Municipales en Calédonie : votez… ou assumez

Le ton est ferme, le propos assumé. Dans une vidéo diffusée ces derniers jours sur Facebook, Raphaël Romano appelle les Calédoniens à ne pas déserter les urnes lors des prochaines élections municipales. Un message simple, presque martelé, mais qui vise un phénomène préoccupant : la montée de l’abstention.
D’entrée, il rappelle une évidence que certains semblent oublier :
Tout le monde peut voter aux élections municipales.
Les municipales sont ouvertes à l’ensemble des résidents inscrits sur la liste électorale générale. Le droit existe. Il est clair. Reste à savoir s’il sera exercé.
Un scrutin local… aux conséquences nationales
Pour Raphaël Romano, il n’y a plus place à l’ambiguïté.
On ne peut pas être ambigu et dire que cette élection n’est pas politique.
L’argument selon lequel les municipales ne seraient qu’un débat de voirie ou de gestion quotidienne ne tient pas face à la réalité institutionnelle. Les conseillers municipaux élus deviennent grands électeurs. Ces grands électeurs participent ensuite à l’élection des sénateurs. Et ces sénateurs votent les lois qui engagent l’avenir du territoire.
La mécanique est connue, mais rarement rappelée avec autant de clarté.
Bien évidemment qu’elle est politique, elle sert à élire les sénateurs.
Dans le contexte actuel, où chaque voix compte dans les équilibres parlementaires, la représentation calédonienne à Paris n’est pas un détail. Elle pèse sur les textes, sur les orientations, sur les décisions stratégiques concernant la Nouvelle-Calédonie.
L’abstention, un choix qui n’est jamais neutre
Au cœur de son intervention, une phrase revient comme un avertissement :
L’abstention ne doit pas gagner ces élections.
Car derrière la lassitude ou la défiance, il y a une réalité démocratique implacable : le vide est toujours rempli. Dans un territoire où les rapports de force sont parfois serrés, quelques centaines de voix peuvent faire basculer une majorité municipale, et donc influencer indirectement la composition du collège sénatorial.
Ne pas voter peut sembler être une posture. En pratique, c’est laisser les autres décider.
Une responsabilité collective
Raphaël Romano conclut en appelant à une mobilisation massive les jours de scrutin. Pas de consigne partisane, pas de soutien affiché à une liste particulière. Simplement un rappel de responsabilité civique.
Tout le monde doit, tout le monde peut, tout le monde a le droit de voter aux élections municipales.
Dans une période où l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie reste sensible, le bulletin glissé dans l’urne dépasse largement la dimension communale. Il devient un acte qui engage, à sa mesure, l’équilibre politique du territoire.

