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Camp-Est : 3 agressions en un mois !

20 octobre 2026 à 10:54
4 min de lecture
Camp-Est : 3 agressions en un mois !

Résumé IA

Au Centre pénitentiaire de Nouméa, l’UFAP UNSa Justice dénonce trois agressions de surveillants en un mois et exige des transferts urgents des détenus agresseurs, des récompenses pour les victimes et des décisions fermes de la DSPOM. Le syndicat, signé par Mikaele Kafikaila, menace de prendre ses responsabilités.

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Trois agressions en un mois. Au Centre pénitentiaire de Nouméa, les surveillants ne veulent plus « encaisser ».

Quand la violence devient une routine

Le constat tient en une phrase. Trois agressions en un mois contre des personnels du Centre pénitentiaire de Nouméa. Dans un tract daté du 19 octobre 2026, la section locale de l’UFAP UNSa Justice pose une question que beaucoup d’agents se posent tout bas depuis longtemps : jusqu’à quand ?

Le ton est rare. Il est surtout révélateur.

Pour le syndicat, le problème n’est plus seulement la violence elle-même. C’est l’habitude qui s’installe autour d’elle. Au CP de Nouméa, écrit l’UFAP, la violence gagne du terrain, et ce sont les personnels qui en paient le prix.

Le mot est fort. Il est assumé.

Le syndicat refuse que les agressions deviennent une banalité du métier. Il refuse que des agents prennent leur service avec la peur au ventre. Et il refuse, plus encore, que l’institution finisse par s’accommoder de l’inacceptable.

Derrière cette formule, il y a une réalité que tout le monde connaît dans les établissements pénitentiaires : à force de répéter qu’un incident est « isolé », on finit par ne plus compter. Trois en un mois, c’est précisément le moment où l’on ne peut plus parler d’exception.

Le syndicat parle d’alertes répétées. De faits établis. Et d’une réponse qui, selon lui, n’est toujours pas à la hauteur.

Transférer les agresseurs : la première exigence

La revendication centrale est claire. L’UFAP UNSa Justice CP Nouméa réclame des transferts en urgence.

Concrètement, les demandes de transfert visant les détenus ayant agressé des personnels doivent, selon le syndicat, être engagées sans délai. Et surtout aboutir à des décisions réelles, pas à des dossiers qui dorment.

Le syndicat va plus loin. Il demande que le transfert des auteurs d’agressions devienne la règle, dans le respect des procédures applicables, tant qu’aucune structure adaptée n’est disponible sur place.

La logique est simple, et elle relève du bon sens. Un détenu qui frappe un surveillant ne peut pas continuer à évoluer dans le même environnement, face aux mêmes agents, comme si rien ne s’était passé. Laisser l’agresseur en place, c’est envoyer un message à toute la détention : frapper un agent n’a pas de prix.

L’UFAP le résume sans détour. Une agression ne peut pas rester sans conséquence. Le statu quo, lui, n’est plus acceptable.

C’est une ligne que l’on aimerait entendre plus souvent. Pas seulement dans les tracts syndicaux, mais aussi dans la bouche des responsables. L’autorité de l’État se joue aussi derrière les murs d’une prison, et elle commence par la protection de ceux qui la représentent au quotidien.

La DSPOM sommée d’agir, les agents victimes réclament la reconnaissance

Le syndicat s’adresse directement à la Direction des services pénitentiaires de l’outre-mer, la DSPOM. Le message est sans ambiguïté : les alertes ont été lancées, les faits sont là, il est temps d’assumer et de prendre des mesures fortes.

Pas de nouvelles promesses. Des actes.

Troisième exigence, et non la moindre : la reconnaissance des agents agressés. L’UFAP demande des récompenses pour les personnels victimes, une reconnaissance officielle à la hauteur des faits et de leur engagement.

L’argument mérite qu’on s’y arrête. Quand un agent paie de son intégrité physique pour remplir sa mission, la gratitude de l’institution ne peut pas se limiter à un discours de circonstance. Les surveillants pénitentiaires restent les grands oubliés de la chaîne pénale. On parle volontiers des droits des détenus, beaucoup moins de ceux qui tiennent les coursives, jour et nuit, pour que la sanction prononcée par la justice soit effectivement exécutée.

Le syndicat le dit à sa façon : il refuse de laisser les personnels seuls face à la violence, et ne se résignera jamais à voir les agressions devenir un risque accepté du métier.

La conclusion du tract sonne comme un avertissement. Si l’administration persiste, l’UFAP UNSa Justice CP Nouméa « saura prendre ses responsabilités ». Le document est signé par Mikaele Kafikaila, secrétaire local du syndicat.

Trois mots résument la plateforme : transferts, récompenses, décisions immédiates.

Reste à savoir si la DSPOM entendra l’appel. Pour les surveillants de Nouméa, une chose est déjà acquise : la prochaine agression ne doit pas être celle de trop.

(Crédit photo : Sébastien Bozon / AFP)