Campagne présidentielle : la justice autorise Marine Le Pen à utiliser le terme «renaissance»

Renaissance avait saisi la justice après l'utilisation du terme par le RN sur une affiche de campagne. Le tribunal judiciaire a donné raison à Marine Le Pen ce jeudi et condamné le parti de Gabriel Attal à verser 5 000 euros au RN et à sa candidate.
Gautier Cruchaudet 30/07/2026

Le visuel de campagne diffusé par Marine Le Pen sur X. © Capture d'écran X, @MLP_officiel
Le désaveu est patent pour Gabriel Attal. Selon les informations de BFM TV, la justice a débouté ce jeudi 30 juillet son parti Renaissance de la procédure lancée à l’encontre du Rassemblement national. La formation macroniste accusait le parti à la flamme d’avoir usurpé le nom « renaissance » sur une affiche de campagne présidentielle, sur laquelle apparaît Marine Le Pen. Elle devra en outre verser 5 000 euros à cette dernière ainsi qu’au RN.
Le 7 juillet dernier, dans la foulée de la condamnation en appel de cette dernière et de l’officialisation de sa candidature à l’Élysée, le RN avait diffusé une affiche sur ses réseaux sociaux et son site internet. Y apparaît Marine Le Pen les bras levés et un grand sourire aux lèvres, auréolée d’un slogan « Pour la France – la Renaissance ».
Le RN accusé de créer la confusion
Pour Gabriel Attal, à la tête du parti Renaissance depuis fin 2024, la manœuvre a des airs de provocation. L’ancien Premier ministre avait indiqué le lendemain « engager toutes les actions judiciaires nécessaires afin de faire cesser ces agissements ». Il n’a du reste pas manqué d’accuser le RN « d’appropriation indue de son identité politique et de ses marques » par l’utilisation « détournée » du nom de son parti. Dans le seul but, selon lui, « de créer une confusion dans l’esprit des électeurs ».
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Le tribunal judiciaire de Paris a ainsi rendu sa décision ce jeudi, désavouant le candidat à l’élection présidentielle. « Sur la question juridique de la contrefaçon de marque, les juges observent dans leur décision que le slogan litigieux est utilisé pour une offre politique et non pour un produit ou pour un service. De ce fait, ils ont considéré que ce slogan n’entrait pas dans le domaine du droit des marques, qui ne concerne que des usages en lien avec des produits ou des services », précise le jugement. La notion de parasitisme, qui en droit de la concurrence désigne l’usurpation par une entreprise du nom ou des techniques utilisées par une autre entreprise, n’a pas été retenue non plus.
Dans l’entourage de Marine Le Pen, les ténors du parti récusent tout lien avec la formation présidentielle. « C’est pathétique. Monsieur Attal choisit de ne pas parler du fond et de se complaire dans les bas-fonds. La Renaissance comme période historique et culturelle n’appartient à aucun parti politique, ni à Monsieur Attal, ni à personne », déplorait le député de la Somme Jean-Philippe Tanguy sur RTL, le 16 juillet dernier.

