Le « pacha » change, la mission continue

Deux capitaines, une transmission imminente, une mission inchangée : défendre la France dans le Pacifique.
À Nouméa, la Marine nationale s’apprête à passer le relais, sans jamais relâcher la pression.
Une page se tourne pour la Marine nationale en Nouvelle-Calédonie
Ce vendredi 31 juillet 2026, la base navale de Nouméa vivra un moment hautement symbolique. Le capitaine de vaisseau Julien Fort quittera ses fonctions après trois années de commandement, laissant derrière lui une base structurée, engagée et pleinement opérationnelle. À la tête d’un équipage de 147 marins, celui que l’on appelle traditionnellement le « pacha » aura incarné une autorité constante et une exigence de tous les instants au service de la France dans le Pacifique.
La cérémonie de passation se tiendra sur la place d’Armes, cœur stratégique de la base de Chaleix. Elle sera présidée par le général Gabriel Soubrier, commandant supérieur des forces armées en Nouvelle-Calédonie, en présence du haut-commissaire de la République, Jacques Billant. Une configuration institutionnelle forte qui rappellera que la présence française en Nouvelle-Calédonie s’inscrit dans une logique de souveraineté assumée.
Dans un environnement régional marqué par des tensions et des enjeux géopolitiques croissants dans l’Indo-Pacifique, le rôle de la Marine nationale continuera d’être central. Cette transmission ne sera pas qu’un rituel : elle garantira la continuité de l’État et de son autorité.
Matthieu Teisseire prend le commandement avec un profil complet
Le capitaine de vaisseau Matthieu Teisseire prendra officiellement le commandement de la base navale de Nouméa. Officier expérimenté, au parcours solide et opérationnel, il incarne une nouvelle phase de continuité stratégique. Né le 7 janvier 1981 à Bordeaux, il entre à l’École navale en 2001 avant de bâtir une carrière embarquée riche.
Son parcours l’a conduit à servir sur différents types de bâtiments : aviso, navires hydrographiques et frégates. Il a participé à de nombreuses missions de terrain, de l’Atlantique Nord au détroit de Malacca, en passant par les îles Kerguelen. Lutte anti-sous-marine, lutte contre le narcotrafic, piraterie, contrôle d’embargo et surveillance des pêches font partie de son expérience concrète.
Il a également commandé les bâtiments hydrographiques Borda en 2015 puis Beautemps-Beaupré en 2022. Titulaire d’un master en génie électrique de l’ENSEEIHT de Toulouse obtenu en 2010 et breveté de l’École de guerre en 2018, il a occupé des fonctions clés à Paris. Son passage en état-major et son implication dans les programmes d’armement naval renforcent sa capacité à piloter une base stratégique comme celle de Nouméa.
Cette double expertise, opérationnelle et stratégique, fait de lui un acteur essentiel pour consolider la présence française dans le Pacifique.
La base navale de Nouméa, un pilier stratégique majeur
Implantée sur une emprise de 22 hectares, la base navale de Nouméa continue de jouer un rôle central dans le dispositif militaire français. Dotée de trois quais, dont le quai des POM inauguré le 4 décembre 2023 par le ministre des Armées, elle accueille une flotte opérationnelle structurée.
Quatre bâtiments de combat y sont stationnés : le Vendémiaire, le d’Entrecasteaux, l’Auguste Benebig et le Jean Tranape, ainsi qu’une vedette de gendarmerie maritime, la Dumbéa. Cette capacité permet à la France d’assurer la sécurité maritime et de défendre ses intérêts dans une zone hautement stratégique.
Placée sous l’autorité de l’amiral commandant la force d’action navale et rattachée aux forces armées en Nouvelle-Calédonie, la base poursuit ses missions essentielles : soutien logistique, lutte antipollution maritime, formation de volontaires, accueil portuaire et protection-défense. Autant d’actions concrètes qui traduisent la réalité de la souveraineté française sur le terrain.
Dans un contexte où certains contestent encore la présence française outre-mer, les faits restent clairs : la base navale de Nouméa demeure un outil stratégique incontournable, garant de stabilité et d’autorité républicaine dans l’Indo-Pacifique.
(Crédit photo : Ministère des Armées)

