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Une toilette obligatoire ? L'ADIC bloque

13 septembre 2026 à 08:05
4 min de lecture
Une toilette obligatoire ? L'ADIC bloque

Résumé IA

L’ADIC s’oppose à l’introduction d’une obligation de toilette dans la cotation de l’AIS 3, défendant une définition complète du métier infirmier. L’organisation a rencontré gouvernement, DASS, CAFAT, Province Sud et Université, et s’appuie sur un sondage où 53 % des répondants citent le manque de reconnaissance.

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Ils évaluent, surveillent, préviennent, éduquent, coordonnent. Et l'administration, elle, voudrait résumer tout cela à une toilette.

Un sondage qui ne finira pas dans un tiroir

Fin du mois dernier, l'Alliance des infirmières calédoniennes a fait quelque chose d'assez rare dans le paysage syndical : elle a commencé par se taire et par écouter.

Un sondage, lancé auprès de la profession. Une question simple derrière : quels sujets vous préoccupent réellement, quels dossiers jugez-vous prioritaires, qu'attendez-vous de nous.

Les réponses sont arrivées. Elles ne laissent guère de place à l'interprétation.

53 % des répondants citent le manque de reconnaissance parmi leurs difficultés quotidiennes. 66 % attendent d'un syndicat qu'il porte la voix des infirmiers auprès des institutions. Et 83 % placent la défense des intérêts de la profession au rang des priorités.

Trois chiffres. Aucune ambiguïté.

Ce n'est pas une plainte. Ce n'est pas une demande de compassion adressée à la collectivité. C'est un cahier des charges, remis par une profession à ceux qui prétendent la représenter.

Derrière ces pourcentages, il y a des réalités de terrain, des attentes précises, des préoccupations qu'aucune circulaire n'a jamais réglées.

Et l'ADIC a annoncé ce qu'elle comptait en faire : partir de ce que les infirmiers ont dit, puis montrer, publication après publication, ce qui est fait concrètement sur chacun de ces sujets.

La méthode est limpide : les priorités viennent du terrain, la charge de les porter revient à l'organisation.

Rien de révolutionnaire. Simplement l'inverse de ce que produit d'ordinaire la machine consultative, où l'on interroge beaucoup pour n'engager personne.

Être présent là où les décisions se prennent vraiment

Représenter une profession, cela ne se décrète pas dans un communiqué.

Cela suppose d'être physiquement présent là où les décisions qui concernent le métier se préparent, s'arbitrent et se signent.

Sur ce point, le bilan des dernières semaines est vérifiable.

L'ADIC a rencontré des représentants du Gouvernement et de la DASS. Elle a participé à la Commission Conventionnelle Paritaire avec la CAFAT, l'instance où se négocient, ligne à ligne, les conditions d'exercice de la profession.

Elle a poussé la porte de la Province Sud sur le dossier de l'abattement provincial.

Elle a été conviée aux travaux de l'Université portant sur l'évolution des études infirmières, c'est-à-dire sur ce que sera le métier dans dix ans.

Et avec la FPLS, elle poursuit les échanges avec les autres professionnels de santé du territoire.

Voilà pour la présence.

Mais s'asseoir autour d'une table n'a jamais suffi à peser sur une décision.

Beaucoup d'organisations se satisfont du fauteuil. Elles y viennent, y écoutent, y repartent, et appellent cela du dialogue social.

Il faut encore y faire entendre la réalité du terrain, y défendre des compétences, y porter des positions qui déplaisent.

C'est précisément ce qui se joue aujourd'hui sur la NGAP, sur l'AIS 3, sur l'abattement provincial, sur la formation et sur l'avenir des études infirmières.

Cinq dossiers techniques. Cinq dossiers qui, mis bout à bout, dessinent la place réelle accordée aux infirmiers dans le système de santé calédonien.

AIS 3 : le refus d'un métier rabaissé

La reconnaissance, ce n'est pas un mot qu'on inscrit dans un discours de remerciement une fois par an.

Elle se mesure ailleurs. Dans la manière dont un métier, des compétences et des actes sont considérés, puis cotés, encadrés, rémunérés.

L'AIS 3 en offre une illustration parfaite.

Lors de la dernière Commission Conventionnelle Paritaire avec la CAFAT, le contrôle médical a souhaité introduire une obligation de toilette dans la cotation de l'AIS 3.

L'ADIC s'y est opposée.

La raison tient en une phrase : une séance de soins infirmiers ne peut pas être réduite à la réalisation d'une toilette.

Évaluer. Surveiller. Prévenir. Éduquer. Coordonner. Adapter les soins.

C'est aussi cela, exercer aujourd'hui.

Faire entrer la toilette comme condition dans la cotation d'un acte, c'est acter administrativement une définition appauvrie du métier. C'est confondre le soin avec la tâche, et la compétence avec le geste.

Ce genre de glissement ne fait jamais de bruit. Il s'écrit dans une nomenclature, se valide en commission, et engage la profession pour des années.

C'est exactement là que se joue la reconnaissance dont parlent 53 % des infirmiers.

L'ADIC défend une autre lecture : une profession reconnue à sa juste valeur, pour ses véritables compétences, ses responsabilités et son rôle essentiel dans le système de santé.

L'AIS 3 n'est qu'un exemple parmi d'autres.

Le combat est plus large. Il porte sur la place entière de la profession infirmière en Nouvelle-Calédonie.

Les infirmiers ont demandé qu'on porte leur voix. Elle est portée là où elle doit être entendue. Reste une variable, et une seule : le nombre.

Plus ils seront nombreux derrière l'ADIC, plus cette voix pèsera dans les arbitrages.

Les chiffres du sondage ont dit ce que la profession attendait. Le reste dépend désormais d'elle.

(Crédit photo : page Facebook "ADIC Alliance des Infirmières Calédoniennes")