Je me suis réveillé et la Calédonie envoyait ses héros

Je me suis réveillé.
Dimanche.
Café.
Téléphone.
Et déjà l’actu.
J’ai vu que 31 pompiers calédoniens partaient.
Direction la métropole. Le sud.
Les incendies. Encore. Toujours.
Je me suis dit : nous, on brûle ici… eux, ils vont éteindre là-bas.
Logique.
Mission de trois semaines, apparemment.
Un capitaine. Des équipes.
Des chiffres. Beaucoup de chiffres.
Moi, j’ai surtout retenu :
ça crame fort.
Alors j’ai scroll.
Salon Cap Horizon.
3000 personnes.
Des jeunes. Des parents. Des stands.
Des gens qui cherchent leur avenir,
pendant que d’autres cherchent de l’eau pour éteindre le feu.
Ambiance.
Ils parlent de Parcoursup.
De filières.
De choix.
Moi, à leur âge, je savais déjà pas quoi manger le midi.
Mais bon.
Ils sont là. Motivés.
Ils posent des questions.
Ils veulent comprendre.
C’est bien.
Enfin… je crois.
Je continue.
Le marché au Gondwana.
Des artisans.
Du pandanus. Du bougna.
Des fleurs tressées.
Là, j’ai hésité.
Entre culture et bouffe.
J’ai choisi la bouffe.
Ça parle de transmission.
De savoir-faire.
De Province Nord.
Et pendant ce temps, moi,
je partage surtout mon canapé avec mon téléphone.
Je scroll encore.
Compétition de Ori Tahiti.
Des danseurs.
Des costumes.
De l’international.
Australie. Mexique.
La Nouvelle-Calédonie qui rayonne.
Moi, je rayonne surtout
parce que j’ai oublié de fermer les volets.
Plus de 250 participants.
Une finale.
Du niveau.
Des gens qui bossent.
Qui répètent.
Qui performent.
Moi, j’ai réussi à me lever.
Déjà pas mal.
Et là, ça m’a frappé.
Pendant que certains partent combattre le feu…
Que d’autres choisissent leur futur…
Que d’autres encore dansent, créent, avancent…
Moi…
je suis là.
À résumer ma matinée.
Bref.
(Crédit photo : page Facebook "Union des Pompiers Calédoniens")

