Le 7 janvier 2015, la France est sidérée. En plein cœur de Paris, dans le 11e arrondissement, la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo est attaquée par deux terroristes se réclamant de l’islamisme radical. Douze personnes sont assassinées, parmi lesquelles des dessinateurs et journalistes emblématiques du paysage médiatique français. Quatre autres sont grièvement blessées.
L’attaque, d’une violence inouïe, vise explicitement la liberté de la presse, le droit au blasphème et, plus largement, l’esprit irrévérencieux français.
Le lendemain, le pays bascule un peu plus dans l’horreur. À Montrouge, une policière municipale est abattue de sang-froid. Le 9 janvier, un terroriste prend en otage les clients du supermarché Hyper Cacher, porte de Vincennes. Quatre Français juifs sont assassinés, ciblés pour ce qu’ils sont. Les forces de l’ordre interviennent, mettant fin à la cavale des terroristes à Dammartin-en-Goële et à Vincennes.
Le bilan est lourd : dix-sept morts en trois jours. Une plaie encore ouverte dans la conscience nationale.
Une attaque frontale contre la liberté d’expression
Ce qui s’est joué en janvier 2015 dépasse largement le cadre du fait divers. En s’attaquant à Charlie Hebdo, les terroristes ont visé un principe fondateur de la République : la liberté d’expression, y compris quand elle dérange, choque ou blasphème.
La France, pays des Lumières, ne reconnaît aucun délit d’opinion. Le dessin de presse, la satire et la critique des religions font partie de son héritage intellectuel et politique.
Par une coïncidence troublante, l’écrivain Michel Houellebecq présentait ce jour-là son roman Soumission, une fiction politique imaginant une France islamisée. Ce rapprochement, largement commenté à l’époque, illustre le climat de tensions idéologiques et identitaires qui traversait déjà la société française.
Sans céder à l’amalgame, les faits sont là : les auteurs des attentats revendiquaient une idéologie islamiste radicale, en rupture totale avec les lois de la République.
Le 11 janvier, une nation debout
Quatre jours après l’attaque, la réponse populaire est massive. Près de quatre millions de Français descendent dans la rue le 11 janvier 2015. Jamais, depuis la Libération, une mobilisation d’une telle ampleur n’avait été observée.
Dans un même élan, des citoyens de toutes origines, croyants ou non, affirment leur attachement à la République, à la liberté et à l’État de droit.
Cette journée historique rappelle d’autres moments fondateurs, comme la Fête de la Fédération de 1790. Elle symbolise une France qui refuse de plier face à la terreur.
Mais elle révèle aussi des fractures. Le slogan « Je suis Charlie », largement repris, ne fait pas l’unanimité. Certains y voient la défense d’un principe, d’autres la promotion d’un journal volontairement provocateur. Le débat est légitime, tant qu’il reste dans le cadre républicain.
Onze ans après, un devoir de lucidité
Les attentats de janvier 2015 s’inscrivent dans un contexte géopolitique marqué par l’instabilité du Sahel au Proche-Orient. Les conflits armés, l’effondrement de certains États et la montée de l’islamisme radical ont eu des répercussions directes sur le sol européen.
La France, comme d’autres pays, a été confrontée à une menace terroriste durable, portée parfois par des individus nés ou élevés sur son territoire.
Onze ans après, l’émotion demeure, mais le temps du recueillement doit aussi être celui de la lucidité. La lutte contre l’islamisme radical, la défense ferme de la laïcité et l’exigence d’assimilation républicaine restent des enjeux centraux.
Il ne s’agit ni de stigmatiser ni de renoncer, mais de rappeler que la République ne transige pas avec ses valeurs.
La France rend hommage aux victimes des attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015. Elle honore leur mémoire en restant fidèle à ce qu’elle est : une nation libre, laïque et souveraine, qui refuse la peur et le silence imposés par la violence.


















