La province Sud prépare la guerre aux feux

À l’heure où les feux ravagent des milliers d’hectares, la Nouvelle-Calédonie n’a plus le droit à l’improvisation.
Face au risque, la province Sud choisit l’anticipation et la mobilisation.
Une mobilisation concrète face à un risque bien réel
À l’approche de la saison sèche, la province Sud ne se contente pas de discours : elle agit. Ce 29 juillet, les 21 agents volontaires de la brigade forestière ont été réunis aux côtés de la Direction de la sécurité civile et de la gestion des risques (DSCGR-NC) afin de préparer une période annoncée comme particulièrement sensible. L’arrivée du phénomène El Niño accentue encore les inquiétudes. Dans un territoire où chaque année entre 10 000 et 50 000 hectares peuvent partir en fumée, la vigilance n’est plus une option. Elle devient une nécessité stratégique.
Créée en 2021, cette brigade incarne une volonté politique claire : protéger le patrimoine naturel sans céder à la fatalité. Là où certains préfèrent commenter les crises, la collectivité territoriale choisit d’anticiper. Le partenariat formalisé avec la sécurité civile permet une coordination efficace, loin des lourdeurs administratives souvent dénoncées.
La présence de Sonia Backès, accompagnée de Brieuc Frogier et Caël Normandon, souligne l’importance accordée à ce dispositif. « L’engagement des agents est précieux », a rappelé la présidente, insistant sur le rôle déterminant de chaque ressource mobilisée. Une déclaration qui tranche avec une époque trop souvent marquée par la déresponsabilisation.
Des incendies majoritairement d’origine humaine
Les chiffres sont sans appel et doivent interpeller. En Nouvelle-Calédonie, près de 99 % des incendies de forêt sont liés à l’activité humaine. Plus inquiétant encore, environ un tiers de ces départs de feu seraient d’origine volontaire. Ce constat impose une lecture lucide de la situation : le danger ne vient pas uniquement des conditions climatiques, mais aussi des comportements.
Dans ce contexte, la prévention devient un enjeu central. Les brigadiers ne sont pas seulement des intervenants d’urgence. Ils sont aussi des acteurs de terrain chargés de sensibiliser la population, de rappeler les règles élémentaires et d’assurer une présence dissuasive. Patrouilles, postes de vigie, surveillance des massifs : autant d’actions concrètes qui visent à éviter l’irréparable.
Alors que la métropole a déjà enregistré près de 98 000 hectares brûlés depuis le début de l’année, un niveau inédit, le territoire calédonien refuse de subir. Cette réalité nationale agit comme un signal d’alerte. Elle rappelle que les incendies ne sont pas une fatalité, mais souvent la conséquence d’un relâchement collectif.
Une stratégie assumée de protection des espaces naturels
La politique menée par la province Sud en matière d’environnement s’inscrit dans la durée. Loin des effets d’annonce, elle repose sur une stratégie structurée visant à préserver les écosystèmes et la biodiversité. La lutte contre les incendies y occupe une place centrale.
Depuis 2014, dix massifs forestiers sensibles ont été identifiés sur le territoire. Trois bénéficient déjà d’un Plan de protection des forêts contre les feux (PPFF) : la Montagne des Sources, la Rivière Bleue et le Grand Sud. Un quatrième plan est en cours d’élaboration pour le massif de Déva. Cette approche ciblée permet d’adapter les moyens aux réalités du terrain, sans dispersion.
Durant la saison à risque, de septembre à février, les brigadiers interviennent sous l’autorité de la DSCGR-NC jusqu’à trois jours par mois. Leur rôle est clair : prévenir, surveiller et intervenir rapidement en cas de départ de feu. Une organisation pragmatique, fondée sur l’efficacité et la responsabilité.
Dans un contexte où les enjeux environnementaux sont parfois instrumentalisés, cette démarche se distingue par sa cohérence. Elle rappelle que la protection de la nature passe d’abord par l’action et la discipline collective. Refuser le laxisme, responsabiliser les comportements et soutenir les forces engagées sur le terrain : voilà une ligne assumée, loin des postures.
La mobilisation de la brigade forestière illustre une réalité souvent oubliée : face aux crises, ce sont les décisions concrètes qui font la différence. Et en matière de lutte contre les incendies, la province Sud entend bien rester en première ligne.
(Crédit photo : province Sud)

