nouvelle-Calédonie peut compter sur une chaîne pharmaceutique sécurisée et réactive. Sans polémique. Sans approximation. Avec des faits.

