8 escadrons au Mont-Dore : Nuñez met les points sur les i

Pendant que certains agitent le spectre de l'abandon, l'État répond par les faits : des blindés, des patrouilles, un chiffre. À Paris comme à Nouméa, le message est le même la République ne recule pas.
Un député qui refuse de fermer les yeux
Le 7 août dernier, le député de la Nouvelle-Calédonie Nicolas Metzdorf adressait un courrier au ministre de l'Intérieur pour alerter sur la dégradation de la situation sécuritaire dans la commune du Mont-Dore. Plutôt que de se contenter de communiqués convenus, l'élu a choisi la transparence en rendant sa démarche publique. Une méthode qui tranche avec les habitudes feutrées de certains responsables politiques locaux, plus prompts à déplorer qu'à exiger des comptes.
Dans ce courrier, Nicolas Metzdorf demandait le maintien du niveau d'escadrons de gendarmerie mobile déployés pendant la période sensible des élections provinciales de juin, période durant laquelle les renforts avaient permis de contenir les tensions. Le député pointait très précisément les faits de délinquance récemment constatés au Mont-Dore, refusant tout discours minimisant la réalité vécue par les habitants.
Cette démarche s'inscrit dans une ligne claire : celle du refus de la résignation face à l'insécurité, et de l'exigence d'un État qui assume pleinement ses responsabilités régaliennes sur le territoire calédonien, sans céder à la tentation du renoncement.
La réponse du ministre : fermeté assumée et moyens concrets
Dans sa réponse écrite, publiée à son tour sur le réseau social X, Laurent Nuñez n'a pas éludé la question. Le ministre de l'Intérieur affirme que son ministère est pleinement mobilisé pour garantir la sécurité des Calédoniennes et des Calédoniens et pour maintenir, en toutes circonstances, l'ordre républicain.
Le ministre précise que la situation sécuritaire du territoire, et singulièrement celle du Mont-Dore, fait l'objet d'un suivi attentif et constant de la part de l'ensemble des services de l'État placés sous son autorité, gendarmerie nationale et police nationale comprises. Ces services sont engagés dans leurs missions de prévention, de surveillance et d'intervention sur l'ensemble du territoire calédonien, avec une attention particulière portée à Nouméa et aux communes limitrophes.
Fait notable : le dispositif de sécurité a évolué dans sa doctrine d'emploi. Fini le temps des deux points de contrôle statiques au nord et au sud de la commune. Place désormais à un dispositif mobile et réactif, articulé autour de patrouilles quotidiennes, de jour comme de nuit, menées à bord de véhicules blindés de nouvelle génération récemment déployés sur le territoire. Un choix opérationnel qui traduit une volonté d'efficacité plutôt que de simple affichage.
Sous l'autorité du haut-commissaire de la République et du commandant de la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie, ce niveau de sécurisation est présenté comme pleinement assuré, avec une capacité d'adaptation permanente selon l'évolution de la situation locale et nationale.
Huit escadrons aujourd'hui, une capacité de riposte rapide demain
Sur le plan strictement quantitatif, Laurent Nuñez assume une évolution logique du format des forces mobiles. Après les élections provinciales, et pour répondre à des besoins opérationnels avérés sur d'autres territoires de la République, le ministre a décidé de réduire le volume d'escadrons engagés en Nouvelle-Calédonie. Le format actuel s'établit à huit escadrons de gendarmerie mobile (EGM) en renfort, un chiffre que le haut-commissaire a lui-même présenté publiquement comme adapté et efficace, couvrant tout particulièrement le Grand Nouméa.
Ce dispositif à huit escadrons, renforcé par une composante blindée importante, est jugé par le ministre conforme à la réalité de la situation sécuritaire actuelle. Mais l'essentiel tient sans doute dans l'engagement pris pour l'avenir : si les faits venaient à l'exiger, les moyens en forces mobiles seraient réévalués sans délai, avec une capacité de montée en puissance fixée à 96 heures. Loin d'un désengagement de l'État, c'est donc une logique de proportionnalité et de réactivité qui est mise en avant, assortie d'une garantie explicite de fermeté en cas de dégradation de la situation.
Le ministre conclut son courrier en assurant de sa mobilisation pleine et entière pour la sécurité de la population et la stabilité de la Nouvelle-Calédonie, comme sur l'ensemble du territoire national. Une manière, pour l'État, de rappeler qu'il n'existe pas de sécurité à deux vitesses entre l'Hexagone et l'outre-mer, et que la République n'abandonne aucun de ses territoires face à la délinquance.
Face à ceux qui préfèrent instrumentaliser l'insécurité plutôt que d'y répondre, l'échange entre Nicolas Metzdorf et Laurent Nuñez illustre une méthode différente : interpeller sans complaisance, répondre avec des chiffres, et engager sa parole sur des délais précis. Une exigence de résultats qui mérite d'être suivie dans les prochaines semaines, notamment sur le terrain du Mont-Dore.
(Crédit photo : SIRPA-G-BRC F.ARRIGHI)

