Incendie du lycée Jean XXIII : la piste criminelle se précise, le maire de Païta monte en première ligne

Deux jours après l'incendie qui a ravagé le restaurant d'application « La Case » du lycée professionnel et hôtelier Saint-Jean XXIII, l'enquête avance. Et les premiers éléments confirment le pire : l'acte est bien criminel, et il ne serait pas isolé.
Interrogé par La Dépêche, le maire de Païta, Antoine Romain, livre de nouvelles informations. Elles dessinent un scénario inquiétant. Et elles révèlent une commune déjà passée à l'action.
Plusieurs personnes impliquées, un lien avec des larcins dans le quartier
Selon les éléments recueillis, plusieurs personnes seraient impliquées dans l'incendie qui a détruit le restaurant d'application, ainsi qu'une salle de classe et une cuisine attenantes.
Plus troublant encore : les soupçons se portent sur des individus qui sévissaient déjà dans le secteur. Une forte suspicion pèse sur leur implication dans une série de larcins commis dans le même quartier, ainsi que dans des tentatives de cambriolage.
L'incendie du lycée ne serait donc pas un geste isolé. Mais l'aboutissement d'une dérive délinquante qui rôdait autour de l'établissement depuis un certain temps.
Il y a une forte suspicion que les personnes impliquées le soient aussi dans des larcins commis dans le même quartier, et dans une tentative de cambriolage.
La mairie intervenue en urgence pour sécuriser les lieux
Dès les heures qui ont suivi le sinistre, la mairie de Païta est intervenue sur place pour sécuriser le site. Une réactivité que le maire assume pleinement, tout en reconnaissant les limites de l'exercice.
Nous sommes intervenus immédiatement pour sécuriser les lieux. Mais il faut être honnête : ce site, de par sa configuration, est difficilement sécurisable,
explique Antoine Romain.
Le constat est sans appel. L'établissement, vaste et ouvert, reste vulnérable. Et la commune ne peut pas agir seule.
C'est pourquoi le maire annonce un travail en commun avec la DDEC, la Direction diocésaine de l'enseignement catholique, dont dépend le lycée, et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Je vais travailler avec la DDEC et le gouvernement pour sécuriser durablement le site. C'est une responsabilité collective,
poursuit l'édile, qui s'est également exprimé sur sa page Facebook.
L'éclairage détruit sera remis en état par la commune
Un détail, révélé par le maire, en dit long sur la préméditation possible des faits : l'éclairage du site avait été détruit avant l'incendie.
Un établissement plongé dans le noir, c'est un établissement offert aux intrusions. La commune a donc décidé d'agir sans attendre.
L'éclairage avait été détruit. Nous allons le remettre en état, pour contribuer à la sécurisation du site,
s'engage Antoine Romain.
Une mesure concrète, immédiate, qui vient s'ajouter au travail de fond engagé avec la DDEC et le gouvernement.
Un établissement toujours fermé, 450 élèves dans l'attente
Pendant que l'enquête se poursuit, le lycée reste fermé aux élèves pour une semaine, à l'exception des étudiants du pôle BTS, dont les cours sont maintenus.
Pour les 450 élèves concernés, dont certains en situation de handicap, l'incertitude demeure. Les modalités de reprise feront l'objet d'une nouvelle communication de la direction.
Reste désormais une double exigence. Que les auteurs de cet acte soient identifiés et répondent de leurs actes. Et que le site soit enfin protégé, durablement, pour que l'école redevienne ce qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être : un sanctuaire.

