Ils ont tout brûlé... ils avouent

Six jours après l'incendie qui a détruit le restaurant pédagogique du lycée professionnel et hôtelier Saint Jean XXIII de Païta, l'enquête a rapidement permis d'identifier les auteurs présumés.
Trois adolescents ont été déférés devant la justice des mineurs. Ils devront désormais répondre de faits particulièrement graves, tandis que le préjudice est estimé à 35 millions de francs CFP.
Trois adolescents mis en cause après une enquête rapide
Trois adolescents âgés de 15, 16 et 17 ans ont été déférés devant le tribunal après l'incendie qui a ravagé le restaurant d'application « La Case » du lycée professionnel et hôtelier Saint Jean XXIII de Païta, le 25 juillet dernier.
Placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête menée par la brigade de recherches de Nouméa, les trois mineurs ont reconnu avoir participé aux faits qui leur sont reprochés.
L'enquête a progressé rapidement grâce notamment aux images de vidéosurveillance, qui ont permis aux enquêteurs de reconstituer une partie du parcours des intrus.
Les faits remontent au samedi 25 juillet, vers 16 h 55. Plusieurs individus, le visage dissimulé, pénètrent alors dans l'enceinte du lycée avant de se diriger vers le restaurant pédagogique La Case. Ils tentent d'en forcer l'accès à l'aide d'un pied-de-biche.
Après avoir repéré les caméras de surveillance, ils les arrachent puis les jettent dans un cours d'eau afin de limiter les possibilités d'identification.
Selon les investigations, les incendies auraient ensuite été déclenchés afin d'effacer les traces de l'effraction.
Le sinistre provoque d'importants dégâts matériels. Le restaurant pédagogique, construit en 1999, est entièrement détruit. Une salle de classe voisine ainsi que la cuisine principale de l'établissement sont également fortement endommagées.
Les auteurs repartent également avec plusieurs équipements, notamment des extincteurs et un vidéoprojecteur.
Le préjudice est aujourd'hui évalué à 35 millions de francs CFP.
Cette affaire ravive les inquiétudes autour des actes de délinquance visant les établissements scolaires en Nouvelle-Calédonie, dont les conséquences dépassent largement les seuls dommages matériels.
Une procédure judiciaire désormais engagée
Dans un communiqué publié vendredi 31 juillet, Hélène Gaudet, procureure adjointe près le tribunal de première instance de Nouméa, confirme que les trois adolescents ont reconnu leur participation aux faits.
« Les incendies déclenchés avaient pour objectif d'effacer les traces de leur passage », précise la magistrate.
Elle indique également qu'aucun des trois mineurs mis en cause n'avait été scolarisé au sein du lycée Saint Jean XXIII.
Présentés au tribunal ce 31 juillet, les trois adolescents comparaîtront devant le tribunal pour enfants le 24 août 2026.
Ils seront poursuivis pour destruction par incendie, dégradations de biens commises en réunion et vol aggravé.
Le ministère public a requis le placement en détention provisoire du mineur âgé de 17 ans, qui avait déjà fait l'objet de précédentes procédures judiciaires.
Pour les deux autres adolescents, âgés de 15 et 16 ans, les réquisitions portent sur un placement sous contrôle judiciaire.
Les mesures demandées comprennent notamment une interdiction de paraître au lycée Saint Jean XXIII ainsi que l'obligation de respecter un couvre-feu.
La procédure devra désormais permettre de déterminer précisément le rôle de chacun des trois mineurs dans les faits qui leur sont reprochés.
Le lycée s'organise pour assurer la rentrée malgré le sinistre
Au-delà des poursuites judiciaires, l'incendie a privé les élèves d'un outil pédagogique essentiel.
Le restaurant d'application La Case permettait aux 72 élèves des filières CAP Cuisine et CAP Commercialisation et Services en Hôtel-Café-Restaurant de se former dans des conditions proches de celles du monde professionnel.
Afin d'assurer la continuité des enseignements, la direction de l'établissement a rapidement mis en place plusieurs solutions.
Des professionnels de la restauration ont proposé de mettre leurs cuisines et leurs équipements à disposition des élèves, tandis que certaines périodes de stage ont été réorganisées afin de limiter les conséquences du sinistre.
Dans un communiqué, la direction a confirmé que le lycée rouvrira ses portes dès le lundi 3 août, aux horaires habituels.
Les cours reprendront normalement pour l'ensemble des élèves. Un accueil spécifique sera toutefois organisé pour les classes de CAP Cuisine et de CAP CSHCR afin de leur présenter les modalités retenues pour poursuivre leur formation.
L'établissement mettra également en place un accompagnement psychologique. Un point d'écoute sera proposé aux élèves qui en ressentiraient le besoin, avec l'appui de la Direction de l'Enseignement catholique.
Au-delà des 35 millions de francs CFP de dégâts, cet incendie a temporairement privé plusieurs dizaines de jeunes de leur principal outil de formation. Si des solutions ont été rapidement trouvées pour assurer la continuité pédagogique, la procédure judiciaire devra désormais établir les responsabilités de chacun des trois mineurs mis en cause et apporter une réponse pénale à la hauteur des faits reprochés.
(Crédit photo : page Facebook " Lycée Professionnel et Hôtelier Saint Jean 23")

