Présidentielle : Bruno Le Maire ne ferme pas la porte à une candidature

Sans se prononcer formellement sur une éventuelle déclaration de candidature à la fonction suprême, l’ancien ministre de l’Économie défend une « rupture » et appelle à « changer de système » plutôt que de poursuivre les réformes.
Quentin Gérard 26/07/2026

Bruno Le Maire. AFP / © Ludovic Marin
Sans avoir officiellement annoncé sa candidature, Bruno Le Maire manifeste un intérêt croissant pour l’élection présidentielle. Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, l’ancien ministre de l’Économie affirme vouloir une transformation profonde du système. Il estime que la France traverse une crise institutionnelle latente et que le modèle actuel ne répond plus aux attentes des citoyens, que ce soit sur le plan économique, sécuritaire ou éducatif.
Éloigné de la vie politique depuis près de deux ans, Bruno Le Maire commence ainsi à dessiner les contours d’un projet présidentiel fondé sur « la rupture » et « la construction d’un autre modèle », sans pour autant officialiser sa candidature. « Mon rôle sera justement de porter ce choix. Jusqu’où ? L’avenir le dira », élude-t-il. Alors que plusieurs personnalités occupent déjà l’espace du centre et de la droite – Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau – l’ancien ministre fait valoir sa différence : « Je veux changer de système, pas réformer le système ! Trente années d’expérience m’ont amené à cette conclusion simple : les réformes sont insuffisantes, le changement structurel est nécessaire. »
Trois priorités
Bruno Le Maire voit trois grandes priorités pour la France. « La première est de redonner de la prospérité à un peuple français en appauvrissement accéléré depuis des décennies. Le travail doit payer et les entreprises doivent être libérées », détaille-t-il. Il souhaite également « rétablir l’autorité de l’État » et affirme que « la même règle doit être appliquée partout, pour tous, tout le temps. La peur doit changer de camp ». Enfin, il place l’Allemagne au cœur de sa vision européenne : « La troisième, c’est l’Allemagne. Il n’y a qu’avec elle que nous pourrons construire une Europe capable de résister aux puissances chinoise et américaine. »
Sur le modèle social, Bruno Le Maire défend une protection recentrée sur les plus fragiles, qui doit être « un filet de sécurité, pas un open bar ». Après un bref retour au gouvernement à l’automne 2025, lorsqu’il avait été nommé aux Armées dans l’équipe Lecornu 1, l’ancien ministre avait rapidement cristallisé les critiques, notamment sur la gestion des finances publiques. À l’approche de la présidentielle de 2027, Bruno Le Maire semble désormais vouloir reprendre sa place dans le débat politique, en avançant ses propositions sans encore franchir officiellement le pas de la candidature.
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Cette hypothèse d’une candidature de Bruno Le Maire n'est pas nouvelle. Elle avait déjà été évoquée en avril par le JDD, à l’occasion de la sortie de son ouvrage Le temps d’une décision. Interrogé alors sur ses intentions, Le Maire s’était défendu de toute pudeur excessive, assurant que « [sa] vocation profonde d’engagement dans la vie publique et pour l’intérêt général n’avait pas fondu en deux ans » et qu’il ne comptait pas « changer à 57 ans ».

