Ingérences azerbaïdjanaises : Bruno Retailleau dénonce « une très grave ingérence dans les affaires intérieures françaises »

La riposte politique aux propos d'Ilham Aliyev s'élargit. Dans un communiqué publié ce mardi 22 juillet, Bruno Retailleau, président des Républicains, condamne à son tour les déclarations du président azerbaïdjanais sur la Nouvelle-Calédonie, qu'il qualifie de « très grave ingérence dans les affaires intérieures françaises ».
Le 13 juillet, lors du Forum mondial des médias organisé à Choucha, au Haut-Karabagh, le chef de l'État azerbaïdjanais avait appelé à la « liberté » de plusieurs territoires ultramarins français, dont la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie, les qualifiant de « colonies » qu'il ne serait « pas possible de maintenir » au XXIe siècle.
« La Nouvelle-Calédonie est française »
Face à cette sortie, le patron de la droite républicaine oppose une réponse sans ambiguïté : « La Nouvelle-Calédonie est française. C'est ce qu'ont décidé les Néo-Calédoniens eux-mêmes, à trois reprises, par référendum », écrit-il, en référence aux trois consultations d'autodétermination organisées entre 2018 et 2021 dans le cadre de l'accord de Nouméa.
Pour Bruno Retailleau, l'avenir institutionnel du territoire ne regarde que les Calédoniens : ils « savent bien que l'avenir de la Nouvelle-Calédonie ne peut reposer que sur l'entente entre eux et qu'il leur appartient de décider de leur avenir », poursuit le communiqué.
Le président des Républicains conclut par une attaque frontale contre le dirigeant de Bakou : « La France n'a aucune leçon à recevoir de M. Aliyev, qui foule quotidiennement aux pieds les droits de l'Homme dans son propre pays. »
Un front politique qui s'élargit
Cette prise de position intervient deux jours après le courrier adressé au ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, par le député de la Nouvelle-Calédonie Nicolas Metzdorf et ses collègues polynésiens Moerani Frebault et Nicole Sanquer. Les trois parlementaires y dénonçaient « une énième ingérence flagrante » et appelaient l'État à « mettre en œuvre une réponse ferme », estimant que les déstabilisations azerbaïdjanaises « ne peuvent plus demeurer impunies et être limitées à de simples condamnations ».
Depuis plus de trois ans, Paris accuse Bakou d'orchestrer une opération d'influence contre la souveraineté française en outre-mer, notamment via le Groupe d'initiative de Bakou, structure qui appuie les mouvements indépendantistes ultramarins sur fond de contentieux lié au soutien français à l'Arménie. Avec la déclaration de Bruno Retailleau, la condamnation des propos d'Aliyev dépasse désormais le cercle des élus ultramarins pour gagner les états-majors nationaux. Reste la question posée par les députés du Pacifique : celle de la traduction concrète que le gouvernement donnera à ces indignations.
