Lycée brûlé, élèves debout

Ils ont voulu détruire. Ils n’ont fait que révéler une détermination plus forte encore.
À Païta, au cœur du Mont-Mou, l’émotion laisse place à une réponse claire : tenir, reconstruire, avancer.
Une attaque ciblée contre l’avenir des jeunes Calédoniens
Le samedi 25 juillet, un incendie criminel a frappé le lycée professionnel catholique Saint-Jean XXIII, situé dans le quartier du Mont-Mou, à Païta. Plusieurs installations ont été détruites, plongeant l’établissement dans une situation critique. Mais, au-delà des dégâts matériels, c’est bien plus qu’un bâtiment qui a été visé. C’est une jeunesse tournée vers l’apprentissage, vers le travail et vers l’avenir qui a été attaquée. Dans un territoire déjà fragilisé par les crises successives, cet acte résonne comme une provocation supplémentaire.
Face à cela, les autorités locales n’ont pas tardé à réagir. Le maire de Païta, Antoine Romain, accompagné du troisième vice-président de la province Sud, Loïc Basset-Creugnet, s’est rendu sur place pour constater les dégâts et afficher un soutien sans ambiguïté. Un message clair : la République ne recule pas face à la destruction.
Dans une déclaration publique, Loïc Basset-Creugnet a dénoncé un acte « révoltant », rappelant que l’établissement forme des jeunes aux métiers du tourisme et de l’hôtellerie, des secteurs essentiels pour l’économie calédonienne. Toucher à cette filière, c’est toucher à l’avenir économique du territoire.
La mobilisation immédiate des institutions et des équipes
Dès les premières heures, la province Sud a affirmé sa solidarité envers la communauté éducative. Aux côtés de la directrice du lycée, Stéphanie Stumph, et du maire de Païta, les représentants institutionnels ont tenu à marquer leur présence sur le terrain. Dans ces moments-là, l’absence de l’État ou des collectivités serait une faute politique majeure. Ici, le signal a été donné : soutien total, sans réserve.
Loïc Basset-Creugnet a salué le courage des équipes pédagogiques, soulignant leur capacité à s’adapter malgré l’ampleur des destructions. La continuité pédagogique n’est pas un slogan, c’est une exigence. Et à Jean-XXIII, elle est déjà une réalité.
La municipalité de Païta, elle aussi, s’est engagée pleinement aux côtés de l’établissement. Dans un contexte local tendu, cette coopération entre acteurs publics apparaît comme une réponse concrète et efficace. Quand les institutions travaillent ensemble, le territoire tient.
Ce soutien institutionnel ne se limite pas à des mots. Il s’inscrit dans une volonté politique de défendre les établissements scolaires, en particulier ceux qui forment aux métiers concrets. Former, transmettre, préparer à l’emploi : voilà ce qui est attaqué, voilà ce qui doit être protégé.
Résilience exemplaire : élèves et enseignants à la reconquête
Mais la réponse la plus forte vient sans doute du terrain. Malgré le choc, les élèves et les enseignants n’ont pas baissé les bras. Bien au contraire, ils ont choisi d’agir immédiatement, sans attendre.
Dans les ateliers de boulangerie et de pâtisserie, la vie a repris. Les espaces ont été nettoyés, remis en état, parfois dans l’urgence, toujours avec détermination. Plus de suie, plus de traces visibles : la reconstruction est déjà en marche.
Cet élan repose sur une solidarité remarquable. Les enseignants, mais aussi l’ensemble du personnel, se sont mobilisés. Gants aux mains, ils ont participé au nettoyage, redonnant vie aux lieux détruits. Un engagement concret, loin des discours, qui incarne l’esprit même de l’école.
Les élèves, eux, continuent de se former, de travailler, de servir. Le restaurant d’application reste ouvert, preuve que l’établissement refuse de céder. Continuer, produire, apprendre : c’est la meilleure réponse à la violence.
Dans un contexte où certains voudraient installer le doute et la peur, Jean-XXIII démontre que la résilience n’est pas un mot creux. C’est une réalité quotidienne, construite par ceux qui refusent de renoncer.
Ce drame rappelle une vérité simple mais essentielle : aucun acte de destruction ne peut briser la volonté d’apprendre. À Païta, au Mont-Mou, cette volonté est intacte. Elle est même renforcée. Et c’est sans doute la plus grande défaite de ceux qui ont voulu détruire.
(Crédit photo : page Facebook "Loïc Basset-Creugnet")

