La commune qui refuse de subir la crise

Résumé IA
À Boulouparis, la commune réalise 55 millions de francs CFP de travaux de voirie à Bouraké et au Village, dont 76,50 % sont financés par des subventions du gouvernement et de la province Sud. Le taux de subvention des investissements passe de 5,5 % en 2021 à plus de 75 % en 2024, grâce à un travail de montage de dossiers. La commune privilégie les entreprises locales pour soutenir l'activité économique.
Sur une commune du Sud, la voirie avance sans faire de bruit. Et surtout, sans faire exploser la facture des contribuables locaux.
Bouraké et le Village : la route refaite, la facture maîtrisée
55 millions de francs CFP. C'est le montant des travaux de voirie réalisés à Bouraké et au Village, sur la commune de Boulouparis.
Un chiffre qui, sorti de son contexte, pourrait faire grincer des dents. En réalité, il raconte exactement l'inverse de ce que l'on entend d'ordinaire sur la dépense publique calédonienne.
Car sur ces 55 millions, la commune n'en supporte qu'une fraction.
Le détail est public, vérifiable, et mérite d'être posé noir sur blanc. 36 209 724 F CFP ont été financés par le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, au titre du FIP-Équipement. 5 870 000 F CFP ont été apportés par la province Sud.
Total des subventions : 42 079 724 F CFP.
Soit 76,50 % du coût total de l'opération.
Traduit en langage simple, cela donne ceci : sur 100 francs investis dans ces travaux, près de 77 francs proviennent des partenaires institutionnels. Seuls 23 francs sont pris en charge par le budget communal.
Voilà une arithmétique que beaucoup de collectivités aimeraient pouvoir afficher.
Ce n'est pas un hasard. C'est le produit d'un travail d'ingénierie financière mené dossier après dossier, subvention après subvention, auprès de l'État, du gouvernement et de la province.
Un travail invisible pour l'usager qui roule sur la chaussée refaite. Mais c'est précisément ce travail qui fait la différence entre une commune qui investit et une commune qui attend.
De 5,5 % à plus de 75 % : la trajectoire qui change tout
Le vrai sujet n'est pas le chantier de Bouraké. Il est dans la courbe.
Depuis 2021, le taux de subvention des opérations d'investissement de la commune est passé de 5,5 % à plus de 75 % en 2024.
Relisez ce chiffre. En trois ans, la part financée par les partenaires extérieurs a été multipliée par plus de treize.
Une commune qui, il y a peu, payait l'essentiel de ses investissements sur ses fonds propres finance aujourd'hui l'essentiel de ses chantiers grâce à des concours extérieurs qu'elle est allée chercher.
Et cela se produit dans quel contexte ? Celui que tout le monde connaît. Un contexte financier difficile, où les recettes se contractent, où les arbitrages deviennent douloureux, où l'on entend un peu partout que plus rien n'est possible.
C'est là que l'exemple devient intéressant.
Parce que la facilité, dans une période comme celle-ci, consiste à geler les investissements, à reporter les chantiers, à expliquer que la conjoncture interdit d'agir. C'est le réflexe le plus répandu. C'est aussi le plus stérile.
Boulouparis a fait un autre choix : continuer à investir, mais en changeant de méthode de financement.
Cette progression permet à la commune de continuer à améliorer ses infrastructures et de réaliser des travaux sur l'ensemble du territoire communal. Pas seulement au chef-lieu. Partout.
Il ne s'agit pas de miracle budgétaire. Il s'agit de rigueur administrative, de dossiers bien montés, de partenariats entretenus. Des vertus peu spectaculaires. Mais des vertus qui produisent des résultats mesurables.
Le vrai bénéficiaire : le tissu économique local
Reste un aspect que l'on oublie trop souvent quand on parle de voirie.
Un chantier communal, ce n'est pas seulement du bitume. C'est de l'activité, ce sont des heures de travail, ce sont des entreprises qui tournent.
Et sur ce point, la commune assume une orientation claire : faire appel, autant que possible, aux entreprises locales.
Contribuant ainsi à soutenir l'activité économique de Boulouparis.
Dans une économie calédonienne qui traverse une zone de fortes turbulences, ce type de décision n'a rien d'anecdotique. Chaque marché confié à une entreprise du territoire, c'est de la trésorerie qui reste sur place, des emplois maintenus, des compétences préservées.
L'argent public dépensé localement travaille deux fois : une fois pour l'infrastructure, une fois pour l'emploi.
C'est aussi une réponse concrète à un discours ambiant qui voudrait que tout se joue ailleurs, que le local subisse et n'ait aucune prise sur son destin. La réalité de Bouraké et du Village dit exactement le contraire.
Cet investissement a été rendu possible grâce au partenariat entre la commune, l'État, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et la province Sud.
Quatre niveaux. Une seule opération. Une route refaite.
On parle beaucoup, en Nouvelle-Calédonie, de ce qui divise les institutions. On parle beaucoup moins de ce qu'elles produisent quand elles travaillent ensemble sur des objets concrets.
La chaîne État-gouvernement-province-commune fonctionne. Elle fonctionne quand chacun tient son rôle et quand la commune fait l'effort d'aller chercher les financements auxquels elle a droit.
Ce n'est pas une posture. Ce sont 42 millions de francs de subventions obtenus, et 23 % seulement du coût laissé à la charge des habitants de Boulouparis.
Il y a, dans ce dossier modeste, une leçon qui dépasse largement les limites communales.
La contrainte budgétaire est réelle. Elle n'est pas une excuse.
Entre subir et agir, il existe un espace. Il s'appelle le travail administratif, la constance dans le montage des dossiers et le refus de considérer que le déclin est une fatalité.
Boulouparis vient de le rappeler avec 55 millions de francs de voirie et une facture communale ramenée à moins d'un quart du total.
Ce n'est pas spectaculaire. C'est simplement efficace.
(Crédit photo : province Sud)

