Présidentielle : Éric Zemmour lance la saison 2 de sa quête de l’Élysée

Résumé IA
Éric Zemmour prépare ce dimanche à Port-Marly sa candidature à la présidentielle de 2027, entouré de Sarah Knafo et d'un projet élaboré depuis deux ans par Reconquête. Le parti mise sur leur complémentarité pour convaincre, malgré des sondages autour de 4 %.
STRATÉGIE. À Port-Marly, Éric Zemmour prépare ce dimanche sa marche vers 2027 avec, à ses côtés, Sarah Knafo, et un projet mûri depuis deux ans
Jules Torres 12/09/2026

Éric Zemmour à l'université d'été de Reconquête à Orange, en 2024. © STR/AFP
Il y a cinq ans, il n’avait ni parti, ni élus, ni armée de permanents. Un livre, quelques discours et une intuition lui avaient suffi : le pays avait rendez-vous avec des questions que le système politique refusait encore de regarder en face. En quelques semaines, Éric Zemmour avait bousculé la présidentielle, grimpé jusqu’à 19 % dans les sondages, affolé la droite et contraint Marine Le Pen à se réinventer. Ce dimanche, à PortMarly (Yvelines), l’auteur du Suicide français veut retrouver cette étincelle, avec toutefois une certitude : une surprise ne se reproduit jamais à l’identique.
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C’est pourquoi Zemmour ne veut pas simplement rejouer 2021. À l’époque, la fulgurance avait tenu lieu de méthode : il avait imposé un diagnostic sans toujours convaincre qu’il possédait tous les remèdes. Cinq ans plus tard, le surgissement se veut moins artisanal. « Nous avons mobilisé une cinquantaine de groupes thématiques pendant deux ans », assure un cadre de Reconquête. Le parti entend désormais présenter un candidat complet, capable de parler d’école, de travail, d’industrie ou de dette sans abandonner le thème de la civilisation.
Après l’alerte vient le temps du projet. Pour lui donner chair, Sarah Knafo entre en scène. Forte de sa campagne parisienne et du succès de son livre, l’eurodéputée apporte à Reconquête la grammaire économique qui lui manquait. Moins d’impôts, moins de dépenses, moins d’État : elle chiffre la révolte zemmourienne. Les rôles se précisent : à lui la profondeur historique, l’identité, l’immigration et l’autorité ; à elle la fiscalité, le pouvoir d’achat et les nouveaux usages médiatiques. Le parti veut couper court aux spéculations sur leurs ambitions et afficher leur complémentarité. « Ce n’est pas le tandem qui tangue le plus en ce moment », ironise un cadre de Reconquête, dans une allusion à peine voilée à Marine Le Pen et Jordan Bardella.
Les mots ont changé de camp, pas encore les bulletins
Ce binôme avance dans un paysage politique qui semble lui faire écho. En 2021, parler de « grand remplacement », de référendum sur l’immigration ou d’union des droites provoquait des tempêtes. Cinq ans plus tard, la droite débat de la fin du droit du sol, le RN noue des alliances et l’immigration domine le débat européen. Les mots ont changé de camp, pas encore les bulletins.
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Toute la stratégie de Zemmour tient dans cet écart : il n’a plus à imposer ses sujets, mais à convaincre qu’il en demeure l’interprète le plus cohérent. Et c’est là que commence le plus difficile. Autour de 4 % dans les dernières enquêtes, Zemmour part de loin. « C’est la position qu’Éric préfère, celle de l’homme que l’on enterre avant qu’il ne surgisse », glisse l’un de ses amis. Pour recréer l’attente, Reconquête mise sur ses militants, les réseaux sociaux et des voix capables de contourner les médias traditionnels. La présence du streamer Sardoche illustre, ce week-end, cette conquête par les marges. Qu’il lève ou non dimanche le dernier mystère sur sa candidature, Zemmour cherchera surtout à prouver que l’histoire peut recommencer. En 2021, il avait ouvert une brèche ; en 2027, il veut en faire un chemin.


