Un général meurt dans le ciel du Var

Résumé IA
Un biplan s'écrase à La Londe-les-Maures, dans le Var, faisant deux victimes. Le pilote, le général à la retraite Patrick Féron, ancien commandant d'escadron de chasse et ancien chef de la sécurité des vols, est mort. L'autre victime, une cadre sage-femme du centre hospitalier de Fréjus-Saint-Raphaël, effectuait un vol de remerciement. L'enquête est confiée à la gendarmerie des transports aériens de Nice.
Un décollage de routine, un matin ordinaire dans le Var.
Au bout du vol, deux morts dont un général qui avait passé sa carrière entière à protéger les pilotes français.
Parti de Cuers, jamais revenu
L'appareil avait quitté l'aérodrome de Cuers dans la matinée. Un biplan. Un vol comme il s'en fait des centaines dans ce coin du Var, entre collines sèches et littoral méditerranéen.
Il s'est écrasé une vingtaine de kilomètres plus au sud, sur la commune de La Londe-les-Maures.
Deux personnes se trouvaient à bord. Aucune n'a survécu. C'est la préfecture du Var qui a annoncé le drame, dans un communiqué sobre, sans emphase, comme il se doit quand la mort passe et qu'il reste des familles à prévenir.
La cause de l'accident, à ce stade, demeure indéterminée.
Ce point mérite qu'on s'y arrête. Parce que dans les heures qui suivent ce genre de drame, les hypothèses fleurissent plus vite que les constatations. Panne, erreur, météo, vétusté : chacun y va de son explication, souvent sans rien connaître ni de l'appareil, ni du terrain, ni du dossier. La vérité est plus simple et moins spectaculaire : à cette heure, personne ne sait.
Et c'est très bien ainsi. Le rôle de la presse n'est pas de combler le vide par de la fiction.
Patrick Féron, une carrière au service du drapeau
L'avion était piloté par Patrick Féron, précise la préfecture.
Ce nom ne dira rien au grand public. Il dit beaucoup à ceux qui connaissent l'armée de l'air.
Général de l'armée de l'air à la retraite, Patrick Féron avait été pilote de chasse, puis commandant d'un escadron de chasse. Une trajectoire qui ne s'improvise pas. On n'arrive pas aux commandes d'un chasseur par hasard, et on ne commande pas des hommes en vol sans avoir été jugé, sélectionné, éprouvé.
Il avait ensuite occupé une fonction qui en dit long sur l'homme : il avait été à la tête de la sécurité des vols de l'armée de l'air.
Autrement dit, son métier consistait à faire en sorte que les autres rentrent. Que les équipages reviennent. Que l'accident n'arrive pas.
Il y a dans cette ligne de sa biographie quelque chose qui serre la gorge, et qu'aucun commentaire ne peut adoucir.
La France compte beaucoup de ces hommes-là. Des officiers qui ont donné trente ans, quarante ans, à une institution qui ne les rendra jamais célèbres. Ils partent à la retraite, on ne parle plus d'eux, et il faut parfois un drame pour que le pays se souvienne qu'ils existaient.
Les Ailes de la Reconnaissance : la gratitude, pas la plainte
Patrick Féron n'avait pas raccroché.
Il était vice-président de l'association "Les Ailes de la Reconnaissance", basée à Cuers.
Il faut dire un mot de cette structure, parce qu'elle raconte une certaine idée de la France.
L'association a été créée en 2020, après le Covid-19. Elle offre des baptêmes de l'air aux personnels soignants, aux pompiers et aux ambulanciers varois.
Pas de tribune. Pas de pétition. Pas de campagne de communication sur l'ingratitude de la nation.
Des hommes se sont dit qu'on pouvait remercier ceux qui avaient tenu le pays pendant la crise en leur offrant ce qu'ils savaient donner : du ciel, un moteur, une heure de vol au-dessus du Var.
Voilà ce que c'est, la reconnaissance concrète. Elle ne réclame rien, elle donne.
À l'heure où l'on nous explique en boucle que la société française serait uniquement traversée par le ressentiment et la revendication, il n'est pas inutile de rappeler que des associations comme celle-ci existent, fonctionnent, et reposent sur des bénévoles qui ne demandent aucune subvention de reconnaissance médiatique.
La passagère était cadre sage-femme au centre hospitalier de Fréjus-Saint-Raphaël, selon la préfecture.
Une soignante. Précisément le public auquel l'association destinait ses vols.
Deux vies qui s'arrêtent au même endroit, au même instant : celle d'un officier général qui avait servi la France en uniforme, et celle d'une professionnelle de santé qui l'avait servie dans un hôpital.
Il n'y a rien à ajouter. Il y a seulement à le dire correctement.
L'enquête confiée à la gendarmerie des transports aériens
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l'accident.
Elle a été confiée à la brigade de gendarmerie des transports aériens de Nice.
Ces unités spécialisées sont celles qui interviennent sur l'ensemble des accidents aériens survenus sur le territoire national. Leur travail est technique, méthodique, lent. Il consiste à examiner l'appareil, à reconstituer la trajectoire, à recueillir les témoignages, à écarter les hypothèses une à une.
Il ne produit pas de titres en une heure. Il produit des conclusions.
En attendant, la seule attitude tenable est celle du silence sur les causes et du respect pour les familles.
Deux personnes sont mortes dans le Var. Un général qui avait consacré sa vie au ciel français et une soignante qui montait à bord pour un vol de remerciement.
La République leur doit au moins la sobriété.
(Crédit photo : ARCHIVES OUEST-FRANCE)



